Réalisé par : Johannes Roberts
Avec : Sarah Wayne Callies, Jeremy Sisto, Sofia Rosinsky, Logan Creran, Suchitra Pillai, Javier Botet
Sur un scénario de : Johannes Roberts et Ernest Riera avec une musique de : Joseph Bishara
Genre : Horreur
Film Indo-Britannique réalisé en 2016

 

 

Synopsis du film :
Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu’à ce qu’un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu’un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu’à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l’avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l’équilibre entre les deux mondes.

 
 

Analyse de film :

Critique :

Disons-le d’emblée : The Door ne marquera pas le cinéma d’horreur. The door raconte l’histoire de Maria, une mère de famille américaine qui a décidé de faire sa vie en Inde. Un jour, elle est victime d’un tragique accident de la route. Pour éviter un véhicule, Maria donne un coup de volant et bascule dans l’eau. Alors que le véhicule s’enfonce dans les abysses, Maria parvient à détacher sa fille Lucy alors inconsciente. En revanche, elle ne parvient pas à détacher Oliver son fils qui la supplie de l’aider. Maria fait le choix de remonter à la surface avec Lucy qui n’avait aucune chance de s’en sortir sans son aide. Oliver mourra noyé quelques minutes plus tard. Il est bien difficile d’imaginer le dilemme de Maria. Comment choisir entre ses deux enfants ? Maria ne se remettra pas de la mort d’Oliver et son sentiment de culpabilité la poussera même à faire une tentative de suicide. Cette scène véritablement tragique ne peut pas laisser indifférent, surtout lorsqu’elle rappelle tristement la réalité. En effet, l’Inde fait figure de mauvaise élève en ce qui concerne l’assistance en personne en danger. Ainsi, on déplore une absence d’assistance aux personnes blessées. Cette indifférence s’explique par le fait que les potentiels bons samaritains n’apprécient pas vraiment de comparaître devant la justice.

The Door

A son réveil, Piki qui travaille pour Maria et sa famille, et qui a elle-même perdu une fille, apprend à Maria qu’il est possible de parler une dernière fois à Oliver. Pour cela, il faut se rendre dans un temple abandonné dans la forêt. Maria se rend donc dans ce temple, répand les cendres de son fils sur les marches et s’enferme dans le temple pour attendre Oliver. Oliver finit par se présenter aux portes du temple et supplie sa mère d’ouvrir la porte. Or, c’est précisément ce que Piki lui a interdit de faire. Ouvrir la porte romprait l’équilibre entre le monde des vivants et le monde des morts. Mais la tentation est trop forte pour Maria qui décide finalement d’ouvrir la porte. Elle ne réalise pas tout de suite ce qu’elle vient de faire même si des Sâdhus sont présents pour lui rappeler la présence de la mort.

The Door

The Door a le mérite de confronter les croyances occidentales et indiennes sur la mort. Alors que la mort est omniprésente en Inde, les Occidentaux y sont bien mal préparés et l’acceptent beaucoup plus difficilement. C’est ce que montre la scène où Maria décide de finalement faire incinérer son fils afin de pouvoir répandre ses cendres sur les marches du Temple. Des Sâdhus font alors leur apparition. Les Sâdhus sont des hommes saints qui ont renoncé à la société pour entièrement se consacrer à la libération de l’âme. On les reconnaît facilement grâce à leur pagne, leur corps couvert de cendres et leurs cheveux qu’ils ne peuvent ni couper ni laver. En dépit de ces détails intéressants, le film se révèle finalement assez superficiel sur le sujet de l’Inde plutôt utilisée ici comme un fond exotique.  Ainsi, la déesse Myrtu qui cherche à ramener les morts dans son monde n’appartient même pas au folklore indien. Elle a été créée de toutes pièces pour les besoins du film. Librement inspirée des déesses indiennes aux multiples bras comme Kali et des fantômes japonais (Sadako et Kayako), Myrtu est interprété par Javier Botet qui nous avait déjà terrifié dans Rec et dans lequel il jouait la fille Medeiros. C’est toujours un plaisir de le voir nous terrifier !

The Door

En ce qui concerne le film, The door est un film d’horreur assez banal et peu inspiré. Il manque également cruellement d’énergie. Les actions se font attendre et les traditionnels jump scares sont aussi attendus que peu effrayants. Pourtant, le film propose quelques scènes très réussies notamment lorsque Myrtu apparaît. Le fantôme d’Oliver est étonnamment peu présent. Il est trop souvent représenté comme une présence faisant tomber des livres, faisant claquer des portes ou jouant du piano. Le réalisateur utilise ces mêmes éléments pour effrayer alors qu’il aurait été bien plus judicieux comme des vecteurs d’émotion permettant de convoquer le souvenir et le deuil impossible. Et finalement, c’est davantage l’émotion que l’on retiendra du film que l’horreur, ce qui montre bien un vrai problème au niveau de l’orientation donnée au film. Le principal défaut de The Door est son déséquilibre évident. Le film ne parvient jamais à trouver le juste équilibre entre le drame familial et le film d’horreur. Le mélange des deux s’avère au final assez maladroit.

The Door

Concernant le casting, j’ai été agréablement surprise par la performance de Sarah Wayne Callies, vue dans The Walking Dead et ici parfaite en mère rongée par les remords et la culpabilité. Néanmoins, la meilleure performance revient à la jeune mais remarquable Sofia Rosinsky qui interprète Lucy.

Enfin, la fin du film est assez bien pensée mais se révèle finalement être assez décevante. En effet, le but de cette dernière scène est sans aucun doute de montrer le monde des morts du point de vue du défunt. Ainsi, il aurait été bien plus judicieux de montrer ce genre de scène au début du film pour deux raisons. Tout d’abord, cela nous aurait permis d’avoir un autre regard sur Oliver, sans aucun doute beaucoup moins négatif. Deuxièmement, cela aurait évité un effet de répétition.

Erin

 
 
 

Photos du film :