Réalisé par : Michel Gondry
Avec : Michael Brodie, Teresa Lynn, Raymond Delgado, Jonathan Ortiz, Jonathan Scott Worrell
Sur un scénario de : Jeffrey Grimshaw, Paul Proch et Michel Gondry avec une musique de :
Genre : Drame
Film Britannique réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
C’est la fin de l’année. Les élèves d’un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d’adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux… évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité…

 
 

Analyse de film :

Critique :

Mais qu’a-t-il pris à Michel Gondry pour réaliser ce non-film ? Présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2012, The We and the I s’intéresse à un groupe d’adolescents prenant le bus pour rentrer chez eux lors de leur dernier jour d’école. Immédiatement, le réalisateur nous embarque dans ce film duquel nous ne redescendrons pas avant le générique final. Autant dire qu’un trajet de plus 1h30 en bus c’est relativement long, surtout lorsque l’on se retrouve entouré d’adolescents peu intéressants. En effet, ces adolescents n’ont rien à se dire mais se débrouillent pour parler dans le vide pendant près d’une 1h30. Ils se racontent leur vie peu intéressante, faite de rumeurs, de vidéos, de sms et etc … On retrouve les thématiques classiques adolescents : la relation au corps, l’amour, l’amitié, la sexualité, les fêtes arrosées et etc … Ils se chamaillent, pas toujours de manière amicale d’ailleurs. Pour conclure sur ce point, The We and the I se révèle être un film particulièrement bavard et long tant on ne sent pas concerné par le quotidien de ces adolescents.

The We and the I

Michel Gondry a beau filmer des adolescents issus du Bronx, quartier défavorisé, cet élément n’est pas réellement pris en compte par le réalisateur. Certes, les paysages changent et l’on entend quelques adolescents expliquer qu’ils contribuent à faire vivre le foyer. Mais qui s’en préoccupe réellement ? Ces adolescents dans le bus auraient pu venir de n’importe quel coin du monde, cela n’aurait rien changer au film dans le sens où le contexte social n’est pas mis à profit.

The We and the I

Pour ne rien arranger, ces adolescents, qui sont tous des acteurs amateurs, n’inspirent pas franchement la sympathie. La plupart d’entre eux passent leur temps à se rendre intéressant et à essayer d’épater la galerie. A ce titre, Michel Gondry consacre même une partie à ces adolescents harceleurs dans le premier chapitre de son film, et très justement intitulé « The Bullies ». Le réalisateur a beau intituler les deux autres chapitres « Chaos » et « The I », cette violence ne quittera jamais l’écran. Que cette violence soit présente est une chose. En revanche, il est regrettable qu’aucun contre-point de vue ne soit proposé. Par exemple, un adolescent brise la guitare d’un autre adolescent et cet acte n’a aucun impact, aucune conséquence, ce qui a tendance à montrer que ce film est une pure démonstration de style, sans réelle réflexion sur le sujet.

The We and the I

Enfin, Michel Gondry s’efforce de démontrer que ces jeunes ne se comportent pas de la même manière lorsqu’ils sont seuls ou en groupe. Quelle découverte ! Pas besoin d’être un adolescent ni issu d’un quartier défavorisé pour se comporter différemment seul ou en groupe ! Bref, on réalise à quel point le scénario de Michel Gondry est réduit. De plus, il est gênant de constater que Michel Gondry utilise abondamment le naturel de ces adolescents pour construire les histoires personnelles des personnages. Certes, le film est réaliste mais cela donne tout de même l’impression que rien n’a été préparé en amont.

Erin

 
 
 

Photos du film :