Réalisé par : Lee Daniels
Avec : Gabourey Sidibe, Mo'Nique, Paula Patton, Mariah Carey, Lenny Kravitz
Sur un scénario de : Geoffrey Fletcher avec une musique de : Mario Grigorov
Genre : Drame
Film Américain réalisé en 2009

 

 

Synopsis du film :
Claireece "Precious" Jones, une jeune fille noire, obèse et analphabète de seize ans, vit à Harlem avec sa mère, une femme sans emploi, qui la maltraite physiquement et mentalement. Elle a une petite fille trisomique de son propre père, Carl, qui abuse d'elle sexuellement. Afin de fuir une réalité trop dure pour elle, Claireece s'invente un monde où elle est la star et où tout le monde l'aime. Lorsqu'elle tombe enceinte de son deuxième enfant, elle est renvoyée de son école. Mais la directrice de l'établissement refuse de l'abandonner et lui donne les coordonnées d'une école pour adolescents en difficulté. Grâce à sa nouvelle institutrice, mademoiselle Blue Rain, Claireece va apprendre à lire et à écrire et voir le monde d'un œil nouveau.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Precious

Comment ne pas être touché par la terrible et véritable histoire de Sapphire, jeune fille afro-américaine à qui la vie n'a jamais souri ? Née dans un milieu défavorisé où la drogue est quotidienne, Precious doit supporter son obésité et son histoire personnelle. Violée par son propre père qui en plus de l'avoir détruite lui a fait deux enfants et transmis le SIDA, Precious est illettrée.
Bien que l'histoire de Precious soit tirée d'une histoire vraie, le film renforce l'effet d'accumulation des horreurs qu'a subi la jeune fille jusqu'à la limite du supportable. Il y a malheureusement des cas de personnes qui ont vécu des choses vraiment terribles et sans vouloir fermer les yeux sur ces horreurs, il est difficile de regarder ce film sans penser que "trop de trop tue le trop". Le véritable problème du film réside dans la réalisation peu subtile de Lee Daniels.

Porter l'histoire de Sapphire à l'écran était pourtant un choix courageux. Il n'est pas évident d'aborder des sujets aussi difficiles que l'inceste, la violence domestique, la maladie (SIDA), la misère sociale et etc ...

L'idée de jouer sur le contraste du nom de Precious et de sa réalité était intéressante mais le réalisateur ne va pas au bout de son idée. Le terme "Precious " fait penser à quelque chose de brillant, de beau, de précieux et renvoie aux rêves de star de la jeune fille. Rêver d'une vie de star pour échapper à son terrible quotidien est tout à fait normal. Et pourtant, le quotidien reprend sans cesse le dessus. Les rêves sont bientôt oubliés, le combat de Precious pour retrouver une vie un tantinet normale n'est que de courte durée.

Precious

Le thème de la jalousie est aussi abordé. L'on comprend rapidement que la mère de Precious déteste sa fille car elle considère qu'elle lui a volé son mari. Elle ne voit pas que les rapports sexuels que sa fille a avec son père sont forcés. Elle se contente de la voir comme une simple rivale, ce qui est assez pathétique. Cocaïnomane, elle est rarement dans un état sain. La terrible vérité ne la frappe jamais. Elle n'a à aucun moment un éclair de lucidité. Peut-être est-ce aussi plus simple pour elle de voir sa fille comme une rivale, responsable de ses grossesses. Nier la réalité est un moyen de vivre plus facilement.
Le film met le spectateur mal à l'aise. Bien qu'il soit intéressé par l'histoire terrible de cette jeune fille, il n'a pas envie d'être le témoin de l'anéantissement de Precious.
Le réalisateur a du mal à se détacher du stéréotype racial, si souvent véhiculé sur la communauté afro-américaine.
Pire ! Le spectateur est relégué au rang de voyeur obscène qui dévisage Precious, position qu'il n'a aucune envie d'occuper.
Alors que le spectateur a naturellement envie de compatir avec Precious, d'assister à sa renaissance, la caméra filme la jeune fille en train s'empiffrer de poulet frit. Pourquoi donc mettre à mal les bons sentiments des spectateurs ? Pourquoi les mettre dans le même sac que les salauds qui humilient Precious ?

Precious

La fin est ambiguë. Soit l'on peut la prendre comme une note d'espoir : Precious a enfin la garde de ses enfants, signe qu'elle va reprendre sa vie en main. Soit l'on peut penser que cette fin est un faux espoir. Comment Precious, qui est en échec scolaire, qui n'a pas de travail, va t-elle pouvoir s'en sortir dans la vie avec deux enfants en bas âge dont l'un est trisomique ?

Precious semble donc être un film profondément pessimiste, qui se contente de pointer du doigt les injustices de la vie de Precious mais qui ne croit pas à l'espoir. L'on notera tout de même un bon point : l'on voit clairement l'évolution de Precious grâce à sa manière de s'exprimer. Alors que l'on comprend difficilement la jeune fille au début du film, sa manière de parler s'améliore peu à peu.
Mariah Carey sans maquillage et Lenny Kravitz en infirmier ça c'était intéressant !

Precious

Erin

Critique :

Precious n'a franchement rien pour elle : elle est de couleur noire (en soi, à la base ce n'est pas un problème évidemment mais peut être victime de discrimination, d'ailleurs elle rêve d'être blanche), est pauvre, est obèse, est violée par son père et a eu du coup deux enfants dont un qui est trisomique, est séropositive, est battue par sa mère, ne sait pas lire, ni écrire. Je ne sais pas si le roman Push de Sapphire est inspirée de faits réels mais je trouvais que ça faisait quand même beaucoup pour une même personne. Tout ce qui arrive est franchement terrible. Je suis quelqu'un d'habitude de très sensible, mais là en fait ça ne m'a pas vraiment touché (en tout cas, je pensais être plus touchée), parce que je n'y ai pas cru, malgré qu'on soit baigné dans la réalité. Mais quelque part, c'est quand même crédible car je pense que Precious est tombée dans un cercle vicieux (si on regarde, tous les malheurs qu'elle a sont plus ou moins reliés).

Je n'ai cru non plus à certains dialogues (la mère de Precious dit tellement de gros mots dans la même phrase que ce n'est même plus crédible). Je lui reproche aussi d'être trop mélo (la Rafle à côté passerait pour un film où la finesse règne). On aurait pu aussi éviter les ralentis. Ca m'a tué. Je me rappelle de cette scène où Precious tombe des escaliers avec son bébé dans les bras. A la base, soyons clair, c'est super dramatique. La scène aurait été normale, je n'aurai rien dit. Mais à cause du ralenti, je me suis pris un de ces fous rires. Et une des scènes après, c'est encore du ralenti : on voit la mère péter un cable parce qu'il n'y a plus sa télé. Là, autre fou rire involontaire.

Precious

L'ensemble ne m'a pas touché mais il y a tout de même quelques scènes émouvantes, avouons-le, surtout une des dernières scènes. J'ai aimé aussi le mélange de la réalité et des rêves de Precious, qui donnent un autre souffle au film. Les scènes avec la prof (évidemment lesbienne, et à on a droit à des répliques du genre "j'ai rien contre les homos, ce n'est pas eux qui m'ont violée et patati, patata") et avec les autres élèves sont mélos évidemment mais donnent là aussi un peu de fraicheur. En fait, le film est tellement rempli de sale choses que les moments où Precious peut se relever font du bien.

Precious

C'est dommage car le film m'a laissé sceptique mais je ne le déteste pas, loin de là. Il y a franchement des efforts au niveau de la réalisation, des moments originaux même (même si c'est bizarre parfois de voir quelques gros zooms dignes d'un petit film made in Dailymotion alors que le reste est super bien filmé dans l'ensemble). Ce Precious est intéressant, trop mélo mais réalisé sincèrement, en tout cas, pas tout est à balancer. Malgré quelques longueurs, ce film se laisse regarder.

Precious

Les acteurs jouent bien (même si je ne trouve pas que Mo'Nique méritait son Oscar, et je n'aurai pas donné l'Oscar du meilleur scénario...), même Mariah Carey et Lenny Kravitz s'en sortent bien.  On sent qu'ils sont tous investis dans leurs rôles et c'est peut-être ce casting qui relève le niveau du film. Il y a aussi la fin qui sauve vraiment le film.

Tinalakiller

 
 
 

Photos du film :