Réalisé par : Jonathan Glazer
Avec : Scarlett Johansson
Sur un scénario de : Walter Campbell et Jonathan Glazer avec une musique de : Mica Levi
Genre : Science Fiction
Film Britannique réalisé en 2014

 

 

Synopsis du film :
Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.

 
 

Analyse de film :

Critique :

Adapté du roman Sous la peau de Michel Faber, Under the skin est une interminable errance qui marquera l’année 2014 par sa médiocrité. Dès la scène d’ouverture du film, on sait malheureusement à quoi s’attendre. Filmant un halo lumineux et intense pendant de longues secondes, le film dévoile déjà toute sa prétention. En voilà encore un qui se prend pour Kubrick en prétendant signer un film cosmique.

Under the skin

En ce qui concerne le contenu, on frôle le néant. Le film raconte, si l’on peut en dire autant, l’histoire d’une extraterrestre venue sur Terre pour séduire des hommes. C’est ainsi que pendant près d’une heure et demie nous allons suivre la jeune femme à bord d’une camionnette. Puis, nous la verrons séduire des hommes seuls et s’en débarrasser dans un liquide noir brillant. Nous n’en saurons pas davantage sur ses motivations. Tue-t-elle pour se nourrir ou pour son bon plaisir ? On peut supposer que la créature est en mission puisqu’elle semble être suivie de près par un motard. Une fois de plus, ce personnage omniprésent dans le film ne sera absolument pas exploité.

Under the skin

Le « mode opératoire » de l’extraterrestre laisse perplexe. Elle envoûte ses victimes, les laisse s’approcher d’elle en leur faisant espérer un rapport charnel avant qu’elles disparaissent dans un liquide noir. En utilisant la séduction comme arme, le film aurait pu proposer une réflexion sur le pouvoir de la séduction mais il n’en est rien. La séduction est ici utilisée comme un banal revolver. Au final, on peut même se demander s’il est réellement question de séduction puisque la jeune femme n’aborde que des hommes seuls et disponibles, c’est à dire potentiellement disposés à être séduit.

Under the skin

En ce qui concerne l’évolution du personnage principal, nous pouvons noter qu’elle ne se fait pas naturellement. En effet, le film prend le temps de montrer qu’elle est complètement insensible aux sentiments humains comme en témoigne cette scène tragique sur la plage. Sans raison, elle décide de s’ouvrir aux sentiments. Quel élément déclenche ce changement ? On peut penser qu’il s’agit de la rencontre avec un handicapé de 26 ans mais rien n’est moins sûr.

Under the skin

D’un point de vue technique, Jonathan Glazer s’en sort mieux. La musique, le son et les effets visuels sont parfaitement maîtrisés même s’ils ne sont pas mis à profit dans le film. Néanmoins, et ce malgré des paysages écossais magnifiques, le film ressemble à une longue publicité, au mieux à un clip vidéo. Pire, le réalisateur tente des expériences visuelles, comme filmer des passants à leur insu, sans but réel.

Under the skin

Le concept du film est douteux. En effet, la « réussite » du film semble résider dans le fait que le spectateur n’apprenne qu’à la toute fin du film (s’il est parvenu à tenir jusque là) que la jeune femme est une extraterrestre. Or, il est ridicule de croire qu’en 2014, le spectateur ne soit pas à minima renseigné sur le film avant de se rendre en salle.

Under the skin

La fin du film est tout simplement pathétique. Alors que l’on s’ennuyait déjà bien comme il faut, le réalisateur décide de faire évoluer son personnage de séductrice redoutable. Peu à peu, elle éprouve le désir de se rapprocher des humains. A partir de ce moment-là, il ne se passe absolument plus rien à l’écran au point de voir pendant plusieurs secondes des plans sur des pieds descendant des marches, ou une main saisissant une cuillère. On pense alors avoir touché le fond mais il n’en est rien. Le réalisateur parvient à nous surprendre en confrontant la désormais fébrile extraterrestre touchée par les hommes à la cruauté dont sont capables les hommes. Évidemment, elle a la bonne idée d’aller se balader seule en forêt et d’y croiser un violeur, meurtrier sur les bords. Bref, elle finira brûlée vive. Triste constat sur la nature humaine. Il n’empêche que l’on ne peut que se réjouir de cette fin tant l’on a hâte que le réalisateur daigne enfin faire tomber le générique. La torture se prolongera quelques longues secondes puisque Jonathan Glazer nous fait subir de longs plans sur des flocons de neige.

Erin

 
 
 

Photos du film :