Réalisé par : James DeMonaco
Avec : Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder, Adelaide Kane, Edwin Hodge, Rhys Wakefield
Sur un scénario de : James DeMonaco avec une musique de : Nathan Whitehead
Genre : Horreur
Film Américain réalisé en 2013

 

 

Synopsis du film :
Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Le sujet d'American Nightmare est sans aucun doute la grande force du film même si la mise en scène ne parvient pas à tenir les promesses du synopsis. En effet, l'Amérique est montrée comme un état violent et ultra sécuritaire. Pour résoudre les problèmes de la pauvreté et de la criminalité, l'Etat a décidé de légaliser le crime l'espace d'une nuit par an afin que les citoyens puissent purger le pays et se débarrasser de leurs pulsions meurtrières. Cette idée n'a rien de révolutionnaire en soi dans le sens où elle reprend le thème du carnaval. En effet, la période du carnaval permettait au peuple de renverser les hiérarchies, les codes, l'autorité et etc …. pendant une période limitée afin de se défouler et éviter d'éventuelles révoltes pendant l'année. C'est un peu le principe de la purge mais en version sanglante. L'idée n'est pas mauvaise mais elle est très mal exploitée par le réalisateur.

American Nightmare

En effet, le film tourne très vite en rond. On suit une famille enfermée chez elle le soir de la purge. Le père et la mère soutiennent la purge alors que les enfants sont un peu dégoutés par cet événement annuel. Alors que les réjouissances commencent et que tout le monde vaque à ses occupations, Charlie le fils de la famille se prend de pitié pour un SDF poursuivi par un groupe de tueurs qui compte bien le lyncher à cause de son statut social. Par conséquent, il lui ouvre les portes de la maison. Peu après, un groupe participant à la purge annuelle vient sonner à la porte de la famille pour réclamer sa proie. La famille est alors confrontée à un dilemme : protéger cet homme ou le livrer à des assassins. Le film prend alors des allures sociologiques sur le thème du conflit des classes sociales. Ce thème est renforcé par le fait que James, le père de famille vend des systèmes de sécurité aux riches. C'est pour des raisons économiques qu'il adhère à l'idéologie gouvernementale. Il n'a jamais mesuré l'enjeu moral et éthique de cette soirée annuelle. Appartenant à une riche classe sociale non menacée par la purge, James Sandin ne s'est en réalité jamais posé la question de savoir ce que la purge représente. Pire, il pense être un homme bien alors que sa morale laisse à désirer. L'épouse de James approuve la purge car elle la considère comme un mal nécessaire permettant de réguler la société et la protéger de la criminalité.

American Nightmare

L'attaque de la famille va changer la vision de James et de sa famille. La purge devient alors un événement extrêmement violent pour cette famille qui visionnait chaque année les carnages de la purge à la télévision. La rencontre avec le groupe de jeunes participant à la purge est cruciale. En effet, le groupe justifie ses actes par une idéologie soi disant bien-pensante mais agit en réalité comme des psychopathes assoiffés de sang. Pour ces jeunes gens, la purge est une grande fête, un grand jeu où rien n'a de conséquence.

American Nightmare

En dépit de ces quelques bons points, la mise en scène se révèle peu concluante. En effet, le scénario est cousu de fil blanc et ne propose pas de vrais rebondissements. Même l'attaque surprise des voisins devient prévisible. L'attaque de la maison n'est pas vraiment palpitante puisque le système de sécurité est relativement faible et que la porte d'entrée est détruite en quelques secondes. La chasse à l'homme qui s'ensuit dans la maison est ennuyeuse car elle s'éternise. Même l'utilisation de Timmy le robot qui permet de voir à distance ne parvient pas à donner du piment au film. Enfin, l'idée du huis clos ne semble pas être la meilleure car elle ne permet pas de suivre les différents évènements se produisant le soir de la purge. Elle ne permet pas non plus d'aborder frontalement ceux qui participent à la purge, et il aurait été très intéressant de confronter davantage les points de vue. En fait, l'histoire de la famille Sandin n'aurait dû être qu'une histoire parmi d'autres au sein du film.

American Nightmare

En dépit d'un synopsis intéressant, American Nightmare déçoit parce qu'il ne tient pas ses promesses et parce que la mise en scène est bien trop faible pour parvenir à convaincre.

Erin

 
 
 

Photos du film :