Réalisé par : Goro Miyazaki
Avec : Masami Nagasawa, Junichi Okada
Sur un scénario de : Hayao Miyazaki et Keiko Niwa avec une musique de : Satoshi Takebe
Genre : Animation
Film Japonais réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d'une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l'horizon. Au lycée, quelqu'un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C'est peut-être l'intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu'Umi n'a pas manqué de remarquer... Attirés l'un par l'autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d'activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu'à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d'un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l'aube d'une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d'amitié, d'amour et d'espoir.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Inspiré par le shojo (manga pour jeunes filles) de Chizuru Takahashi et Tetsuro Sayama, La colline aux coquelicots est le deuxième film de Goro Miyazaki, fils de Hayao Miyazaki le maître incontesté de l'animation japonaise et qui a signé le scénario de ce film.
La colline aux coquelicots est indissociable du contexte historique. L'action se passe en 1963, un an avant les Jeux Olympiques de Tokyo et le Japon dévasté après la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre de Corée est en plein développement économique.

La colline aux coquelicots

Il faut reconnaître que l'histoire d'amour entre Umi et Shun est très basique. Elle n'en est pas moins efficace. Pourquoi toujours être compliqué ? La simplicité a du bon. Cette simplicité permet d'amplifier les sentiments sincères qu'éprouvent les deux jeunes amoureux. Lorsque l'on soupçonne que Umi et Shun puissent être frère et sœur, l'on ne peut être que déchiré par ce soupçon qui heureusement se révèlera faux à la fin du film.

L'importance du contexte historique mène les personnages comme les spectateurs à réfléchir sur l'incidence du passé sur le quotidien, ici magnifié par Goro Miyazaki.  « Détruire l’ancien, c’est faire disparaître la mémoire du passé, c’est ignorer le souvenir de ceux qui ont vécu avant nous. » : cette phrase résonne tristement lorsque l'on apprend que le Quartier Latin, qui fait directement référence à son homonyme parisien doit être détruit. En détruisant cet immeuble, ce n'est pas seulement des murs qui vont s'écrouler mais tout un patrimoine et la mémoire des évènements passés. Doit-on oublier le passé pour avancer ? Doit-on surmonter le passé pour avancer ? Pour Goro Miyazaki, le choix est fait : « Vous n’aurez pas d’avenir si vous reniez le passé ! » s'écrit l'un des personnages.
Le passé est un fantôme qui plane sur les personnages. Comme nous l'avons dit, Umi et Shun doivent faire face à leur histoire familiale pour pouvoir vivre pleinement leur amour naissant mais aussi pour pouvoir bâtir leur future vie d'adulte sur des bases solides. Le personnage d'Umi vit en quelque sorte dans le passé puisqu'elle s'efforce chaque jour de dresser le drapeau grâce auquel elle communiquait avec son père marin comme s'il allait revenir d'un jour à l'autre après toutes ces années. Le passé se tient là chaque matin. Il est donc clair que le passé ne doit pas être ignoré mais accepté.

La colline aux coquelicots

Se situant dans les années 1960, le film a tendance à séparer les hommes des femmes. Ainsi, le quartier latin est principalement occupé par des garçons alors que la pension où vit Umi est majoritairement habitée par des femmes qui accordent une certaine importance à la cuisine et à l'entretien de la maison. Cet élément doit-il être compris comme faisant partie de la réflexion sur une époque en plein changement ?

Même si La colline aux coquelicots s'attarde beaucoup sur le quotidien des différents personnages, l'on est complètement transporté par la sublime musique que l'on entend tout au long du film. Il y a dans cette musique quelque chose de poétique qui ne peut être de notre monde.

La colline aux coquelicots

Enfin, le film a beau être basé sur un manga, nous pouvons nous interroger sur la signification des coquelicots omniprésents dans le film. Le coquelicot est une fleur qui pousse à peu près partout et qui est très fragile. Cette fragilité, on peut la ressentir tout au long du film à travers les deux personnages principaux. Leur relation amoureuse ne tient qu'à un fil jusqu'au jour où la vérité les délivre des pires doutes. Dans le langage des fleurs, le coquelicot est associé à la consolation, à la tranquillité et à l'ardeur fragile. L'on comprend l'image de la consolation pour Umi qui vient dans l'espoir. L'on comprend aussi la tranquillité que cette fleur inspire lorsque l'on arrive devant la pension. L'on comprend également l'ardeur fragile que l'on pourrait appliquer aux deux protagonistes. Leur jeunesse fragile contraste avec leur détermination.

Avec La Colline aux coquelicots, Goro Miyazaki a réussi à prouver qu'il est le digne héritier de son père.

Erin

 
 
 

Photos du film :