Réalisé par : Christopher Nolan
Avec : Al Pacino, Robin Williams, Hilary Swank
Sur un scénario de : Hilary Seitz avec une musique de : David Julyan
Genre : Thriller
Film Américain réalisé en 2002

 

 

Synopsis du film :
Will Dormer, un policier expérimenté et désabusé, est envoyé en Alaska pour enquêter sur le meurtre sordide d’une adolescente. Lui et ses hommes montent une embuscade et repèrent le tueur, mais celui-ci parvient à s’enfuir. Will le prend en chasse mais le perd de vue dans l’opaque brouillard. Il voit une ombre qui pointe une arme à feu et tire. Lorsqu’il s’approche du corps, il découvre qu’il vient de tuer Hap, son partenaire. Instinctivement, il prend le pistolet qu’a auparavant laissé tomber le tueur dans sa fuite et le place près de Hap pour dissimuler sa culpabilité. Walter Finch, le meurtrier, a vu faire Will. Il le menace de le dénoncer s’il ne ferme pas rapidement le dossier en accusant l’ancien petit ami de la victime d’être responsable des deux meurtres. Will ne peut laisser Walter s’en tirer aussi facilement. Cependant, l’absence de sommeil l’empêche d’avoir les idées claires.

 
 

Analyse de film :

Critique :

Réalisé en 2002 par le désormais acclamé Christopher Nolan, Insomnia est le remake du film norvégien Insomnia d’Erik Skjoldbjærg (1998). Le film raconte l’histoire de Will Dormer, un policier aguerri, venu enquêter en Alaska sur le meurtre d’une jeune fille. A cause du phénomène du soleil de minuit (le soleil ne se couche pas pendant un certain temps pendant le solstice d’été), Will Dormer commence à souffrir d’insomnie et ne pas avoir les idées claires. Un jour, alors qu’il poursuit le tueur dans le brouillard, il tire sur son co-équipier Hap qui décède de ses blessures. A la suite de cet évènement tragique, Walter Finch qui a tout vu, appelle Will Dormer pour le faire chanter. Will Dormer est très perturbé par cet évènement car il est déjà hanté par son passé et porte la mort d’un innocent sur sa conscience. De plus, ses rapports avec Hap étaient plutôt tendus si bien qu’il ne parvient plus à distinguer l’accident du meurtre. Ses insomnies vont aggraver son état mental et il va bientôt être difficile de démêler le vrai du faux.

Insomnia

Tout suspense est ruiné à partir du moment où le spectateur découvre le visage et le nom du tueur Walter Finch parce que celui-ci se montre un peu trop gourmand et appelle Will Dormer. On peut dire que l’enquête ne commence véritablement que lorsque le meurtrier accepte de se dévoiler. Certes, l’assurance de Finch est telle que l’on peut comprendre la démarche mais de là à ce que ce soit lui qui fasse avancer l’enquête alors au point mort, il y a une limite. Donc, pour ce qui est du thriller, on repassera.

Insomnia

A mon sens, le film souffre d’un réel déséquilibre entre la part accordée à l’enquête, qui n’apparait alors que comme un prétexte, et le duel psychologique entre Will Dormer et Walter Finch. D’un côté, il y a donc Will Dormer, le soi-disant flic intègre qui souffre pour sauver sa peau. De l’autre, il y a Walter Finch, personnage banal qui aime tout pouvoir contrôler. En dépit du meurtre qu’il a commis, on est loin du meurtrier pervers et machiavélique présenté dès les premières minutes du film.

Insomnia

Les personnages s’interrogent également longuement sur l’intégrité. Doit-on être honnête en toute circonstance ou est-il préférable de sauver sa peau ? Après avoir tout fait pour dissimuler les éléments pouvant rendre Dormer responsable de la mort de Hap, Dormer a un éclair de lucidité au moment même où la mort vient à lui. Il donne alors la preuve de sa culpabilité à Ellie qui s’en débarrasse préférant ainsi garder intacte l’image du flic intègre. C’est d’une hypocrisie sans nom, qui à mon sens, montre bien qu’à force de vouloir brouiller les pistes, de proposer une intrigue basée sur la psychologie sans s’y connaître, on s’y perd. Le résultat est donc extrêmement décevant voire incohérent dans une certaine mesure.

Insomnia

Insomnia représente tout ce que je n’aime pas dans le cinéma : le délaissement de l’histoire au profit des acteurs. En effet, Nolan est si obsédé par la confrontation Al Pacino-Robin Williams qu’il en oublie tout le reste. De plus, même si ces deux monstres sacrés du cinéma livrent une performance convenable, on n’est pas non plus ébahi par leur jeu sans relief.

Insomnia

Rassurez-vous, Insomnia ne provoque aucune insomnie. Bien au contraire, c’est plutôt l’ennui qui domine. Trop focalisé sur les acteurs et la soi-disant dimension psychologique de son histoire, Nolan délaisse l’enquête et enterre toute tentative de suspense. Pire, il tente de faire vivre aux spectateurs l’expérience d’insomnie de Will Dormer mais échoue simplement parce qu’il ne parvient pas à rendre ce personnage sympathique ni à donner du sens à l’histoire. Dommage !

Erin

 
 
 

Photos du film :