Réalisé par : Ettore Scola
Avec : Giorgio Colangeli, Antonello Fassari, Fabio Ferrari, Fiorenzo Fiorentini, Arnoldo Foà
Sur un scénario de : Silvia Scola, Paola Scola et Ettore Scola avec une musique de : Armando Trovajoli
Genre : Comédie
Film Italien réalisé en 2003

 

 

Synopsis du film :
Du matin au soir, en suivant un bus qui parcourt les rues de la ville, ce film rend hommage à Rome à travers une mosaïque d'images, de personnages, de quartiers, d'histoires... Rome telle qu'elle est aujourd'hui, telle qu'elle n'était pas il y a dix ans, telle qu'elle ne sera plus dans une décennie. Du travail à la famille, des dialectes aux modes vestimentaires, de la cuisine aux loisirs, des Romains de souche aux immigrés extra-communautaires, Ettore Scola propose de feuilleter un album d'illustrations avec le talent d'observateur et le ton caustique qui caractérisent son style.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Rome, la ville éternelle en a inspiré plus d'un ! En 2003, Ettore Scola réalise enfin son projet sur la ville de Rome. En choisissant un bus comme fil narratif, le réalisateur italien nous fait parcourir Rome. La grande qualité de Gente di Roma est de ne pas tomber dans le piège classique du film carte postale. Ettore Scola filme et magnifie la ville de Rome mais il n'a pas ce regard touristique qui se contente souvent d'accumuler les clichés sur le lieu. Comme à son habitude, Scola scrute et observe au plus près la réalité des romains vivant dans cette ville chargée d'histoire et de vestiges romains rappelant le passé glorieux de la ville, ce qui d'après Scola leur donne ce petit sentiment de supériorité. Entre fiction et documentaire, Gente di Roma aborde de nombreux thèmes propres à la société italienne et à Rome qui occupe une place bien particulière dans le pays. En effet, Rome n'est la capitale administrative de l'Italie que depuis 1871 mais surtout Rome n'est pas une ville industrielle.

L'immigration et les extra-communautés à Rome

Le propos de Scola sur l'immigration est aussi intéressant qu'inédit. Même s'il montre ouvertement que certaines personnes sont racistes, ce racisme n'est pas très affirmé comme le démontre le journaliste enquêtant sur les extra-communautés à Rome grâce à une analyse des tags sur les murs de la ville. Le terme « extra-communauté » est très vague et on ne sait pas s'il doit être compris de manière positive ou négative.

Scola s'intéresse à démontrer que les romains sont en général assez indifférents vis à vis des immigrés car pour eux, ils ne sont que de passage. C'est cette indifférence générale qui permet aux personnes immigrées d'être mieux tolérées à Rome qu'ailleurs. En dépit de cette généralisation, certains apprécient les coutumes chinoises et vont jusqu'à pratiquer du tai-chi.

Gente di Roma

La vieillesse

Ettore Scola aborde largement le thème de la vieillesse et en particulier le thème de la vieillesse comme marginalisation. Sa première approche du sujet consiste à filmer des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. On sent le réalisateur concerné par le sujet, ce qui pourrait expliquer les raisons pour lesquelles Scola filme des patients en plein test de mémoire. La séquence émotion vient un peu plus tard avec la discussion entre un père atteint de la maladie d'Alzheimer et son fils bien décidé à le placer. Le vieil homme se montre d'abord malpoli envers le serveur, puis carrément infect avec une femme un peu trop maquillée à son goût, puis craque devant son fils. En larmes, on comprend que l'homme s'est forgé une carapace pour affronter la maladie.

La liberté d'expression

Centre des médias, Rome est pourtant une ville où la liberté d'expression semble être mise à mal. D'après l'enquête menée par le journaliste, les tags apparaissent comme un moyen alternatif d'expression. Cette idée rejoint le fait que les médias italiens soient ultra concentrés (Mediaset ou Mondadori) et qu'ils mettent en danger l'idée même de la démocratie. Les scènes filmées en février 2002 montrant d'un côté une mère cherchant son fils dans la foule rassemblée à la Piazza Navona dans le cadre des girotondi et de l'autre des militants comme Nanni Moretti, vont dans ce sens.

La religion

Le film a beau être consacré à Rome, Scola ne filme jamais le Vatican tout proche. C'est là l'une des autres caractéristiques des romains, ils ont tendance à être indifférents vis à vis de la religion.

Gente di Roma

Le travail

Le film s'ouvre sur un ouvrier qui part au travail après que sa femme lui ait préparé son déjeuner. L'homme s'engouffre dans un bus mais n'ira pas travailler. Au chômage depuis un moment, il n'a pas annoncé à sa femme sa situation. Puis, on suit une femme de ménage se rendre à son travail. Enfin, notons un autre segment intéressant : celui mettant en scène un homme assez âgé venant rendre visite à son ex épouse plus jeune et remariée avec un homme plus jeune. Même s'il ne se dit pas grand chose pendant ce segment, on comprend que les anciens époux qui partagent un mont-blanc s'aiment encore et que le nouveau mari de la femme n'est qu'un confort matériel.

Conclusion :

Pour Ettore Scola, qui a toujours aimé faire dans l'humour, Rome est une ville tolérante à cause de son indifférence, ce qui est déjà drôle en soi. Film émouvant, triste et drôle à la fois, Gente di Roma convainc par son aspect réel, pris sur le vif. Dédié à Alberto Sordi, le film met en scène des acteurs non professionnels ce qui permet au film de gagner en véracité

Erin

 
 
 

Photos du film :