Réalisé par : Jim Jarmusch
Avec : Tilda Swinton, Tom Hiddleston, Anton Yelchin, Mia Wasikowska, John Hurt, Jeffrey Wright
Sur un scénario de : Jim Jarmusch avec une musique de : Carter Logan et Jozef van Wissem
Genre : Drame
Film Britannique réalisé en 2014

 

 

Synopsis du film :
Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

 
 

Analyse de film :

Critique :

Mal accueilli au dernier Festival de Cannes, Only lovers left alive est un échec sur toute la ligne. La première raison de cet échec réside sans aucun doute dans le fait que Jim Jarmusch n'a pas pris la peine d'écrire une histoire pour ses personnages appelés Adam et Eve. Le réalisateur américain s'est contenté de créer un univers plutôt underground. En effet, les personnages ont beau être âgés de plusieurs siècles, le réalisateur ne s'embarrasse pas de leur passé et ne nous livrera jamais le moindre élément sur Adam et Eve. Ainsi, on ne saura jamais pourquoi ils vivent dans deux pays différents alors qu'ils sont éperdument amoureux l'un de l'autre. On ne saura jamais ce qui s'est passé il y a 87 ans à Paris avec Ava, la sœur d'Eve. Sans intrigue, le film est une longue errance qui se transforme rapidement en une longue agonie pour le spectateur.

Only lovers left alive

Les vampires de Jarmusch reprennent la figure classique du vampire. Ainsi, Adam et Eve sont des vampires aristocrates qui se complaisent dans la beauté de l'art et qui méprisent l'espèce humaine qu'ils surnomment « les zombies ». Afin d'accentuer l'attitude bobo de ses vampires, le réalisateur a choisi de les alimenter sans passer par le meurtre. Jarmusch propose donc une vision très pessimiste de l'espèce humaine. L'homme apparaît comme un être inintéressant et en pleine perdition qui évolue dans une société qui court à sa perte. L'homme apparaît également comme une menace pour les vampires mais aussi pour eux-mêmes. Ainsi, Adam est terrifié à l'idée d'être connu et reconnu. Il ne supporte pas que des jeunes, admirateurs de sa musique viennent frapper à sa porte pour le rencontrer. De plus, les rares humains dont il est question se mettent en danger ou mettent les autres en danger. C'est le cas d'Ian qui n'écoute pas les conseils d'Adam et qui sera bu par Ava. C'est également le cas des vendeurs de drogue dans les rues de Tanger ou encore de Kit, qui est en fait Christopher Marlowe qui aurait écrit la plupart des pièces de William Shakespeare. Enfin, le sang des hommes est potentiellement dangereux pour les vampires, comme en témoigne la mort de Kit, intoxiqué par du sang contaminé. Bref, les êtres humains sont peu reluisants. Afin de se préserver, Adam et Eve évitent au maximum le contact avec les hommes et mettent en pratique la doctrine « pour vivre heureux, vivons cachés ».

Only lovers left alive

On comprend aisément que Jarmusch prenne du plaisir à filmer l'errance mais cela ne justifie en rien l'ennui que provoque son film. On sait que Jim Jarmusch aime la musique et en particulier la musique rock et il n'hésite pas à dévoiler sa playlist du moment dès que l'occasion se présente. Utilisée à outrance, on finit par se lasser. Enfin, on ne parvient à comprendre où le réalisateur veut en venir. Le sang fait ici clairement allusion à la drogue. Ainsi, à chaque prise, les personnages sont en pleine extase. Le manque les affaiblit et les pousse à convertir un couple en vampires. Faut-il y voir une réflexion sur la drogue ? Sur notre société moderne ? Un élément de réponse est donné à la fin du film mais ne parvient pas à convaincre. Ainsi, les personnages discutent du manque d'eau qui ne va pas tarder à toucher l'humanité. Faut-il y voir une critique sur notre société de consommation qui détruit tout sur son passage ?

Erin

 
 
 

Photos du film :