Réalisé par : Aleksandr Sokourov
Avec : Johannes Zeiler, Anton Adasinskiy, Isolda Dychauk
Sur un scénario de : Aleksandr Sokurov Marina Koreneva avec une musique de : Andrey Sigle
Genre : Drame
Film Russe réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
Alexandr Sokourov réinterprète radicalement le mythe de Faust. Faust est un penseur, un rebelle et un pionnier, mais aussi un homme anonyme fait de chair et de sang conduit par la luxure, la cupidité et les impulsions.

 
 

Analyse de film :

Critique :

Si Sokourov adapte le Faust de Goethe, on y retrouve quelques différences avec notamment l’aspect religieux en moins. En effet, on est plongé dans un univers nietzschéen « Dieux est mort ».
Il emprunte aussi des passages au Faust II de Goethe comme l’homoncule.
De nombreuses modifications sont présentes dans le scénario par rapport à l’histoire.
Ici la damnation de Faust est la conclusion du film et non le départ, le fameux pacte que le spectateur attend ne sera signé que vers la fin du film. Méphistophélès ne pervertit pas Faust mais ce dernier semble être son compère. En effet, il n’apparaît pas à Faust mais c’est celui-ci qui va à sa rencontre, Méphistophélès étant dans le film un usurier. Ce dernier s’ennuie d’ailleurs depuis que Dieux est mort. Son rôle d’usurier ne lui apportant pas autant de plaisir que dans le passé.
Pour finir, la relation entre Faust et Marguerite qui est très développé dans l’oeuvre de Goethe est très réduite dans le film.

Faust

Le film débute avec le même prologue que le Faust de Murnau, un miroir flotte dans les airs.
De suite après ce prologue on est plongé littéralement au cœur du sujet, c’est à dire l’être humain. En effet, nous sommes plongé dans les entrailles d’un corps, Faust recherchant l’endroit où se cache l’homme.
Faust est le dernier film d’une tétralogie du mal qui nous parle du pouvoir, après Moloch sur Hitler, Taurus sur Lénine et Soleil sur Hirohito. Sokourov est fasciné par l’homme, cet homme qui se détruit, qui détruit l’espèce humaine. Aux trois premiers personnages de la trilogie, Faust répond par son envie de savoir, de pouvoir absolu, cette capacité qu’a l’homme de s’autodétruire à vouloir trop de pouvoir.

Le personnage de Faust est fascinant, on est face à un homme d’une très grande sagesse qui est pourtant capable d’avoir des pensées complètement abjectes.
La relation avec Méphisto, bien que moins exploité que dans l’oeuvre de Goethe, est intéressante. C’est grâce à Méphisto que Faust arrivera à séduire Marguerite qui est un mélange de sensualité et d’innocence. Si Méphisto ne corrompt pas Faust, donnant plus l’impression d’être un compagnon, il n’en est pas moins le protagoniste de sa déchéance en provoquant le meurtre du frère de Marguerite.
Ce meurtre va entraîner la signature du pacte, Faust désirant Marguerite. Son désir deviendra réalité, il emportera dans la mort cette dernière, la plongeant dans un lac avant de connaître le plaisir charnelle avec elle.
Bien que réticent à suivre le diable en Enfer, après avoir signé le pacte de son sang, Faust terminera dans les limbes. Après avoir enseveli l’hôte de ces lieux arrivera-t-il à quitter cet endroit ?
Les remerciements de Valentin, sa victime, pour l’avoir délivré en le tuant, peuvent nous donner l’impression d’un Faust prométhéen poursuivant sa voie.

Faust

L’image de Faust de Sokourov est étonnante. On est face la majorité du temps à une image assez crasseuse faisant penser aux tableaux de Bosch mais aussi à Bruegel pour son côté grouillant. On reconnaît là, le travail du chef opérateur Bruno Delbonnel.
Par moment l’image semble déformée, donnant une impression de véritable chaos.
La scène dans la forêt, loin de ces scènes grouillant de gens et crasseuses nous transporte par sa photographie et sa poésie.
Faust restera pour sa photographie, ses décors et ses costumes un de plus beaux films jamais réalisés.

Film audacieux, Faust de Sokourov restera à coup sûr dans l’histoire du cinéma. Un chef d’oeuvre.

TitCalimero

Critique :

Il y a des films comme ça, des films à côté desquels l'on passe sans raison particulière. La plus grande déception vient sans doute du fait que le réalisateur ait voulu librement adapté le conte de Faust. Mais pourquoi donc modifier une histoire aussi universelle et efficace que celle de Faust, de cet homme qui vend son âme au diable ? Au lieu de cela, Alexandr Sokourov se perd dans un scénario aussi complexe qu'ennuyeux. En effet, l'un des gros problèmes du film c'est sa difficulté de compréhension. Les scènes s'enchainent sans lien. Les voix monotones des acteurs forment un long monologue dans lequel l'on se perd puisque l'on a parfois du mal à distinguer qui parle. Pourtant, l'histoire est simple : Faust est un homme de sciences mais un homme avant tout prêt à céder à certains de ses péchés surtout lorsqu'il rencontre Mauritius, le diable en personne.

  Faust

Pourtant, les réflexions métaphysiques de Faust sur l'âme et le sens de la vie sont intéressantes mais ont tendance à perdre le spectateur en cours de route, comme si le film était complètement replié sur lui-même ne laissant aucune place aux spectateurs. Sokourov a également introduit un élément intéressant : le personnage de Wagner, l'élève qui dépasse le maître en parvenant à créer la vie de manière scientifique comme un certain Victor Frankenstein. Mais tout reste en suspens et rien n'aboutit jamais.

Visuellement, le film est singulier mais surtout souvent désagréable à regarder. En dépit de quelques belles scènes, le film dépeint un monde laid, noir et crasseux. Tout est si poisseux que l'on en sort avec la nausée : une expérience sensorielle pour les plus optimistes. Que l'on aime ou pas, il est certain que ce Faust est un choc pour le spectateur. Qui est préparé à voir dès les premiers plans d'un film les parties génitales en décomposition en gros plan ?

Faust

Le parti pris d'adapter Faust en tant que conte c'est à dire comme une histoire détachée de la réalité est peut-être une erreur. Le film apparaît comme un cauchemar dans l'entre deux mondes. Ce manque de réalité renforcé par l'aspect très théâtral du film fait perdre une certain tension. En effet, puisque l'on sait d'emblée que ce que nous voyons ne peut pas être réel, le diable et son pouvoir de persuasion ne font tout simplement plus peur. Enfin, faire du diable un monstre physiquement reconnaissable ne me paraît pas être une bonne idée et donne, à mon sens, un aspect grotesque au film.

Ce Lion d'or 2011 est une véritable expérience visuelle mais cela ne suffit pas à sauver un film qui croule sous la confusion et le poids des dialogues difficiles et incessants. Faust n'est certainement pas le genre de film que l'on a envie de voir en salles. Intéressant d'un point de vue cinématographique, ce film est à disséquer un peu comme le docteur Faust le fait au début du film.

Erin

Critique :

J'étais plutôt curieuse de redécouvrir le célèbre mythe avec ce film russe, Lion d'or au festival de Venise, sous la présidence de Darren Aronofsky, et, pour la petite précision, dernier film de la tétralogie du réalisateur (les autres sont : "Moloch", "Taureau" et "le Soleil"). Malheureusement, j'ai très vite déchanté. Il faut dire que la première image du film (le pénis d'un mort, claaaaasse) rebute un peu sur le coup. Au début, je me suis dit que c'était rien, que j'avais juste du mal à rentrer dans le film. Sauf que je ne suis jamais rentrée dans le film. J'ai dû m'endormir facilement trois fois car j'ai trouvé le film inintéressant, on ne comprend rien, mais alors rien. Je ne savais pas du tout d'où sortaient les personnages, ni ce qui se passait. Le réalisateur a vraiment changé le mythe ! Je pense que je ne suis même pas capable de vous faire un résumé du film. J'ai vu une succession d'images sans rapport les unes des autres. Et en plus, l'image, je suis désolée, mais elle est moche, malgré pourtant des efforts sur les décors, costumes, photographie, lumière. Pourquoi est-elle autant aplatie ? Mystère ! Puis, l'ensemble du film est terriblement crade. Ensuite, faut quand même le dire, c'est vraiment pas rythmé (et sur 2h20, c'est long !). Je ne suis pas du tout fan de plans interminables sur la gueule d'une femme (la fille m'a impressionné, vraiment, rester autant de minutes sans bouger relève du miracle). A la fin, je m'en foutais tellement que je ne lisais même plus les sous-titres. Je préfère largement revoir le magnifique "Faust" de Murnau !

Tinalakiller

 
 
 

Photos du film :