Réalisé par : Andrés Muschietti
Avec : Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nélisse, Daniel Kash, Javier Botet
Sur un scénario de : Andrés Muschietti, Barbara Muschietti et Neil Cross avec une musique de : Fernando Velázquez
Genre : Horreur
Film Espagnol réalisé en 2013

 

 

Synopsis du film :
Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Pour son premier long-métrage, Andres Muschietti qui a été repéré par Guillermo Del Toro grâce à son court-métrage Mama, s'en sort très bien. Même s'il n'évite pas des erreurs inhérentes du premier film, Mamà est un film audacieux dans sa mise en scène.

Mama

Tout commence donc par un terrible drame familial comme il s'en produit trop souvent. Un père de famille perd les pédales, tue son épouse et compte bien en faire autant avec ses deux filles Victoria et Lily. C'est à ce moment précis que débarque une étrange créature qui sauve les fillettes d'une mort certaine. Abandonnées et livrées à elles-mêmes dans une cabane au fond des bois, Victoria et Lily n'ont qu'une faible chance de survivre. Pourtant, elles sont retrouvées vivantes cinq ans après dans cette même cabane. Enfants sauvages, le retour à la vie « normale » s'annonce compliqué pour Annabel, la petite amie de l'oncle des fillettes.

Mama

Le défaut majeur de Mamà c'est de saper tout suspense. En effet, la créature appelée Mamà apparaît dès les premières minutes du film. Même s'il ne la montre pas directement dès le départ, il est aisé de l'imaginer entièrement grâce à certains éléments qui la composent. La créature en elle même est assez décevante dans le sens où elle ne propose rien de bien innovant. En effet, cette dernière est fortement inspirée de fantômes japonais. Le désarticulement de Mamà fait penser à Sadako de Ring. La coiffure ainsi que le déplacement de la créature rappellent également le cinéma asiatique.

Mama

Le manque de suspense est également dû au fait que le spectateur est d'emblée placé du côté de la vérité c'est à dire qu'il sait que Mamà est réelle. Et on sent bien que le réalisateur comprend à certains moments que cet élément est la faiblesse de son film. En effet, on peut remarquer au début du métrage qu'il hésite entre deux voies. En jouant sur la vue de l'aînée, il installe très brièvement le doute sur la présence de Mamà. En effet, Victoria a besoin de retirer les lunettes qui lui permettent de voir pour voir Mamà. A partir de là, on peut aisément penser que le réalisateur utilise cet élément pour montrer que Mamà n'existe que pour Victoria et Lily mais il n'en est rien. Pourtant, Andres Muschietti s'obstine à mettre en avant cet élément même après que le spectateur ait vu Mamà. Ce jeu sur le point de vue des fillettes aurait mérité d'être développé et il est fort à parier que le film n'en aurait été que plus intéressant. Le personnage du docteur Dreyfuss est particulièrement intéressant car c'est grâce à lui que l'histoire avance. Dès le départ, il comprend que Mamà est réelle pour les enfants, et on peut d'ailleurs regretter que le réalisateur n'ait pas davantage appuyé cet élément. Il va donc tout naturellement mené son enquête qui va le mener à découvrir une terrible vérité. La vérité est assez rapidement établie : Mamà existe. En révélant aussi vite la vérité, le réalisateur prive son film de toute possibilité de rebondissements et de suspense.

Mama

Ce qui est intéressant dans Mamà c'est le choix du cadre familial. C'est à Annabel, adulescente dans l'âme, que revient la lourde charge de s'occuper des deux petites filles après que son petit ami ait été victime d'un étrange accident dans les escaliers. Annabel est loin d'avoir la fibre maternelle et c'est sans doute cela qui lui sauve la vie. Ne cherchant pas à remplacer la mère des fillettes, elle est relativement distante même si une relation affective s'établit petit à petit. C'est à travers Annabel pas maternelle pour un sous et le personnage de Mamà souffrant d'avoir été privée de sa maternité à cause des conventions de l'époque que le réalisateur propose une réflexion sur la quête de la maternité. Le réalisateur propose de travailler ce point en parallèle et il est intéressant de voir comment les deux personnages évoluent ou pas. En ce qui concerne l'évolution des personnages, l'évolution différente des petites filles est particulièrement intéressante. L'aînée s'acclimate beaucoup plus rapidement à sa nouvelle vie car elle a connu la vie familiale classique. En revanche, c'est beaucoup plus compliqué pour Lily qui a été recueillie par Mamà lorsqu'elle avait à peine 1 an. Ses difficultés d'adaptation sont à la fois source d'angoisse et d'émotion. En effet, il est particulièrement effrayant de voir cette petite fille ramper au sol, dormir sous le lit, surgir de nulle part et etc … Son comportement imprévisible fait froid dans le dos. Enfin, son évolution est source d'émotion car son adaptation est douloureuse. Elle est constamment tiraillée entre Mamà qui est pour ainsi dire sa mère et le désir de rester avec sa sœur qui semble préférer un retour à la vie normale. Toute la scène finale illustrera ce dilemme. Et sans vouloir révéler la fin du film, on peut souligner que le réalisateur est allé au bout de ses idées.

Mama

Pour conclure, Mamà est une première réalisation pleine de promesses. Bien que classique dans sa mise en scène, Andres Muschietti montre qu'il connaît les codes du genre et qu'il sait les utiliser.

Erin

 
 
 

Photos du film :