Réalisé par : Pål Sletaune
Avec : Noomi Rapace, Kristoffer Joner, Vetle Qvenild Werring, Stig R. Amdam, Maria Bock, Torkil Johannes Swensen Høeg
Sur un scénario de : Pål Sletaune avec une musique de : Fernando Velázquez
Genre : Thriller
Film Norvégien réalisé en 2012

 

 

Synopsis du film :
Anna fuit son ex-mari violent, avec son fils de 8 ans, Anders. Ils emménagent à une adresse tenue secrète. Terrifiée à l'idée que son ex-mari ne les retrouve, Anna achète un babyphone pour être sûre qu'Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais d'étranges bruits, provenant d'un autre appartement viennent parasiter le babyphone. Anna croit entendre les cris d'un enfant...

 
 

Analyse de film :

Critique :

Un drame

Dès le début, le film est clairement orienté vers le drame. Ainsi, on apprend que Anna a quitté un mari violent qui a bien failli tué Anders, le fils du couple. Anna se sent rapidement oppressée par les visites des assistants sociaux. Vivant dans la peur, Anna a bien du mal à sortir de chez elle et à mener une vie normale, ce qui inclut amener son fils à l'école. Mais dans son malheur, elle rencontre Helge, un homme qui semble l'accepter telle qu'elle est. Dans cette première partie du film, la détresse d'Anna est particulièrement touchante. Le film s'intéresse alors à l'instinct trop protecteur d'une mère qui étouffe son enfant, à cet amour quasi destructeur.
L'on ressent parfaitement la peur qui l'habite, sentiment qui la pousse à acheter un babyphone. Mais dès lors c'est le drame. Au lieu de la rassurer, l'appareil va réactiver les pires cauchemars d'Anna. Interférant avec un autre appareil, Anna entend ce qui ce passe chez l'un de ses voisins et les cris d'enfant qu'elle entend lui rappelle de terribles souvenirs. Le film prend alors la tournure d'un thriller psychologique.

Babycall

Un thriller psychologique

Au fur et à mesure que le film avance, on a l'impression que Anna mélange passé et présent. Ainsi, elle suit une femme à travers les bois  et jusqu'à un lac et l'on comprendra par la suite que cette vision de bonheur familial correspond à son premier souvenir. Ce lac nous permet de comprendre que l'esprit d'Anna n'est pas en paix. Disparu dans une scène pour laisser place à un parking, il réapparait par la suite et Anna voit un homme maintenir la tête sous l'eau d'un enfant. C'est exactement ce que son ex-mari avait fait. Bref, l'on comprend que Anna ne semble pas bien discerner le passé et le présent. Le passé hante Anna au point qu'elle en ait des hallucinations. Cette perte de repère culmine dans une scène où Anna se jette à l'eau pour retrouver l'enfant noyé. Trempée, Anna a été retrouvée sur un parking en plein délire. C'est à ce moment-là que le spectateur se rend compte que le passé et le présent sont liés au point de pouvoir interférer, peut-être comme les deux babyphones. Enfin, la confusion mentale d'Anna est rendue explicite lorsque cette dernière se demande : "Qui peut décider de ce qui est vrai dans notre vie ?"

Babycall

Une dose de fantastique

Plus le film avance, plus il devient étrange. L'arrivée du copain d'Anders, un petit garçon qui n'a aucune gêne à s'inviter chez les autres, est très intrigante. Immédiatement, on se demande si ce dernier existe vraiment. Petit à petit, l'on comprend qu'une histoire de fantôme se cache derrière tout ça. Le premier indice est dévoilé lorsque l'on voit Anna prendre un café avec son fils dans un plan et où il semble, par la suite, qu'elle soit seule. Par la suite, l'attitude d'Anna envers son fils paraît étrange. Pourquoi est-il toujours enfermé dans sa chambre lorsqu'elle reçoit quelqu'un à la maison ?
Entre la confusion mentale dont souffre Anna et la dimension fantastique du film, le spectateur a bien du mal à s'y retrouver. Qu'est ce qui, dans ce que l'on vient de voir, est vrai ? Est-ce que ce que l'on a vu est bien réel ?

Babycall

Conclusion

Noomi Rapace est sans doute l'atout majeur du film. Excellente actrice, elle expose une large palette d'émotions. En l'espace de quelques secondes, Anna est une femme fragile brisée par la vie, une mère qui maltraite son enfant, une femme qui a sombré dans la folie et prête à tuer pour se défendre.
Grand Prix au Festival de Gerardmer 2012, Babycall peine à convaincre à cause de trop nombreux mystères non élucidés et menant parfois à des incompréhensions. Ainsi, nous ne saurons jamais pourquoi Helge, un homme tout à fait ordinaire, a la capacité de voir les fantômes. Cependant, le personnage de Helge est très intéressant pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il vit lui-même un drame. Sa mère est en train de mourir et le médecin lui a informé qu'il avait la possibilité de la laisser sous assistance respiratoire ou de la laisser partir. La décision de Helge sera liée à un autre élément : son passé d'enfant battu. Enfin, Helge permet d'introduire un nouveau point de vue, différent de celui d'Anna et montrant aux spectateurs que quelque chose ne va pas chez Anna.
Au final, le plus effrayant c'est sans doute ne pas savoir ce qui se passe à quelques mètres de chez nous, chez nos voisins que, la plupart du temps, nous ne connaissons pas, de ne pas se douter que des horreurs peuvent se produire juste à côté de nous. Ce qui est effrayant c'est ce que l'on ne peut pas voir. Et donc combien de personnes sont battues chaque jour sans que personne n'en sache rien ?

Erin

 
 
 

Photos du film :