Réalisé par : Roberto Andó
Avec : Toni Servillo, Valerio Mastandrea, Valeria Bruni Tedeschi
Sur un scénario de : Roberto Andò et Angelo Pasquini avec une musique de :
Genre : Comédie dramatique
Film Italien réalisé en 2014

 

 

Synopsis du film :
Enrico Oliveri, secrétaire général du parti de l’opposition est inquiet : les sondages le donnent perdant. Un soir, il disparaît brusquement laissant une note laconique. C’est la panique au sein du parti, tout le monde s’interroge pour essayer de comprendre les raisons de sa fuite pendant que son conseiller Andrea Bottini et sa femme Anna se creusent la tête pour trouver une solution. C’est Anna qui évoque en premier le nom du frère jumeau du secrétaire général, Giovanni Ernani, un philosophe de génie, atteint de dépression bipolaire. Andrea décide de le rencontrer et élabore un plan dangereux…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Les années Berlusconi ont été une importante source d'inspiration pour les cinéastes italiens. Viva la libertà adapté du roman Le trône vide, écrit par Roberto Andó en est un nouvel exemple. Tout comme dans Habemus Papam de Nanni Moretti, le film s'ouvre sur un homme public qui fuit face à ses responsabilités. Alors que le pape de Nanni Moretti optait pour une errance romaine, Enrico Oliveri, secrétaire général du parti d'opposition opte pour une fuite en France où il retrouve son amour de jeunesse. La situation est alors délicate pour les autres dirigeants du parti. Que faire ? Comment expliquer que l'homme politique a pris quelques jours de repos alors que l'on ignore où il se trouve ? La solution apparaît en même que Giovanni Ernani, le frère jumeau d'Enrico. Mais voilà, Giovanni n'est pas un homme ordinaire. Giovanni est traité pour des troubles psychiatriques. Homme jovial, très cultivé et passionné, Giovanni est l'exact opposé de son frère qui apparaît au début du film comme un homme renfermé et effacé. L'arrivée de ce personnage au parti va bouleverser l'ordre des choses. En effet, l’honnêteté des propos de Giovanni font littéralement l'effet d'une bombe dans la presse et dans le cœur du peuple qui recommencent à s'intéresser au parti d'opposition considéré comme statique et inefficace au début du film. Les déclarations enflammées de Giovanni redonnent du baume au cœur aux gens qui reprennent espoir et comprennent qu'ils peuvent encore retourner la situation. Il est alors légitime de se demander si ce n'est pas tout bonnement le manque de spontanéité qui fait défaut à nos démocraties modernes où le peuple se lasse d'entendre des discours bien rodés auxquels plus personne ne croit vraiment. On pense alors à Beppe Grillo et à son mouvement. Le film établit des liens forts entre le cinéma et la politique. Tout d'abord, les acteurs comme les hommes politiques jouent des rôles et jouent avec le pouvoir des mots. Cela est particulièrement vrai lorsque l'on se rend compte que la grande force de Giovanni réside justement dans son talent de maîtrise des mots.

Viva la libertà

Néanmoins, sous ses airs de comédie, le propos n'est pourtant pas très réjouissant. En effet, on a beau être emporté par la vague d'espoir lancée par Giovanni, on se rend tout de même compte qu'il ne propose rien sur le plan politique. Certes, les élections vont être remportées mais pour mener le pays dans quelle direction ? En voyant cette vague d'électeurs se rallier aussi rapidement à un orateur qui plus est, est atteint de troubles psychiatriques, on peut aussi s'inquiéter des conséquences sur le plan politique.

Viva la libertà

Le film doit beaucoup à la performance incroyable de Toni Servillo, déjà remarquable dans La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino. En effet, l'acteur a la lourde tâche de jouer deux personnages qui se ressemblent sur le plan physique mais qui sont radicalement opposés dans leur manière d'être. Enrico est aussi triste que Giovanni est joyeux. Enrico est aussi peu expressif que Giovanni est démonstratif.

Viva la libertà

Rythmé par "La Forza del Destino" de Verdi, Viva la libertà est donc une comédie intelligente que l'on prend vraiment plaisir à voir. La grande force du film réside sans aucun doute dans le fait que Roberto Andó parvient à insuffler, puis à garder une certaine dose de légèreté à son film tout en parvenant à aborder à un sujet grave. Toni Servillo a récemment déclaré qu'il espérait que le public « sourit en pensant avec intelligence ». C'est chose faite.

Erin

 
 
 

Photos du film :