Réalisé par : Byeong-Ki Ahn
Avec : Ji-won Ha, Yu-mi Kim, Woo-jae Choi, Ji-yeon Choi, Seo-woo Eun
Sur un scénario de : Byeong-Ki Ahn avec une musique de : Sang-ho Lee
Genre : Horreur
Film Sud Coréen réalisé en 2002

 

 

Synopsis du film :
Après la parution d'un article controversé, une journaliste est menacée par un psychopathe. Harcelée de coups de fil anonymes, elle est contrainte de changer de numéro de téléphone mobile. Lors d'un rendez-vous, une petite fille décroche accidentellement son GSM. L'enfant est alors saisie d'une crise de panique...

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Attention, ce film révèle l'intrigue du film et ses rebondissements.

The Phone est un film déroutant et torturé. Le film explore plusieurs genres (film de fantômes, drame) et rend hommage au film qui a révélé au grand public l'horreur à l'asiatique : Ring d'Hideo Nakata. C'est ce que l'on voit notamment dans la scène d'introduction au film qui met en scène une jeune fille enfermée dans un ascenseur et qui meurt de peur tout en faisant crisser ses ongles noirs sur les parois de l'appareil.

The Phone

Le film commence donc par les ennuis de Ji-Won, une journaliste qui a dénoncé un scandale sexuel incluant des hommes publiques et des mineurs. La jeune femme est harcelée au téléphone à cause de cette affaire. Excédée, elle décide de changer de téléphone et on lui attribue un numéro terminant par 66-44. Ce numéro n'est sans doute pas anodin dans le sens où en Asie, les mots désignant les chiffres sont les mêmes que certains mots désignant des concepts différents. Seule la prononciation change. Ainsi,  en mandarin, le chiffre 6 se prononce liu, ce qui peut signifier aller bien ou filer. Mais le plus intéressant est sans aucun doute le chiffre 4 (si) qui signifie la mort. Le numéro se terminant par 66-44 contient donc deux fois le chiffre signifiant "mort", ce qui le prédestine à une histoire malheureuse.

Tout change le jour où Yeong-ju, la fille de sa meilleure amie décroche le téléphone portable de Ji-Won. La fillette entend un son qui lui glace le sang et est très choquée. Pire, la fillette n'est plus tout à fait elle-même et elle est très agressive envers sa mère. Son visage est parfois déformée par la haine.  En revanche, elle est très douce avec son père qu'elle tente même d'embrasser sur la bouche. Inquiète, la mère de l'enfant va consulter un médecin qui lui dit de ne pas trop s'inquiéter car c'est normal à son âge (complexe d'Oedipe). Mais la mère est loin de se douter de l'origine du mal de sa fille. Et le spectateur est loin de se douter de la fin de cette histoire. En effet, et c'est l'une des grandes forces du film, le final est difficile à deviner.

The Phone

Le téléphone permet de faire le lien entre toutes les histoires. Toute est une histoire de connexion. En effet, Ji-Won est introduite à l'histoire de fantômes par le biais de la prise qu'elle utilise pour brancher son ordinateur. A partir de là, elle est poussée à enquêter pour découvrir la vérité sur le numéro 66-44. La fille de sa meilleure amie est à son tour connectée à l'histoire lorsqu'elle décroche le téléphone de Ji-Won. Enfin, c'est en s'intéressant à la première propriétaire du numéro Jin-Hie que Ji-Won découvre toute l'histoire. La première propriétaire du numéro, une adolescente encore au lycée, avait une aventure avec le mari de la meilleure amie de Ji-Won. Le mari s'est rapidement lassé de la jeune fille qui était folle amoureuse de lui. C'est par un pur hasard que son épouse Ho-jeong découvre son mari a une liaison. Elle fouille alors son téléphone et découvre le numéro de sa maîtresse : le fameux 66-44. Elle écoute les messages laissés par la jeune fille et apprend avec effroi que cette dernière est enceinte de son mari. C'est plus qu'elle ne peut supporter. En effet, Ho-jeong est stérile et n'a jamais pu avoir d'enfant avec son mari. Si elle a réussi à avoir sa fille, c'est grâce à Ji-Won qui lui a fait un don d'ovule. Ho-jeong donne rendez-vous à l'adolescente pour la convaincre d'avorter mais cette dernière refuse et les deux femmes en viennent aux mains. L'adolescente tombe à terre. On pense alors à l'accident tragique mais Ho-jeong n'a pas encore révélé sa vraie nature. Elle cache une nature démoniaque. Ainsi, elle n'hésite pas à achever la jeune fille et à l'enterrer dans un mur. Lorsque l'on découvre le pot-aux-roses, on découvre une longueur impressionnante de cheveux, ce qui, en dépit de l'exagération évidente, suggère sans doute que la jeune fille a été emmurée vivante.

The Phone

La subtilité de The Phone est donc de parvenir à mêler horreur réelle et horreur fantastique. Qu'est ce qui est le plus effrayant ? Est-ce les cris et les agissements de l'adolescente sauvagement assassinée et dont le fantôme n'est pas parvenu à quitter la terre qui sont les plus effrayants ou est-ce l'attitude de Ho-jeong qui n'hésite pas à assassiner sa rivale, puis son mari ?

Du côté visuel, The Phone propose des belles scènes de nuit et joue avec la lumière, ce qui sert considérablement le réalisateur qui cherche à créer l'angoisse. La musique et le bruitage sont à cet égard des outils redoutables que Ahn Byeong-Ki sait parfaitement manier.

Enfin, le film n'est pas exempt de défauts. Malheureusement, l'enchaînement des intrigues est parfois un peu maladroit et certains éléments sont laissés de côté. Ainsi, on ne saura jamais pour quelle raison le fantôme envoie des images horribles sur l'ordinateur de Ji-Won.

Merci à Chine-nouvelle.com pour l'étude sur les chiffres.

Erin

 
 
 

Photos du film :