Ingmar Bergman

 

Citation :

"Pour moi le cinéma c'est avant tout du théâtre."
Ingmar Bergman
 
 
L'essentiel Biographie Filmographie

Né le 14 juillet 1918 à Uppsala en Suède, Ernst Ingmar Bergman est un scénariste et réalisateur suédois s'imposant comme l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma en proposant une œuvre s'attachant à des thèmes métaphysiques, à l'introspection psychologique ou familiale et à l'analyse des comportements du couple. Ingmar Bergman est le fils d'un pasteur luthérien, il reçut une éducation sévère, rigoureuse, fondée sur les notions de péché et de culpabilité. Jeune, il était déjà fasciné parle théâtre et plus tard par les grands classiques du cinéma suédois dont les films de Sjöström, mais aussi les longs-métrages de Julien Duvivier et Marcel Carné. Il étudie l'histoire et la littérature à l'université mais se consacre dès 1938 au théâtre. Il rejoint en 1942 l'équipe scénaristique de la Svensk et voit son prener script porté à l'écran en 1944 par Alf Sjoberg avant de passer à la réalisation l'année suivante avec Crise. Bergman est obsédé par la mort, Dieux existe-t-il ? Cette interrogation domine l'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma, Le septième sceau, s'ouvrant sur une partie d'échecs entre un chevalier et la Mort. Cette interrogation sur l'existence de Dieu se retrouve dans Les fraises sauvages. Dans l'œuf du serpent, le prêtre ne peut apporter aucune certitude, seulement ses prières et son pardon. Fanny et Alexandre contient le portrait d'un pasteur d'une singulière noirceur. Un autre obsession est présente chez Bergman, l'érotisme, héritée sans doute de son éducation puritaine. C'est lui qui a fait avec Monika, la réputation initiale de Bergman, au temps où le cinéma suédois semblait plus libre, sur ce plan, que les autres. Viol dans La Source, inceste dans Comme dans un miroir, masturbation féminine dans Le silence etc. Le style de Bergman a suivi l'évolution d'une pensée de plus en plus détachée et désabusée. C'est le baroque qui l'emporte dans le film qui le fit connaître, ce superbe vaudeville qu'est Sourires d'une nuit d'été. On trouve de fascinants jeux de miroirs dans La nuit des forains. Le visage flirte avec l'expressionnisme. Mais Bergman se sent de plus en plus porté vers le dépouillement. Celui-ci culmine dans Sonate d'automne. Comme pour rendre hommage à son mentor, il fit jouer Sjöström dans Les fraises sauvages. Dans Ville portuaire, il se montre sensible à la grisaille néoréaliste de Rossellini, mais il avouera une dette de reconnaissance envers Mizogushi et surtout Kurosawa, dont il a la même vision du Moyen Age ( La source ). A son tour, Bergman a influencé, non pas les suédois, mais l'espagnol Saura, l'argentin Torre-Nilsson ou, de manière plus inattendue, Woody Allen, qui lui rend hommage dans Intérieurs. Persona, œuvre déroutante sur le thème du double, est l'un de ses longs-métrages les plus commentés. C'est aussi le film de la rencontre avec Liv Ullmann, un des nombreuses égéries, aux côtés de Bibi Andersson ou Ingrid Thulin, d'un cinéaste à la vie sentimentale mouvementée. Le cinéaste s'est éteind le 30 juillet 2007 à l'âge de 89 ans dans sa maison sur l'île suédoise de Farö. En 1997, le festival de Cannes lui décerne, à l'occasion des 50 ans de la manifestation, la "Palme des Palmes".

Bibliographie :

Ingmar Bergman et ses films, de J. Béranger ( 1959 )
Ingmar Bergman, de J. Siclier ( 1960 )
Ingmar Bergman, de J. Donner ( 1970 )
Ingmar Bergman, de D. Marion ( 1979 )
Ingmar Bergman, de R. Lefèvre ( 1986 )
Laterna magica, de Ingmar Bergman ( 2001 ), aux éditions Gallimard
Entretiens privés de Bergman Ingmar, de Ingmar Bergman ( 1997 ), aux éditions Gallimard