Réalisé par : Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood, Gene Hackman, Ed Harris, Laura Linney
Sur un scénario de : William Goldman avec une musique de : Lennie Niehaus
Genre : Thriller
Film Américain réalisé en 1997

 

 

Synopsis du film :
Luther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan, un des hommes les plus riches de Washington, parti en voyage d'affaires avec sa jeune épouse, Christy. Tout se passe pour le mieux. Il s'apprête à repartir lorsqu'il découvre que la cloison de la chambre forte est un miroir sans tain qui donne sur la chambre à coucher. De l'autre côté de ce miroir, Luther assiste à un meurtre impliquant Christy et Richmond, le Président des Etats-Unis.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Un petit côté western

Ce n'est qu'un avis personnel mais le film de Clint Eastwood semble s'imprégner de certaines techniques utilisées dans les westerns, domaine que le réalisateur connait bien notamment en tant qu'acteur. L'on remarque ainsi que les preuves dont dispose Luther ne servent pas seulement à corrompre les meurtriers. En effet, le collier porté par Christy le soir de sa mort apparaît à deux reprises : une fois sur Christy, une fois dans l'écrin offert à la colistière d'Alan le Président des USA par Luther qui lui fait croire que ce cadeau vient du Président lui-même. Luther n'agit pas ainsi pour narguer les hommes du Président mais pour montrer qu'il tient le fin mot de l'histoire. Le coupe-papier qui est la preuve irréfutable que Christy s'est défendue et qu'elle a été assassinée est activement recherché durant le film. Cependant, Luther va le laisser au mari de la défunte : Monsieur Sullivan, qui quelques secondes avant a prononcé : " Je crois en la loi de l'Ancien Testament : Oeil pour Oeil, Dent pour Dent". Or, cette phrase qui aurait pu sembler bien banale va bientôt prendre tout son sens. Monsieur Sullivan va venger sa femme en tuant le Président avec le coupe-papier qui porte déjà son sang mais surtout en minimisant la position de sa victime. Le Président s'est officiellement suicidé. La colistière est amenée par la police. Ainsi, le Président assassiné ne deviendra pas un martyr et de nouvelles élections auront probablement lieu puisque la colistière a été arrrêtée.

Les Pleins Pouvoirs

Une image de l'Amérique

Dès le début du métrage, le réalisateur en jette plein la vue avec une maison superbement riche. Nous sommes dans les hautes sphères . Puis arrivent le Président des USA et l'une de ses maîtresses : ivres morts. Puis il se met à la gifler et tout s'enchaîne très vite. Malgré la richesse du décor, nous sommes retombés dans les bas-fonds du commun des mortels. D'autres personnages déboulent après le meurtre. Elles sont toutes sans scrupules. Le mensonge, la corruption et les actes peu scrupuleux des hautes sphères s'installent peu à peu pour laisser place à la méfiance.
Mais l'Amérique, c'est aussi une certaine idée de la famille. Ainsi, Luther n'a jamais cessé d'aimer sa fille et sa femme. C'est sa " profession" le vol, qui l'a empêché d'être le bon père et le bon époux qu'il aurait été. Mais pourquoi un homme qui a autant volé et tant d'argent continue-t-il à voler au point de sacrifier sa famille qu'il aime tant ? Le réalisateur ne donne pas d'explication mais laisse entrevoir une possible réponse. L'homme honnête a du mal à survivre, surtout si comme on peut le supposer, il n'a pas fait d'études.
Enfin, l'Amérique c'est aussi une certaine vision de la religion, du Christianisme et de la Bible. Le réalisateur n'hésite d'ailleurs pas à insérer cette phrase issue de l'Ancien Testament : "Oeil pour Oeil, Dent pour Dent". Si l'Amérique se laisse guider par de tels textes, alors elle accepte et cautionne la vengeance. De plus, cette phrase peut faire allusion à la Justice dont le mot d'ordre est : " In God we Trust" (c'est à dire Nous croyons en Dieu dans le sens nous y faisons confiance). Ainsi donc, la justice est dans ce film divine puisqu'elle correspond en tout point à ce qui est dit dans l'Ancien Testament. Monsieur Sullivan venge sa femme en tuant le Président; Luther venge sa fille en tuant ceux qui ont essayé de la supprimer. Mais alors, le message est bien triste : pour obtenir justice, ne faut il pas se faire justice soi-même ? L'on peut également se demander si par l'usage de mots en référence au Protestantisme, le réalisateur n'essaie pas de faire passer un message tel que : il faut réformer les hautes sphères pour que tout fonctionne mieux ? En effet, l'on constate que Clint Eastwood a choisi d'appeler son personnage Luther qui est le nom de celui qui a mené la lutte pendant la Réforme. De plus, il insère dans son film l'un des dictons de l'Ancien Testament, texte important chez les Protestants.

Les Pleins Pouvoirs

L'opposition de l'ombre et de la lumière

Le réalisateur semble jouer avec l'ombre et la lumière ; et le mensonge et la vérité.
L'on remarque que la plupart du temps, les heures de vérité  ont lieu dans l'ombre, et que les heures de mensonge à la lumière du jour. Ainsi, le vol de Luther devient honnête puisqu'il rend ce qu'il a volé. Tout son vol est filmé dans l'obscurité , tout comme le scène où il avoue avoir tout remis en place. Puis arrivent le Président et sa maîtresse, puis le meurtre et son déguisement. Tout ce tas de mensonges est filmé dans une lumière vive. Les scènes durant lesquelles Luther est honnête envers sa fille sont toujours filmées dans l'obscurité : le parcours de la maison de Luther et des photos de sa fille, sa discussion dans son appartement et etc ... Luther révèle la vérité au mari de la défunte durant la nuit. En revanche, le discours hypocrite du Président, la scène de la danse avec sa colistière, et etc ... sont toutes filmées à la lumière.  Le film comporte deux scènes qui pourraient montrer que le réalisateur a ainsi joué sur la lumière .
Le film débute sur les scènes du cambriolage et du meurtre. Le meurtre a lieu en pleine lumière et Luther qui va être honnête assiste à tout le meurtre dans l'obscurité.
A un  autre moment, Luther décide de quitter le pays . Il se rend même à l'aéroport. Luther se trouve dans l'obscurité, et voit la conférence de presse, franchement malhonnête à la télévision. L'on voit bien ici le contraste entre la lumière et l'obscurité puisque la télévision semble éclairer le bar.
Qu'est ce que cela peut signifier ? La vérité est elle trop souvent cachée au prix du mensonge que l'on éclaire trop et pour lequel l'on organise des conférences de presse ?

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Erin

 
 
 

Photos du film :