Réalisé par : Paolo Virzi
Avec : Valerio Mastandrea, Micaela Ramazzotti, Stefania Sandrelli, Claudia Pandolfi, Marco Messeri, Fabrizia Sacchi
Sur un scénario de : Francesco Bruni, Francesco Piccolo et Paolo Virzì avec une musique de : Carlo Virzi
Genre : Comédie dramatique
Film Italien réalisé en 2010

 

 

Synopsis du film :
Été 1971. Anna, jeune mère ravissante et frivole, remporte le concours de beauté d’une station balnéaire. Son tempérament inconséquent et jouisseur rend sa vie de famille quelque peu chaotique. 30 ans plus tard, toujours marqués par cette vie haute en couleurs, Anna et ses enfants, réunis à son chevet, sauront-ils se réconcilier ?

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

La prima cosa bella, chanson de Nicola Di Bari résume à elle seule tout le film. Entonnée par Anna une nuit d'orage où elle cherchait désespérément un logement pour elle et ses enfants Bruno et Valeria après que son mari l'ait mis à la porte. Cette chanson que l'on traduit communément par « le premier bonheur » représente les souvenirs d'Anna et de ses enfants lors de cette période de galère.

La prima cosa bella

La première qualité du film c'est sans aucun doute les personnages qui malgré leurs défauts évidents sont très attachants. Anna a beau être une mère un peu inconsciente, sa volonté de se battre, sa bonne humeur à toute épreuve et sa générosité sont autant de qualités qui font de son personnage un personnage extrêmement attachant. Ainsi, il semble que le choix de raconter l'histoire d'Anna dans les années 1970 puis dans les années 2000 à la fin de sa vie est un choix judicieux. Il permet au film de gagner en émotion. Il en est de même pour les enfants Bruno et Valeria. On ne peut qu'être triste de voir ce qu'est devenu Bruno, ce petit garçon débrouillard et protecteur.

La prima cosa bella

La prima cosa bella est avant tout un film sur la famille et ses différents membres qui la composent ou la décomposent. Tout commence par un mari possessif qui ne supporte pas que la beauté de son épouse Anna attire tous les regards. Après que sa beauté soit devenue officielle grâce à l'élection de Miss Maman de l'été 1971 à Pancaldi, le mari craque, se dispute avec son épouse qui finit par quitter le domicile conjugal avec ses deux enfants sous le bras. Le personnage de Anna est intéressant à plus d'un égard. En effet, présentée comme une femme frivole et sans morale, on découvre petit à petit une femme un peu inconsciente

La prima cosa bella

Le film se concentre essentiellement sur le point de vue de Bruno qui a été en quelque sorte traumatisé par sa mère. Très jeune, il prend conscience de la beauté de sa mère et de l'existence même de sa sexualité, ce qui pourrait expliquer pourquoi Bruno ne parvient pas à s'engager avec une femme. Les conséquences de l'éducation dispensée par Anna à ses enfants sont terribles pour Valeria qui s'est mariée très jeune et qui n'est plus heureuse en ménage. Amoureuse de son patron qu'elle repousse sans cesse, elle ne veut pas détruire sa famille. Dans un sens, elle ne veut pas reproduire le schéma de sa mère.

La prima cosa bella

Le personnage d'Anna est bien plus complexe qu'il semble l'être au premier abord et c'est en partie de là que La prima cosa bella tire toute sa force. Dans un premier temps, il est nécessaire de remarquer que le réalisateur lie intimement la figure de la mère à la ville de Livourne dans laquelle Bruno ne veut pas rester. Lieu de son enfance ou plutôt de ses souvenirs alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon qui a dû grandir trop vite, Livourne représente tout ce que Bruno rejette.

La prima cosa bella

Autre point intéressant : Anna est sans aucun doute une femme un peu inconsciente qui préfère profiter de la vie que d'assumer ses responsabilités d'adulte. Ce propos est tout de même à nuancer dans le sens où Anna a beau être légère, elle n'en est pas moins une mère qui se bat pour rester avec ses enfants. Elle est sans cesse à la recherche d'un endroit pour dormir, d'un travail pour survivre et etc … Sa vie de bohème contraste terriblement avec la vie qu'elle menait jusqu'alors avec son mari. Anna rayonne et elle fait rayonner toutes les personnes qu'elle entoure. Son insouciance et son goût pour les petits plaisirs de la vie ne sont pas considérés comme des valeurs pour la grande majorité des gens qui jugent très sévèrement la jeune mère de famille. Pourtant, on a quand même la sensation que les seuls moments de bonheur qui transparaissent à l'écran sont ceux où Anna est présente.

La prima cosa bella

Pour contraster avec la joie de vivre de Anna, le réalisateur a introduit le personnage de la sœur de Anna. Cette sœur est une vieille fille jalouse de Anna qui a épousé son fiancé à cause de sa beauté. A cheval sur les principes, elle reprend en main l'éducation des enfants et influence considérablement l'époux d'Anna qui aime toujours sa femme même après l'avoir mise à la porte. Son influence est telle que le mari d'Anna n' essaiera pas de reconquérir son épouse. C'est uniquement sur son lit de mort qu'il donnera une lettre à Bruno pour lui signaler qu'il est toujours amoureux d'elle et qu'il lui pardonne toutes ses frasques. En opposant constamment les aspirations personnelles à la morale, le film gagne en intensité. La rigidité de la sœur d'Anna devient ainsi de plus en plus rigide et la frivolité d'Anna devient de plus en plus légère. Pourtant, au fil de l'histoire, on apprend à découvrir les personnages et à voir derrière les apparences. Ainsi, la sœur d'Anna qui apparaissait comme « la méchante » de l'histoire se révèle être une femme blessée par sa propre sœur qui lui a dérobé l'homme qu'elle devait épouser.

La prima cosa bella

Récompensé de trois David di Donatello (meilleure actrice, meilleur acteur, meilleur scénario), La prima cosa bella oscille sans cesse entre la comédie et le drame et explore la complexité des relations humaines dans le domaine de l'amour. Côté interprétations, il est nécessaire de souligner la performance de Micaela Ramazzotti (Anna jeune) qui a d'ailleurs été récompensée par un Donatello de la meilleure actrice en 2010. C'est également un plaisir de voir la légendaire Stefania Sandrelli dans le rôle de la pétillante Anna devenue une femme âgée et mourante.

Erin

 
 
 

Photos du film :