Réalisé par : Mickaël Youn
Avec : José Garcia, Michaël Youn, Isabelle Funaro
Sur un scénario de : Michaël Youn, Dominique Gauriaud et Jurij Prette avec une musique de : Freaks
Genre : Comédie
Film Français réalisé en 2013

 

 

Synopsis du film :
Muzafar et Feruz sont deux gentils bergers du Taboulistan… tout petit pays d’Asie centrale dont personne ne soupçonne l’existence. Afin de faire connaître son pays sur la scène internationale, le fils du président tabouli décide de se lancer dans le terrorisme «publicitaire» et de confier à nos deux bergers, plus naïfs que méchants, la mission de leur vie : détruire la Tour Eiffel ! Pour atteindre leur objectif, ils devront traverser le milieu le plus hostile qui soit : la France ! Une France, bien loin de l’Occident qu’on leur avait décrit : entre les nationalistes corses, les policiers zélés, les taxis malhonnêtes, les supporters violents, les employés râleurs, les serveurs pas-aimables, les administrations kafkaïennes et les erreurs médicales… rien ne leur sera épargné. Ils rencontreront heureusement Marianne, jeune et jolie journaliste qui, pensant qu’ils sont deux sans-papiers, les aidera à traverser ces épreuves et leur fera découvrir un autre visage de la France… Celui d’une terre d’accueil, magnifique et généreuse, où il fait si bon vivre. Vive la France

 
 

Analyse de film :

Critique :

Le reproche majeur que l'on peut faire à Vive la France est de ne pas assumer ses partis pris. En effet, Muzafar et Feruz ont beau se retrouver dans différentes régions de France, elles ne sont pas traitées avec égalité. Ainsi, rien de positif ne ressort de l'escapade corse. Les corses sont perçus comme des terroristes enragés se servant des attentats comme des jouets. Le cliché va trop loin et ne porte même pas à rire. De plus, le réalisateur ne tente même pas de contraster sa vision de l'île de beauté en filmant par exemple des paysages corses magnifiques. Mickaël Youn récidive avec Marseille, décrite comme violente et obsédée par l'OM. Néanmoins, il parvient par moments à faire sourire notamment quand il fait dire à l'un de ses personnages qu'il va dans le Nord, c'est à dire à Toulouse. L'image de Toulouse en prend également pour son grade. C'est dans cette ville que Muzafar et Feruz vont tomber sur un policier aux pratiques sexuelles étranges. La ville n'intéresse absolument pas le réalisateur. L'évènement se serait passé dans une autre ville, on ne s'en serait pas rendu compte. Toutes ces visions négatives cessent à partir du moment où les personnages arrivent dans le Sud Ouest, lieu chaleureux et convivial par excellence. Tout est positif dans le Lot et rien ne vient contraster cette image. Enfin, les personnages arrivent à Paris. En dehors des taxis parisiens, Paris est filmée comme la plus belle ville du monde, y compris dans ses quartiers les plus à l'extérieur du centre historique. Bref, Vive la France souffre d'un déséquilibre flagrant en ce qui concerne les différentes régions de France, ce qui apparaît comme une manière grossière de montrer l'importance des régionalismes en France. Comme si cela ne suffisait pas, Mickaël Youn rajoute des scènes soi disant comiques pour les faire figurer dans son film sans se préoccuper de l'ensemble général du métrage. C'est notamment le cas de l'épisode des chasseurs français. Non seulement, il est complètement dépassé mais en plus il s'insère très mal dans le film. Ne parlons même pas de l'un des fils conducteurs du film : l'erreur médicale qui a coûté un rein à Feruz ! Enfin, cette accumulation de clichés n'est pas mise au service de la comédie.

Vive la France

Autre reproche important : le personnage de Marianne, sorte d'allégorie de la France, a tendance à prendre beaucoup trop d'importance dans le film au point de la voir autant que les protagonistes. De plus, son rôle de blonde qui intéresse plus pour son physique que pour son intelligence devient rapidement énervante. Il en est de même pour la tradition du Taboulistan qui consiste à frapper les femmes. Même si l'on comprend bien qu'il s'agit pour Mickaël Youn un moyen de dénoncer la condition féminine dans certaines parties du monde, le discours sonne faux lorsque l'on voit le personnage de Marianne.

Vive la France

Croulant son l'influence de l'humour de Sacha Baron Cohen, Vive la France qui parvient parfois à susciter le rire, va pourtant à l'encontre même de son maître. En effet, la critique de la France est loin d'être féroce, comme en témoigne la morale du film qui peut se résumer à l'idée que la France est un beau pays grâce à ses contradictions et ses différences culturelles.

Erin

 
 
 

Photos du film :