Réalisé par : Walter Salles
Avec : Sam Riley, Tom Sturridge, Alice Braga, Terrence Howard, Elisabeth Moss, Garrett Hedlund, Steve Buscemi, Viggo Mortensen, Kirsten Dunst, Amy Adams, Kristen Stewart
Sur un scénario de : Jose Rivera avec une musique de : Gustavo Santaolalla
Genre : Road Movie
Film Américain réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l'entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d'eux-mêmes.

 
 

Analyse de film :

Critique :

En plus d'être une coquille vide, Sur la route est une longue et lente agonie. Walter Salles réussit tout de même la prouesse de signer un soi-disant road-movie sans montrer la route !

Sur la route passe complètement à côté de son sujet. Enchaînant les scènes, le film ne traite finalement d'aucun sujet.

Sur la route

En effet, le film se concentre essentiellement sur les rencontres entre les personnages. Les personnages se rencontrent, fument des pétards, boivent à ne plus en pouvoir et baisent bestialement une fois, deux fois, trois fois ... quinze fois. Particulièrement répétitif, le film est d'un ennui mortel.

Au début du film, la voix-off reprend mot pour mot Jack Kerouac en disant que les personnages brûlent comme des torches. Walter Salles a beau conservé le motif de l'incandescence grâce aux cigarettes, il ne parvient jamais à montrer une jeunesse en train de s'autodétruire, de se consumer à petit feu. En effet, le réalisateur se concentre essentiellement sur des scènes montrant les personnages en pleine scène de défonce. Pour lui, l'autodestruction ne semble passer que par la drogue. Il n'inclut jamais la réflexion de ces jeunes sur cette période d'après-guerre qui laisse un goût amer à cette jeunesse dépitée, perdue et qui ne sait où aller mais qui y va quand même. Ce qui détruit ces jeunes, ce n'est pas seulement la drogue et l'alcool, c'est avant tout cette désillusion et ce sentiment d'inexistence. Pire, le réalisateur ne prend même pas la peine de contextualiser le récit comme si la fin des années 40 et le début des années 1950 allaient de soi pour le spectateur lambda.

Sur la route

La route est utilisée comme un connecteur entre les scènes mais n'est jamais véritablement traité comme un sujet sérieux. Ainsi, la route n'apparaît jamais comme un moyen pour les personnages de faire un voyage initiatique qui les amène à réfléchir sur la vie et leur génération. En dépit du mouvement qu'entraîne nécessairement la route, le film est plongé dans un état de léthargie avancé. N'étant pas traité, le thème de la route ne permet donc pas d'aborder un thème plus large mais essentiel pour un film comme Sur la route : l'Amérique.

Sur la route

Autre problème majeur du film : la manière dont le réalisateur traite le thème de l'admiration.

Tout d'abord, le personnage de Dean Moriarty incarné par Garrett Hedlund n'est pas aussi charismatique qu'il est censé l'être, ce qui nous mène parfois à l'incompréhension totale. Pourquoi tous ces personnages sont fascinés par le charisme de Dean alors que ce charisme ne transparait pas clairement à l'écran ? Enfin, Sal se dit être fasciné par les fous, ceux qui ont la fureur de vivre mais Dean et ses amis ne remplissent pas ces critères. Il n'y a rien de génial qui émane de ces personnages. La folie n'est pas traitée et quand bien même c'est le cas elle est mal traitée et on a l'impression que les personnages font des folies pour faire des folies.

Sur la route

Et pour finir, alors que Jack Kerouac était l'un des maîtres de la Beat Generation, on aurait donc légitimement pu s'attendre à ce que ce mouvement littéraire auquel ont appartenu Allen Ginsberg et William Burroughs soit abordé. Le film n'y fait jamais référence. Il n'utilise même pas la musique jazz ,pourtant présente dans le film, comme une caractéristique de ce mouvement. Il ne fait pas non plus référence à l'époque, ce qui est très préjudiciable dans le sens où l'on comprend ce mouvement par rapport à son contexte historique : la seconde guerre mondiale, la bombe atomique deux éléments qui ont crée un fort sentiment d'aliénation à l'époque. La rébellion des personnages contre l'intellectualisme, le matérialisme et la société est trop timide. C'est également le cas de l'introspection.

Erin

 
 
 

Photos du film :