Réalisé par : Pil-Sung Yim
Avec : Kang-ho Song, Ji-tae Yu, Hee-soon Park, Je-mun Yun, Duek-mun Choi
Sur un scénario de : Joon-ho Bong avec une musique de : Kenji Kawai
Genre : Fantastique
Film Coréen réalisé en 2005

 

 

Synopsis du film :
Une équipe coréenne décide d'atteindre l'endroit le plus reculé de l'Antarctique. En marchant dans la neige immuable, ils trouvent le journal de bord d'une expédition anglaise menée quatre-vingt ans auparavant et dès lors, d'étranges événements se produisent.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Antarctic Journal est un film hybride qui mélange les genres. Mi fantastique, mi-horrifique, le premier film de Im Pil-seong installe une ambiance troublante dès les premières minutes.

Antarctic Journal

Lorsque les scientifiques trouvent le journal écrit par l'équipe britannique, l'ambiance change considérablement au sein de l'équipe coréenne. L'intervention de cet élément : la trouvaille du journal ne peut pas être anodine. Ce journal a une réelle influence sur le comportement des membres de l'équipe.
A plusieurs reprises, l'on parle de virus. Mais cette thèse est rapidement mise à mal. Aucun virus ne peut survivre à ces températures glaciales. N'est-il pas possible qu'un virus encore inconnu soit libéré en même temps que le journal et influe sur l'équipe ? En effet, peu après la découverte du journal, un membre de l'équipe tombe malade et se perd dans l'immensité blanche du pôle sud et meurt.
Une bagarre qui sera fatale à l'un des membres de l'équipe éclate quelques temps après. Est ce que celui qui a provoqué la bagarre a pu agir sous l'influence d'un virus ? Possible.
Cependant, à plusieurs reprises, les fantômes de l'équipe britannique semblent intervenir et agir sur les comportements des membres de l'équipe coréenne.
Ces apparitions fantomatiques sont elles réelles ? L'on ne peut pas le savoir. Tout ce que l'on sait c'est qu'elles ont une influence sur le comportements des coréens. Pourtant, un bras blanc surgit de la glace, un œil apparaît dans la glace, la crevasse dans laquelle tombe l'un des membres de l'équipe semble habitée et etc .. semblent bien réels.
La thèse de la malédiction s'abattant sur l'équipe coréenne au moment où elle ouvre le journal est aussi probable.
L'on peut en effet imaginer qu'après la découverte du journal et à cause de la peur et des conditions, que les membres de l'équipe soient en proie à des délires et à des hallucinations.
Le danger peut-il alors être la folie qui peut naître chez n'importe qui dans des situations extrêmes et douloureuses ? Ainsi, le danger qui guette cette expédition n'est il pas les hommes eux mêmes qui la composent ?
Même si l'on considère que des fantômes interviennent, ce sont bien les tensions et les faiblesses psychologiques des membres de l'expédition qui les mènent à leur perte.

Antarctic Journal

L'un des fantômes est bien réel. Il s'agit de celui du fils décédé du capitaine.
La folie du capitaine interprété par le formidable Song Kang-ho, est évidente.
En proie à la culpabilité et aux remords, le capitaine n'a qu'une idée en tête : atteindre le pôle d'inaccessibilité, c'est à dire atteindre un objectif difficile qu'il s'était fixé.
Atteindre ce pôle qui se trouve au fin fond du monde, c'est peut être une manière pour ce capitaine profondément blessé par la mort de son fils, de se retirer du monde.
L'expédition coréenne ne semble pas être seule à évoluer sur la glace.
L'on remarque de nombreuses scènes sont vues par quelqu'un ou quelque chose qui ne fait pas partie de l'expédition.
Au début du film, un œil apparemment non-humain apparaît dans la glace comme si la glace sur laquelle marche l'expédition était habitée par des créatures inconnues.
Défaut majeur ou force majeure du film, le réalisateur ne répond à aucune de ces interrogations et laisse aux spectateurs la possibilité d'expliquer ce que vit l'expédition comme ils l'entendent.

Antarctic Journal

Les personnages sont tous très travaillés et les personnalités se dessinent rapidement. C'est l'une des qualités de ce long-métrage. Il est en effet assez rare de voir des personnages consistants dans des films mettant en scène l'horreur ou le fantastique.
Le personnage du capitaine se détache cependant du lot. Insensible à la douleur de ses co-équipiers, mais rongé par sa propre douleur, le capitaine Choi apparaît à la fois comme un monstre et comme un homme détruit, pour qui plus rien n'importe.
L'on peut établir un parallèle entre le journal et le capitaine Choi. Le journal représente le passé tout comme le capitaine qui vit dans le passé.
Ainsi, les fantômes de l'équipe britannique semblent surgir du journal au moment où l'équipe coréenne le trouve, tout comme le fantôme du fils de Choi apparaît.
L'ambiance oppressante est en partie due à l'immensité blanche et au silence régnant dans ce continent hostile. Chaque bruit est vécu comme une menace pour les personnages et donne froid dans le dos aux spectateurs.
L'atmosphère angoissante et mystérieuse est renforcée par la musique de Kawai Kenji.
Enfin, l'on retient la beauté des paysages immaculés néo-zélandais.
Malgré l'immensité des étendues blanches, les personnages semblent prisonniers de ce continent glacial, hanté et maudit, comme dans un huit-clos.
L'on apprécie le contraste entre la blancheur qui rappelle le calme, la quiétude et l'horreur sanglante même qui s'y déroule. Élément intéressant : la couleur blanche est en Asie la couleur du deuil. Ainsi, les étendues immaculées peuvent être perçues comme l'immensité du néant et de la mort.

Erin

 
 
 

Photos du film :