Réalisé par : Jaume Balaguero
Avec : Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan, Petra Martínez
Sur un scénario de : Alberto Marini avec une musique de : Lucas Vidal
Genre : Thriller
Film Espagnol réalisé en 2011

 

 

Synopsis du film :
César est un gardien d'immeuble toujours disponible, efficace et discret. Disponible pour s'immiscer dans la vie des habitants jusqu'à les connaître par cœur ; discret quand il emploie ses nuits à détruire leur bonheur ; efficace quand il s'acharne jusqu'à l'obsession sur Clara, une jeune femme insouciante et heureuse…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Après avoir fait frémir les spectateurs avec Rec, Jaume Balaguero reprend la forme du huis clos. En effet, la quasi-totalité du film se déroule dans l'immeuble et en particulier dans trois endroits : le hall d'entrée, l'appartement de Clara et la pièce où vit César le concierge. Dès le début du film, Balaguero plante le décor : César est malsain et aime faire le mal autour de lui. Petit à petit, l'on voit ce dont il est capable. Au début, il crée des désagréments à des personnes de l'immeuble (donner de la nourriture qui va rendre malade un chien, voler une montre d'une valeur sentimentale, mettre des produits dans les crèmes de beauté pour donner des boutons) mais ce n'est rien en comparaison de ce qui attend la joyeuse Clara.

Malveillance

En dehors des atrocités commises par César, ce qui est vraiment terrifiant c'est de le voir tapi dans l'ombre comme un prédateur prêt à bondir sur sa proie. Mais finalement, César est peut-être une personne destinée à vivre dans l'ombre. Son emploi de concierge ne lui permet pas vraiment de briller en société. Ayant accès à tous les recoins de l'immeuble, il sait tout de tout le monde mais personne ne sait rien de lui. Personne sauf une petite fille qui a découvert la personnalité perverse de César. Du haut de ses neuf ans, elle fait du chantage au concierge monnayant de l'argent ou des vidéos pornographiques. La jeunesse a bien changé.

La mère hospitalisée de César semble également être au courant de la nature diabolique de son fils. Même si elle ne parle pas, son regard en dit long sur ce qu'elle pense de son fils. Personnage secondaire, elle a son importance dans le sens où son regard se confond avec celui de Clara à la fin du film lorsqu'elle apprend que l'enfant qu'elle vient de mettre au monde a été engendré par César. Malveillance traite donc aussi du thème de la mère ayant conscience d'avoir enfanté un monstre. Récemment, Tilda Swinton se posait justement la question dans We need to talk about Kevin.

Malveillance

La grossesse de Clara s'apparente à un incube. En effet, lorsque César abuse d'elle la nuit, la jeune femme est inconsciente à cause du produit que le concierge lui a fait inhalé. L'incube est associé à la figure du diable.

Même si le film ne s'oriente pas sur la piste fantastique, César a tous les traits d'un démon. Dès le début du film, César explique que son seul plaisir c'est de faire le mal aux autres et de les voir souffrir. Il ne sait pas vraiment d'où cela vient. L'incube est également associé aux cauchemars que l'on fait pendant que l'on dort. Et c'est exactement le titre choisi par le réalisateur espagnol Mientras duermes, ce qui signifie en espagnol "pendant que tu dors".

L'idée de l'incube est renforcée par le fait que César harcèle anonymement Clara par le biais de lettres et de textos salaces.

Le film est dérangeant dans le sens où l'on se sent très proche de Clara et des habitants de l'immeuble. Après tout, que connaissons-nous des concierges ? Que font-ils toutes la journée, eux qui ont accès aux appartements ? Quelles seraient les conséquences si une personne dérangée avait accès à l'intimité des occupants de l'immeuble ? Que signifie faire confiance dans notre société voyeuriste ?

Malveillance

Avec Malveillance, Jaume Balaguero a pris des risques en s'attachant à suivre le point de vue de César, celui qui fait le mal. Il va jusqu'au bout de son idée en atteignant le comble de l'horreur à la fin du film. Le réalisateur a même sans doute inclus un petit commentaire social dans cette Espagne en crise. Faisant de César un redoutable manipulateur, il n'a aucun scrupule pour la femme de ménage et son fils en les accusant respectivement de mal faire leur travail et d'harcèlement sexuel. Bien que l'on ne sache rien de César, l'on se doute bien qu'il vient d'un milieu populaire et que sa vie de concierge, à qui l'on demande de tout faire, contraste fortement avec celles des petits bourgeois pour lesquels il travaille. Enfin, notons le remarquable travail sur la lumière. L'appartement de Clara est d'une luminosité incroyable alors que tous les lieux dans lesquels se rend César s'assombrissent.

Erin

 
 
 

Photos du film :