Réalisé par : Alejandro González Iñárritu
Avec : Javier Bardem, Maricel Álvarez, Guillermo Estrella, Eduard Fernández, Cheikh Ndiaye, Diaryatou Daff, Cheng Tai Shen
Sur un scénario de : Alejandro González Iñárritu avec une musique de : Gustavo Santaolalla
Genre : Drame
Film Mexicain réalisé en 2010

 

 

Synopsis du film :
C’est l’histoire d’un homme en chute libre. Sensible aux esprits, Uxbal, père de deux enfants, sent que la mort rôde. Confronté à un quotidien corrompu et à un destin contraire, il se bat pour pardonner, pour aimer, pour toujours…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Uxbal est pris en pleine tempête qui est en train de balayer toute sa vie. C'est pour cette raison que l'idée de tempête est véhiculée tout au long du film par le biais d'images.
Uxbal, atteint d'un cancer qui va le tuer d'un moment à l'autre, survit comme il peut en exploitant des immigrés clandestins.

Biutiful est un film ambigu, qui choisit souvent de ne pas prendre position. Uxbal exploite des clandestins mais le réalisateur nous fait comprendre que le personnage est quand même un gentil. Uxbal exploite des clandestins qui vivent dans des conditions misérables mais sa mauvaise conscience le pousse à aller leur acheter des chauffages, pas aux normes qui finalement les tueront.

Biutiful

Se sachant condamné, Uxbal se bat principalement pour préserver l'avenir de ses enfants. Il va même jusqu'à tenter de se rapprocher de Marambra, la mère bipolaire de ses enfants. Irresponsable et ayant un goût très prononcé pour la fête, Uxbal réalise qu'il ne peut pas confier ses enfants à leur propre mère. C'est finalement une africaine à qui Uxbal a prêté son appartement qui s'occupera d'eux. L'avenir de Matéo et d'Ana semble pourtant bien sombre. Leur père a payé le loyer de l'appartement pour plusieurs mois, mais comment Ige, cette femme clandestine pourra subvenir à ses besoins et à ceux de trois enfants ? Le film a donc un goût d'inachevé.

Les catastrophes s'enchaînent jusqu'au générique final du film, et elles sont tellement nombreuses qu'elles mènent à une overdose de mélancolie.
L'accumulation des drames : la maladie mortelle de Uxbal et sa dégradation physique, la femme déséquilibrée de Uxbal qui est incapable de s'occuper de ses enfants, le sort de ces immigrés clandestins renvoyés dans leur pays ou de ceux restés dans des caves qui finiront par mourir, la culpabilité de Uxbal qui exploite des clandestins et etc ... ne permet pas de délivrer l'émotion que devrait provoquer la mort programmée de Uxbal.

Biutiful

Barcelone est tellement décrit comme une ville sordide, que cela ne paraît plus crédible. Quasiment toutes les villes du monde ont leurs quartiers sombres et sordides. En revanche, toute la ville n'est pas si sombre . Et Las Ramblas, qui se trouvent dans le centre de Barcelone ne font pas partie des quartiers difficiles de Barcelone. Alors certes, des immigrés clandestins y vendent leurs objets mais pourquoi gâcher la belle image que la plupart des gens ont de Barcelone ? Tout le monde sait que chaque ville a son lot de misère.

En dépit de l'aspect social de son film, Inarritu qui a dédié son film à son père, s'intéresse ici à la paternité et tout particulièrement à la paternité inachevée. Uxbal n'a pas connu son père, et les enfants d'Uxbal ne connaîtront malheureusement pas leur père durant toute leur enfance.
La rencontre finale entre Uxbal et son père est quand même émouvante dans le sens où deux êtres qui auraient du se connaître ont été séparés et se rencontrent enfin même si c'est dans la mort.

Le film n'accorde aucune chance à l'espoir et ce trop-plein de pessimisme et de noirceur ne semble pas vraiment réaliste, car tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir non ?
La noirceur du film est profondément déprimante dans le sens où Inarritu met presque en avant que la vie est un long moment en suspend et que la mort n'est pas une fin en soi mais peut être le moment où tout commence.

Biutiful

Javier Bardem, primé à Cannes pour son interprétation est pourtant impeccable et apporte beaucoup à son personnage. Déterminé et investi dans son rôle Javier Bardem fait de Uxbal et de ses ambiguïtés un personnage fort. Javier Bardem porte véritablement le film sur ses épaules.
Inarritu explore beaucoup de sujets mais reste en surface : problèmes sociaux (les clandestins), la paternité inachevée, la mort qui arrive trop tôt, et etc ...
L'on peut même qualifier le film de lourdingue tant Inarritu surcharge son film d'effets dramatiques, d'effets de style et de thèmes abordés mais pas traités en profondeur.

Uxbal a le don de pouvoir parler aux morts et il s'en sert pour arrondir ses fins de mois. Quelqu'un lui dira qu'il ne faut pas faire payer les familles endeuillées pour qu'elles connaissent les dernières paroles de leur proche. On le traitera même de charlatan.
C'est pour cela que l'on peut se demander si le cancer de Uxbal n'est pas une sorte de punition divine.
Uxbal d'abord présenté comme un homme ordinaire, n'appréhende pourtant ni la vie ni la mort de manière ordinaire.
Tous les maux du monde semblent se regrouper en Uxbal et cela ne semble ni probable ni imaginable.
Inarritu présente son film avec une certaine prétention et il n'est pas agréable pour le spectateur de sentir autant de dédain.

Biutiful

Le réalisateur s'engouffre dans des clichés : les chinois homosexuels, la femme nymphomane et autodestructrice, les enfants malheureux et victimes, la dignité improbable de Uxbal et etc ...
La scène dans la boîte de nuit, par exemple, est aussi désagréable qu'inutile. A part voir Uxbal ex drogué se shooter et avouer sa mort prochaine dans le brouhaha, cette longue scène ne mène à rien. Les plans sur les fourmis qui rentrent par la fenêtre ne semblent pas avoir de réel intérêt.

Inarritu démontre tout de même un réel talent pour la mise en scène : de nombreuses scènes se font écho, la scène finale est aussi l'introduction du film, la symbolique (la lumière, les papillons) et etc ...

Les papillons noirs collés au plafond représentent des âmes en peine cherchant le repos, un peu comme Uxbal qui ne trouvera la paix que dans la mort.

Inarritu part pourtant d'un bon sujet mais s'égare au contact des personnages et des situations toutes aussi tragiques les unes que les autres . Dommage !

Erin

Critique :

Ce nouveau film de Alejandro Gonzalez Inarritu, réalisateur d'Amours chiennes, 21 Grammes et de Babel, a fait pas mal de bruits lors du dernier festival de Cannes. Certains le voyaient gagner la Palme d'Or mais finalement, le jury présidé par Tim Burton le récompensera du prix d'interprétation masculine pour Javier Bardem. Alors finalement, ça donne quoi ce fameux Biutiful ?

Ben, j'ai envie de dire, beaucoup de bruits pour pas grand-chose. J'ai vu à la télé que des journalistes étaient en larmes, en clamant que c'était "biutiful" (wow les jeux de mots qu'on peut faire !), que c'était magnifique etc... C'est vrai qu'il y a quelques moments qui sont touchants mais j'ai pas trouvé que c'était "bouleversant".

J'ai toujours trouvé le réalisateur assez lourdingue. J'ai bien apprécié 21 grammes et j'ai détesté Babel et ces deux films avaient quelques points en commun : émotion trop forcée à mon goût et surtout montage à mon avis pas du tout maitrisé, afin de cacher des lacunes.  

Ce Biutiful est moins pire que Babel, je ne dis pas que je me suis réconciliée avec le réalisateur mais c'est déjà ça. Inarritu laisse son montage décomposé et préfère faire un film linéaire, et c'est pas plus mal. Mais le problème c'est que le scénario ressemble un peu à du grand n'importe quoi, comme ses anciens montages en fait. Ca se confirme bien ce que je disais : ses anciens montages cachaient en fait pas mal de défauts, et là dans ce film, pas mal de défauts en ressortent. Lourdingue, vraiment l'adjectif qui peut qualifier l'ensemble de ce long-métrage. Inarritu veut parler de tout et en fait au final ce film a l'air de parler de rien et c'est quand même gênant. Un coup il nous montre des immigrés chinois et africains, après il nous montre Bardem qui apprend qu'il souffre d'un cancer, puis hop, on voit l'ex-femme bipolaire de Bardem... Tout parait inachevé, complètement inabouti. A force parler de tout et n'importe quoi, ce Biutiful a fini par m'ennuyer. Il faut préciser qu'en plus le film dure presque 2h20, Inarritu avait largement le temps de soigner un peu plus le scénario, là, on a toujours l'impression que le film se met constamment en place.

Biutiful

La meilleure partie du film, c'est quand Inarritu se concentre sur Bardem et son combat contre la maladie. Il se concentre sur un seul truc et il oublie un peu les autres éléments qui paraissent au final vraiment inutiles. Et d'ailleurs uniquement à ce moment-là où il y a un peu d'émotions. Malheureusement, quand Inarritu se rend compte un peu de ses erreurs, c'est trop tard pour rattraper le désastre. J'ajoute aussi que le réalisateur ne peut vraiment pas s'empêcher de mettre une scène dans une boite de nuit et qu'est-ce qu'elle est looongue !  

Pas tout est horrible dans ce Biutiful (malheureusement, les points positifs ne vont pas me permettre d'apprécier ce film). Je me dis vraiment que c'est dommage qu'Inarritu parle de l'immigration sans aller plus loin. Je ne dis pas qu'il doit se prendre pour Ken Loach mais à la base, c'était quand même intéressant de montrer ce visage de Barcelone qu'on essaie d'ignorer. De plus, Javier Bardem livre une excellente performance. Il est très juste, et contrairement au film, il n'est jamais lourdingue.

Tinalakiller

 
 
 

Photos du film :