Réalisé par : Rodrigo Cortés
Avec : Ryan Reynolds
Sur un scénario de : Chris Sparling avec une musique de : Víctor Reyes
Genre : Drame
Film Américain réalisé en 2010

 

 

Synopsis du film :
Ouvrez les yeux. Vous êtes dans un espace clos, sous 1 tonne de terre irakienne avec 90 minutes d’oxygène et pour seule connexion vers l’extérieur un téléphone portable à moitié rechargé. Tel est le destin de Paul, entrepreneur Américain pris en otage et enfermé dans une boîte. Le temps file et chaque seconde qui passe le rapproche d’une morte certaine…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

On ne peut qu'admirer la difficulté du projet de Rodrigo Cortés. Filmer un homme enfermé dans un cercueil pendant 1h30 est audacieux. A cet égard, Buried est sans aucun doute le huis clos le plus clos de l'histoire du cinéma. Le film commence donc par un grand écran noir qui nous plonge immédiatement dans l'obscurité du cercueil de Paul Conroy, un camionneur travaillant en Irak. Tombé dans une embuscade, Paul a été enterré par ses ravisseurs qui lui réclament des millions de dollars pour le sortir de son trou et lui éviter une mort certaine. D'après l'agent spécialisé, c'est devenu une pratique courante en Irak bien que l'on n'ait jamais entendu parler de tels cas dans la presse. Sont-ils étouffés ? Rodrigo Cortés oriente très tôt son film vers un contexte actuel, ce qui peut surprendre le spectateur qui pourrait y voir un énième film sur les conflits américano-irakiens. Le spectateur est pris de court. Alors qu'il assiste depuis un certain temps à la souffrance de cet homme enterré vivant qui demeure sans doute le pire des cauchemars d'un être humain, le spectateur entend s'enchainer les commentaires sur la situation en Irak et le traitement des otages. Avec maladresse, le réalisateur espagnol enchaine les coups de fil et les opinions censées mener le spectateur à réfléchir sur le cœur de ces enlèvements. Rodrigo Cortés ne porte aucun jugement sur ce qui se passe en Irak. En revanche, il n'est pas tendre avec l'administration américaine. Il semble même comparer les manipulations des ravisseurs avec celles de l'administration américaine qui n'hésite pas à mentir, à préserver ses intérêts (le gouvernement ne veut pas que la presse soit au courant de l'affaire) plutôt que de sauver un compatriote. Ce détachement et cette froideur qui mènent à l'isolement total renforcent l'aspect claustrophobique. Le cas de Martin White illustre bien cette idée dans le sens où l'agent qui se charge du cas de Paul affirme à ce dernier que Martin White a vécu la même situation mais qu'il s'en est sorti alors qu'il n'en est rien et que son corps sera retrouvé à la fin du film à la place de Paul. Plus qu'être enterré dans une caisse six pieds sous terre, c'est l'idée d'être oublié par le reste du monde et de ne jamais être retrouvé qui prend le dessus.

Buried

En plus de signer un film audacieux, Rodrigo Cortés fait une belle utilisation de la lumière et des plans qui permettent de traduire l'état d'esprit et les émotions du personnage. La lumière et les plans permettent de montrer tous les stades que l'état d'esprit de Paul traverse : la sensation d'étouffement, la panique, l'espoir, la perte d'espoir, le découragement, la colère, l'impuissance, l'envie de se battre et enfin le renoncement.
Buried témoigne d'un traitement à l'européenne dans le sens où le traditionnel happy-end américain n'a pas lieu et que nous avons assisté pendant 1h30 à l'agonie et à la mort d'un homme ordinaire.

Buried

Enfin, et cela pourra peut-être déranger certains spectateurs, le film joue sur l'ambiguïté dans le sens où le sadisme de la situation est exposée de deux manières radicalement différentes mais complémentaires. En effet, bien que les ravisseurs soient responsables de la situation de Paul, ils font souffrir physiquement Paul. Cela est d'ailleurs symbolisé par le fait que l'on demande à Paul de se sectionner un doigt. En revanche, les sauveurs de Paul ont beau tenir le bon rôle, ils semblent être la source même d'une violence psychologique. C'est ce que nous montre les diverses tentatives de Paul pour joindre un service compétent.

Erin

 
 
 

Photos du film :