Réalisé par : Otto Preminger
Avec : Gene Tierney, Dana Andrews, Clifton Webb, Vincent Price, Judith Anderson
Sur un scénario de : Jay Dratler, Samuel Hoffenstein et Elizabeth Reinhardt avec une musique de : David Raksin
Genre : Film noir
Film Américain réalisé en 1944

 

 

Synopsis du film :
Qui a tué Laura Hunt, une ravissante jeune femme qui doit une partie de sa notoriété au chroniqueur Waldo Lydecker ? L'inspecteur Mark McPherson mène l'enquête et interroge notamment Lydecker, qui considère Laura non seulement comme sa création, mais aussi comme un être lui appartenant.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Laura d'Otto Preminger mélange habilement le drame passionnel et le film policier. Tiré d'un roman de Vera Caspary, Laura est le film noir par excellence.

L'intrigue tourne donc autour de la mort de Laura. L'originalité du film de Preminger c'est de nous présenter une personne morte. Ainsi, par la biais de l'enquête, l'on va apprendre à connaître cette jeune femme à la beauté fascinante. En effet, nous faisons connaissance avec Laura grâce un tableau où son visage sera fixé pour l'éternité. En nous présentant de cette manière Laura, Otto Preminger crée une image quasi fantomatique de son héroine. Otto Preminger va jusqu'à faire dire à Laura : "Je ne suis pas un fantôme". Ainsi, Laura est aussi présente lorsqu'elle apparaît à l'écran que lorsqu'elle n'y est pas. Cet aspect fantomatique du film apparaît comme un choix délibéré puisque le film s'ouvre sur "I shall never forget the week-end Laura died" prononcée par Waldo Lydecker, personnage qui décède lors du récit qu'il raconte.

Laura

Dans Laura, l'on retrouve le motif d'Eros et Thanatos. En effet, l'inspecteur Mark McPherson tombe amoureux de l'image de Laura qu'il pense morte. La mort et l'amour n'ont jamais été aussi liés. De plus, Waldo Lydecker et Shelby Carpenter aiment toujours Laura même après sa mort.

Le personnage de Laura est l'un des points forts du film notamment grâce à l'interprétation exceptionnelle de Gene Tierney. Laura apparaît comme une femme moderne (elle travaille dans la publicité, elle est donc indépendante), comme une femme fatale dont personne ne peut toucher le cœur. A ce propos, Otto Preminger déclarait :"Ce qui m'intéressait, c'était de révéler au travers de cette histoire située dans un milieu, disons décadent, l'impossibilité de cerner une femme et le mystère qui s'attache à elle." Il a bien réussi.

Laura

Plus que l'enquête même, ce sont les relations entre les protagonistes qui sont intéressantes. Waldo Lydecker apparaît comme une figure paternelle dans la vie de Laura. Pourtant, ce dernier semble avoir du désir amoureux pour la femme qu'il a façonné. Sorte de Pygmalion, il est possessif et ne souhaite pas voir sa créature partir dans les bras d'un autre homme. Cette passion est si destructrice qu'elle pousse Waldo à tenter à deux reprises d'assassiner Laura. Grâce à ce personnage, le film retrouve le thème de l'image adorée. En effet, Waldo semble davantage amoureux de l'image qu'il a crée de Laura que de Laura elle-même. Dans ce sens, Laura est un film sur l'amour égoïste. Qu'il s'agisse de Waldo Lydecker qui aime une image de Shelby Carpenter qui aime le confort de la situation financière de Laura ou encore de Laura elle-même, aucun des personnages n'aime l'autre pour ce qu'il est.

Laura

Otto Preminger utilise une structure en flash-backs, une voix-off ainsi que des plans-séquences pour livrer un film d'une beauté esthétique extraordinaire qui sert parfaitement le jeu sur les apparences inhérent au film.

Erin

 
 
 

Photos du film :