Réalisé par : Carlos Saura
Avec : José Garcia, Juan Diego, Victoria Abril, Irene Escolar, José Luis Gómez
Sur un scénario de : Ray Loriga avec une musique de : Roque Baños
Genre : Drame
Film Espagnol réalisé en 2004

 

 

Synopsis du film :
Dans la chaleur aride de l'Espagne rurale, dans un village, deux familles se disputent depuis des années les limites de propriété de leurs terres. Ces querelles ont déjà occasionnée de nombreuses bagarres. Isabel, adolescente et fille aînée d'une des familles, tente de découvrir l'origine de cet horrible conflit...

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Basé sur un fait divers qui a traumatisé l'Espagne en Août 1990 (affaire Antonio et Emilio Izquierdo), le film de Carlos Saura prend le temps de planter le décor, de montrer comment le conflit entre les Jimenez et les Fuentes s'est installé, comment la famille Fuentes en particulier s'est construite sur la haine des Jimenez. Tout est parti d'un conflit sur la délimitation des terres (l'attachement à la terre est un thème fort qui traverse tout le film), puis un membre de la famille Jimenez aurait déshonoré Luciana Fuentes en sortant avec elle sans jamais l'épouser. S'en est suivi un meurtre et un incendie meurtrier. Mis à l'écart par les autres villageois, les Fuentes vivent dans la haine et dans la rancœur jusqu'au jour où la mort d'un membre de leur famille condamné pour le meurtre d'un Jimenez meurt.

Le 7ème jour

Carlos Saura ne se focalise pas sur cette haine et préfère s'intéresser à l'amour naissant entre Isabel et un garçon du village, à la vie qui s'écoule dans ce village espagnol. Le problème c'est que ça dure assez longtemps et qu'on perd presque de vue le sujet du film. On comprend pourtant bien pour quelle raison le réalisateur a voulu installer cette paisibilité dans son film. Par opposition, la scène de tuerie est d'une violence extrême. Le spectateur est pris de court et se sent impuissant face au massacre. On voit rarement dans le cinéma des scènes aussi violentes montrant des enfants tomber sous les balles par exemple. Cette non-focalisation sur la haine a beau être ennuyeuse à certains moments, elle rend la vendetta encore plus absurde. En effet, lorsque les deux frères Fuentes arrivent au cœur du village chargés d'armes, on ne se souvient pas immédiatement pour quelle raison ils vont tuer tout ce qui bouge.

Le 7ème jour

Autre bon point du film : l'utilisation de la voix-off. Contrairement à beaucoup de films qui utilisent ce procédé, Carlos Saura parvient à la maintenir du début à la fin sans en abuser. Cependant, le réalisateur a tendance à recycler des éléments du film qui a fait son succès : Cria Cuervos. Les scènes de danse entre les trois sœurs reviennent inlassablement.

Enfin, le titre repris comme conclusion du film confère au film un aspect tragique fort. En effet, puisque ce massacre a lieu un dimanche, le jour où Dieu s'est reposé alors le peuple est ce jour-là abandonné de Dieu.

Le 7ème jour

Pour terminer, le film multiplie les personnages et ne les développe pas toujours, ce qui regrettable. En revanche, les acteurs forment un très beau casting. Victoria Abril est parfaite dans le rôle de cette femme déshonorée qui a sombré dans la folie. José Garcia exploite tout son potentiel dramatique et la jeune Yohana Cobo est convaincante dans ce rôle d'adolescente qui découvre le conflit qui ravage sa famille.

Erin

 
 
 

Photos du film :