Réalisé par : William Wyler
Avec : Gregory Peck, Audrey Hepburn, Eddie Albert, Hartley Power
Sur un scénario de : Ian McLellan Hunter et John Dighton avec une musique de : Georges Auric
Genre : Comédie romantique
Film Américain réalisé en 1953

 

 

Synopsis du film :
Les tendres amours, le temps d'une journée, d'une princesse fugueuse et d'un séduisant journaliste américain, dans la Ville éternelle, Rome.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Dolce Roma.

Vacances Romaines a entièrement été tourné à Rome en Italie. Certaines scènes ont été tournées dans les rues romaines tandis que d'autres ont été tournées dans les mythiques studios de la Cinecittà.
Les clichés sur l'Italie et sa douceur de vivre vont bon train et nous montrent bien que le film a été réalisé par un réalisateur américain attendri par ses souvenirs de vacances en Italie. L'on ne peut pas reprocher cette vision touristique de Rome dans le sens où c'est le reporter américain qui fait visiter la ville à Ann.
Rome ne sert pas uniquement de cadre à l'histoire. Sa présence fait d'elle le troisième personnage du film, comme le souhaitait William Wyler. Vous reconnaitrez un tas de monuments romains tous aussi beaux les uns que les autres : le palais Brancaccio, le colonne Trajane, la place Saint-Piette, le château Saint-Ange, le Colisée, la fontaine de Trévi, le Caffe Rocca sur la Piazza della Rotonda, la Bocca della Verita tout près de l’église di Santa Maria in Cosmedin. La Vespa sur laquelle la princesse Ann et le reporter américain déambulent dans les rues de Rome devient le symbole de ce vent de liberté typique des années 1950.
Même si Vacances Romaines est une comédie romantique américaine, Wyler est parvenu à créer une atmosphère all’italiana.

Vacances romaines

Dolce libertà

Dès le début du film, la jeunesse d'Ann est en désaccord avec sa condition, comme en témoigne cette scène :
Ann: I hate this nightgown. I hate all my nightgowns, and I hate all my underwear too.
Countess: My dear, you have lovely things.
Ann: But I'm not two hundred years old. Why can't I sleep in pajamas?
Countess: Pajamas!?
Ann: Just the top part. Did you know that there are people who sleep with absolutely nothing on at all?

Les scènes tournées en extérieur et notamment la scène en Vespa contrastent avec le sentiment quasi claustrophobique que la princesse se met à ressentir dans le sublime palais.

Les petites choses de la vie quotidienne deviennent les petits plaisirs de la princesse Ann car elle sait que ces plaisirs sont temporaires. Ainsi, elle est libre de se promener dans les rues de Rome, de faire une ballade en Vespa, de manger une glace, de s'acheter des chaussures qui lui plaisent et qu'elle a choisi et de se faire couper les cheveux. La scène chez le coiffeur en dit long sur l'état psychologique de Ann. Se faire couper les cheveux en revient à s'émanciper de sa condition de princesse. Couper ses cheveux c'est un peu comme couper les ponts avec le milieu dont elle vient et qui lui dicte sa conduite. Lors que la princesse Ann se fait couper les cheveux, l'idée de devenir anonyme et de se fondre dans la foule anonyme traverse l'esprit du spectateur, et peut être aussi celui d'Ann.

Vacances romaines

La révélation Audrey Hepburn

Pour son premier grand rôle au cinéma, Audrey Hepburn a obtenu l'oscar de la meilleure actrice en 1953, mais également le British Academy Awards, le New York Film Critics Circle Award et le Golden Globe Award. Véritable révélation, son partenaire Gregory Peck ne peut s'empêcher de déclarer : "La vraie vedette du film, c'est Audrey Hepburn".
Irrésistible, Audrey Hepburn marque par son jeu spontané. Ainsi, la scène de la bouche de vérité est en réalité une scène improvisée. Les réactions de l'actrice ont été gardées au montage.

Artificialité

Dès le début, Ann préfère cacher la vérité sur son identité au reporter. Le reporter est quant à lui animé de mauvaises intentions puisqu'il sait que Ann est la princesse. Il compte bien profiter de la situation pour faire un reportage inédit relatant de la fuite de la princesse hors du palais. Touché par la soif de vivre de la princesse et comprenant ce que représente cette journée pour Ann, il décide de lui rendre toutes les photographies qu'il avait prises d'elle à son insu. Ainsi, les photographies témoins des mauvaises intentions du reporter deviennent l'ultime souvenir gravé à jamais sur du papier glacé de cette journée de liberté. Pour elle, il est prêt à renoncer à un reportage de rêve qui lui permettrait aux Etats-Unis, ce pays qui lui manque tant.

Le film joue aussi sur l'ironie. Dans une scène, Joe amène Ann à la bouche de la vérité. La légende dit qu'en cas de mensonge, la main du menteur sera avalée par la bouche de la fontaine. Ann semble nerveuse à l'idée de mettre sa main dans la bouche, ce qui se comprend puisqu'elle a menti sur son identité à Joe. Joe qui sait qui elle est vraiment met sa propre main dans la bouche et fait croire à Ann que la bouche lui a avalé.

Vacances romaines

Rêves et réalité

Si la princesse Ann s'endort hors du palais en plein cœur de Rome, c'est parce qu'après avoir exprimé son exaspération, un médecin est envoyé pour lui administrer un sédatif. Toute l'histoire entre Ann et Joe commence donc après ce sommeil, un peu comme les rêves.

Toute l'émotion de Vacances Romaines réside dans cette opposition. Après avoir vu la princesse Ann s'épanouir lors de cette journée de liberté, le spectateur est déchiré de la voir retourner à sa condition de princesse devant respecter les protocoles, à cette vie qu'elle n'a pas choisi.

A la fin du film, Ann redevenue princesse avoue que Rome est sa ville préférée, ce qui est au contraire au protocole. Ces vacances romaines ont donc à tout jamais changer la princesse qui sait désormais ce que veut dire le mot liberté.

William Wyler semble refuser le happy-end dans le sens où la princesse retourne à sa condition de princesse et où le reporter ne parvient à rédiger l'article sur la princesse.

Vacances romaines

Erin

 
 
 

Photos du film :