Réalisé par : Luc Besson
Avec : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Min-sik Choi
Sur un scénario de : Luc Besson avec une musique de : Eric Serra
Genre : Action
Film Français réalisé en 2014

 

 

Synopsis du film :
A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

 
 

Analyse de film :

Critique :

Pour son dernier film, Luc Besson a choisi de baser son film sur le mythe selon lequel les humains n’utilisent que 10 % de leur cerveau. Pourquoi pas ? Après tout, tout n’a pas besoin d’être véridique au cinéma pour faire voyager le spectateur. Le problème de Lucy, c’est que Luc Besson se sert de ce mythe comme une vérité scientifique et développe tout son film, ou plutôt son délire autour de cette idée.

Lucy

L’une des erreurs du réalisateur réside sans aucun doute dans le fait qu’il confond connaissances et capacités. Même s’il est certain que les connexions du cerveau peuvent être stimulées et améliorées avec de l’entraînement, cela n’a strictement rien à voir avec la connaissance qui n’est acquise qu’à travers un processus d’acquisition. Au contraire, les capacités sont des aptitudes à réaliser des choses. Or, Lucy n’est pas un être humain aux capacités extraordinaires et ultra développées mais une sorte de super héroïne capable de maîtriser des aptitudes à un niveau extrêmement élevées et à maîtriser des connaissances et c’est là que le bas blesse puisque la connaissance est liée à un processus d’acquisition et donc d’étude. Or, le développement des capacités du cerveau y compris au niveau maximal n’a rien à voir avec la connaissance.

Autre erreur non négligeable : lorsque Lucy remonte le temps pour rencontrer Lucy, on peut voir des dinosaures avant de voir Lucy ce qui est incorrect puisque les dinosaures ont vécu des millions d’années avant Lucy.

Lucy

En ce qui concerne la mise en scène, certaines scènes sont particulièrement ratées. Je pense notamment à cette scène où Lucy a été placée en cellule avec un gros sachet de drogue dans le ventre et où elle se fait battre par l’un de ses geôliers. Le sachet de drogue cède et Lucy est prise de convulsions des plus risibles. A voir pour juger par vous-mêmes.

Le film opte pour un message très rassurant en choisissant l’unité 1 comme référence. Ainsi, l’immortalité ne serait jamais loin dans le sens où rien ne meurt mais tout se transforme et vit éternellement sous une autre forme. Quoi de plus rassurant dans une époque manquant autant de repères ?

Que s’est-il passé pour Luc Besson ait l’idée peu subtile voire carrément lourde d’inclure au montage des images de gazelles chassées par un félin, de méduses ou encore d’exemples de reproduction ? A-t-il soudainement eu une inspiration à la Malick ? Ou est-ce simplement le témoignage d’un manque d’humilité ? En effet, le film emprunte très largement à des maîtres du cinéma tels que Terrence Malick ou Stanley Kubrick dont on aperçoit le singe de 2001 l’odyssée de l’espace.

Lucy

Le film s’intéresse essentiellement à Lucy et néglige les autres personnages qui sont des coquilles vides, au mieux des clichés pathétiques. Morgan Freeman incarne à la fois un grand professeur et un sage, Choi Min-Sik est un méchant coréen qui rejoue littéralement mais en moins bien son rôle dans Old Boy. Le personnage de Lucy est lui-même relativement inintéressant car on sait peu de choses d’elle. Présentée comme une étudiante écervelée, elle se transforme soudainement en super-héros affublé de pouvoirs les plus extraordinaires. Non seulement on n’y croit pas une seule seconde mais en plus, l’évolution du personnage manque d’étapes dans la progression. Non seulement le personnage de Lucy manque de personnalité mais en plus la plupart de ses répliques ne lui permettent pas de la rattacher au monde réel. Par exemple, lorsqu’elle appelle sa mère pour se soulager, elle lui dit des répliques aussi aberrantes que : « Maman, je me souviens du goût de ton lait maternel. » Mais le pire dans tout ça, c’est que la mère au bout du fil ne s’inquiète absolument pas et lui répond quelque chose du style : ok cool merci d’avoir appelé.

En dépit de tous ces reproches, il faut reconnaître que Lucy reste tout de même un bon film d’action qui n’offre aucune minute de répit aux spectateurs.

Erin

 
 
 

Photos du film :