Réalisé par : John Hillcoat
Avec : Tom Hardy, Shia LaBeouf, Jason Clarke, Guy Pearce, Jessica Chastain, Mia Wasikowska, Gary Oldman
Sur un scénario de : Nick Cave avec une musique de : Nick Cave et Warren Ellis
Genre : Criminel
Film Américain réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
1931. Au cœur de l'Amérique en pleine Prohibition, dans le comté de Franklin en Virginie, état célèbre pour sa production d'alcool de contrebande, les trois frères Bondurant sont des trafiquants notoires : Jack, le plus jeune, ambitieux et impulsif, veut transformer la petite affaire familiale en trafic d'envergure. Il rêve de beaux costumes, d'armes, et espère impressionner la sublime Bertha… Howard, le cadet, est le bagarreur de la famille. Loyal, son bon sens se dissout régulièrement dans l'alcool qu'il ne sait pas refuser… Forrest, l'aîné, fait figure de chef et reste déterminé à protéger sa famille des nouvelles règles qu'impose un nouveau monde économique. Lorsque Maggie débarque fuyant Chicago, il la prend aussi sous sa protection. Seuls contre une police corrompue, une justice arbitraire et des gangsters rivaux, les trois frères écrivent leur légende : une lutte pour rester sur leur propre chemin, au cours de la première grande ruée vers l'or du crime.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Lawless, sans loi, voilà titre qui correspond bien au festival de violences qui va rythmer le film. D'un côté, il y a les frères Bondurant : Forrest, Howard et Jack, des durs à cuire qui croient à leur légende d'indestructibilité, et qui se font pas mal d'argent avec le trafic d'alcool à l'époque de la Prohibition. De l'autre, il y a les représentants de la loi et en particulier un certain Charlie Rakes. Dans ce petit jeu du chat et de la souris, les deux camps utilisent les méthodes fortes et ne semblent avoir aucune limite. Ainsi, les frères Bondurant, sûrs de leur soi-disant supériorité refusent de se plier aux ordres de Charlie Rakes. Les autorités locales sont corrompues et Charlie Rakes se révèle être un monstre gominé. Obsédé par les frères Bondurant et leur indestructibilité, son orgueil causera sa perte. Bref, à l'époque de la Prohibition, la loi n'est plus qu'un mot dénué de sens. Même Bertha Minnix, la fille du pasteur passera outre la loi paternelle pour fréquenter Jack Bondurant, une petite frappe en puissance.

Des hommes sans loi

Le film explore la relation entre le comté et le gouvernement. Cela est d'autant plus flagrant lorsque débarque Charlie Rakes qui croit pouvoir faire régner les lois fédérales dans cette campagne corrompue. En ce sens, le réalisateur australien capture un aspect de l'histoire américaine.

Des hommes sans loi

L'angle pour lequel John Hillcoat a opté est particulièrement intéressant dans le sens où il traite de la période de la prohibition, relativement bien connue des spectateurs, mais cette fois-ci à la campagne, là où l'alcool est fabriqué. Au final, l'on est plongé dans le cœur de la prohibition sans pour autant voir des gangs de Chicago et des Al Capone. Cela permet aux spectateurs d'être à nouveau surpris par un genre un peu épuisé et peu renouvelé. John Hillcoat livre au final un très beau film sur l'impact de la prohibition dans les zones rurales américaines. Le personnage de Maggie permet de faire le lien avec la ville et notamment celle de Chicago, fief d'un certain Al Capone. En effet, la jeune femme a quitté la ville devenue trop dangereuse pour la campagne, là où elle ne pensait pas retrouver les mêmes problèmes liés au trafic d'alcool. Peut-on deviner un commentaire de John Hillcoat sur la période ? A la fin du film, le réalisateur insiste lourdement sur le retour à une vie normale des trois frères. Ce retour correspond à la fin de la prohibition. Ainsi, est-ce la période qui a fait de la plupart des personnes des hors la loi potentiels ou est-ce les populations qui ont fait cette période de l'histoire ? Le film d'Hillcoat a tendance à pencher pour la première solution. Durant cette courte période, une sorte de chaos régnait comme si tout était devenu permis au nom du trafic d'alcool. Une fois l'interdiction levée, le calme est revenu. L'on peut donc penser que c'est bien la période qui a influencé le comportement des gens et non le contraire.

Des hommes sans loi

La dernière scène du film est particulièrement décevante car elle tranche trop avec le reste du film relativement violent et direct. Cette dernière scène accumule tous les clichés sur la famille américaine et le traditionnel happy end américain. Terminer un film sur une touche aussi négative dessert complètement le film. Et c'est franchement dommage étant donné de la qualité globale du film.

Des hommes sans loi

Shia LaBeouf trouve là un rôle le révélant en tant que véritable espoir du cinéma américain.
Tom Hardy confirme l'étendue de son talent qui n'est plus à confirmer tant l'acteur est toujours impeccable dans ses rôles.
Guy Pearce est également parfait en salopard intégral. Affublé d’un look aussi improbable qu’inquiétant, Pearce rappelle à quel point il est bon. trop souvent oublié !
Un superbe casting renforcé aussi par les présences féminines (réflexion sur la condition féminine)

Erin

 
 
 

Photos du film :