Réalisé par : Tim Burton
Avec : Charlie Tahan, Winona Ryder, Martin Landau, Martin Short, Catherine O'Hara, Atticus Shaffer, Conchata Ferrell, Tom Kenny
Sur un scénario de : John August avec une musique de : Danny Elfman
Genre : Animation
Film Américain réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
Après la mort soudaine de Sparky, son chien adoré, le jeune Victor fait appel au pouvoir de la science afin de ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru… Victor va tenter de cacher la créature qu’il a fabriquée mais lorsque Sparky s’échappe, ses copains de classe, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Après le moyen Alice au pays des merveilles et le raté Dark Shadows, le cinéma de Tim Burton se portait assez mal. Par chance, il signe en cette fin d'année Frankenweenie, le remake d'un de ses court-métrages du même nom et qui parvient à ressusciter le réalisateur.

Faisant appel à la stop motion comme dans Les noces funèbres, Tim Burton réussit le pari de passer du court au long, ce qui est toujours un pari risqué. Cette prise de risque est d'autant plus appréciable que cela faisait un certain temps que le réalisateur n'avait pris aucun risque, jouant toujours sur les mêmes procédés qui ont fait son succès.

Frankenweenie

Tim Burton transpose la trame du chef d'œuvre Frankenstein de Mary Shelley à l'époque moderne. Ainsi, on y retrouve les mêmes éléments : galvanisme (contraction d'un muscle grâce à un courant électrique) expérience rappelée par les cours de sciences mais aussi par le nom du chien Sparky (plein de vie) nom dans lequel on trouve le mot Spark qui veut dire étincelle, le nom et le prénom du personnage principal (Victor Frankenstein) par exemple et évidemment la trame de l'histoire : un petit garçon ramène à la vie son chien Sparky décédé.

Mais Burton semble être bien plus inspiré par les adaptations cinématographiques que par l'œuvre littéraire. En effet, on retrouve la figure du monstre de Frankenstein incarné par le légendaire Boris Karloff dans le personnage de Nassor. Les expériences électriques via un cerf-volant rappellent également diverses adaptations cinématographiques. Burton est également inspiré par La fiancée de Frankenstein de James Whale dont on retrouve l'influence dans le personnage de la chienne de la voisine de Victor ou encore dans la scène du moulin en feu.

Les clins d'œil aux films qui ont inspiré le réalisateur sont toujours agréables à voir lorsqu'ils sont utilisés à bon escient. Cependant, certaines scènes de Frankenweenie croulent sous les références au point qu'on peut avoir l'impression qu'elles comblent un certain vide narratif. C'est particulièrement le cas lors de la fête en l'honneur de la Nouvelle Hollande où les expériences des élèves tournent mal. Le spectacle est magnifique et tout le beau monde est réuni : les gremlins, le monstre Gamera (la tortue) qui fait nécessairement penser à Godzilla, la momie.

Frankenweenie

La bourgade de New Holland ressemble à Burbank, la ville natale de Burton que le réalisateur a déjà dépeint dans nombreux de ses films : Edward aux mains d'argent et etc ... Cependant, le nom "New Holland" semble dépasser le stade de la petite ville américaine ennuyeuse où il ne se passe jamais rien. "New Holland" fait nécessairement penser à New England (la Nouvelle-Angleterre), la région géographique où ont débarqué les premiers colons anglais afin de créer une nouvelle société basée sur les pratiques puritaines. Cette référence est, à mon sens, clairement mise en relief lorsque Elsa célèbre la ville. Cette référence au puritanisme associée aux lettres "New Holland" écrites sur une colline et rappelant clairement Hollywood trônant sur les collines de Los Angeles sont-elles un moyen pour Burton de montrer que le cinéma hollywoodien actuel est trop conventionnel, trop convenu ?

Frankenweenie

Frankenweenie est un agréable divertissement grâce auquel l'on retrouve un peu du Tim Burton de ses grandes heures. En revanche, il est dommage que le réalisateur ne soit pas allé au fond des choses ou n'ait pas pu aller au fond des choses, en signant une fin convenue et à mille lieux de l'univers burtonien. Quel diable donc a poussé le réalisateur à ressusciter Sparky à la fin du film ? La morale destinée aux enfants, accepter la mort d'un être proche, en pâti complètement.

Erin

 
 
 

Photos du film :