Réalisé par : Tate Taylor
Avec : Emma Stone, Viola Davis, Bryce Dallas Howard, Octavia Spencer, Jessica Chastain, Ahna O'Reilly, Allison Janney, Sissy Spacek
Sur un scénario de : Tate Taylor avec une musique de : Thomas Newman
Genre : Drame
Film Américain réalisé en 2011

 

 

Synopsis du film :
Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l'écriture d'un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l'ordre établi, et d'affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement...

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Adapté du roman de Kathryn Stockett, La couleur des sentiments s'intéresse aux conditions des bonnes afro-américaines dans le Mississippi dans les années 1960 et à leurs relations avec leurs patronnes.
Skeeter, la jeune journaliste est un personnage en avance sur son temps. Refusant les préjugés et se moquant pas mal du qu'en-dira-t-on, elle laisse parler son cœur et pose des questions légitimes que la société elle-même devrait se poser. Ainsi, elle se demande pour quelles raisons des femmes font élever leurs enfants par des bonnes afro-américaines mais refusent qu'elles utilisent les toilettes de la maison ? Est-ce par pur racisme ? Ou la société entretient-elle ce racisme ? Tout au long du film, l'on comprend aisément que le regard du voisinage compte pour les habitants de Jackson. Ainsi, même les non-racistes tels que la mère de Skeeter elle-même se sentent obligés d'agir en fonction des codes imposés par la société. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle a dû licencier Constantine la bonne de Skeeter. L'on comprend mieux le titre français "la couleur des sentiments". Dans cette société, c'est la couleur d'une personne qui décide quels sentiments un individu doit éprouver et comment il doit se comporter.
La pression exercée par la société se traduit également d'une autre manière. Celia Foote incarnée par la brillante Jessica Chastain est rejetée par les copines de Hilly Holbrook (Bryce Dallas Howard), la meneuse et le stéréotype même de la jeune fille bourgeoise, parce qu'elle n'est pas issue du même milieu qu'elles et que ses manières laissent parfois à désirer.

La Couleur des Sentiments

Afin que l'Amérique se rende compte que ce que vivent ces bonnes afro-américaines qui élèvent chaque jour les petits américains, Skeeter décide d'écrire un roman : La couleur des sentiments.
Elle est rapidement confrontée à des difficultés. Aucune bonne ne veut témoigner par peur de perdre son emploi, et de représailles. Suite à l'arrestation d'une bonne, de nombreuses bonnes décident de témoigner. A travers leurs témoignages, l'on découvre le quotidien de ces femmes. Maltraitées par la société, dénigrées par leurs patrons, mais aimées des enfants qu'elles élèvent, ces bonnes sont extrêmement touchantes non pas par ce qu'elles vivent mais par la manière dont elles le vivent. L'exemple qui l'illustre le mieux est Minny.
La variété des histoires racontées par les bonnes permet aux spectateurs d'être touchés différemment et en fonction de leurs sensibilités. Ainsi, certains seront touchés par l'histoire de Skeeter et Constantine, d'autres le seront davantage par celle de Minny ou d'Aibileen et etc ...

La Couleur des Sentiments

Mais La couleur des sentiments est aussi un film de femmes. Au delà de la lutte contre la Ségrégation, le personnage de Skeeter incarne la femme moderne qui tente de s'affranchir et gagner sa liberté grâce à son travail. Dans ce sens, elle est l'absolu contraire d'Hilly Holbrook et ses amies qui s'entêtent à perpétuer les traditions.

La Couleur des Sentiments

Le film est truffé de références au mouvement pour les droits civiques dans les années 1960 mené en partie par Martin Luther King. Ces références permettent de situer le film dans un contexte historique. Mais l'Histoire ne prend jamais le pas sur les histoires de ces bonnes. Ainsi, et c'est bien trop rare, le réalisateur ne pose jamais un regard actuel sur la situation. Il ne juge jamais mais relate simplement la manière dont se passaient les choses pendant la Ségrégation aux Etats-Unis. Il est même difficile de juger l'insupportable Hilly Holbrook, cette petite bourgeoise prétentieuse qui a été élevée dans un climat raciste. Le film ne dénonce pas le racisme, il s'efforce simplement de comprendre comment la société américaine des années 1960 fonctionnait.

La mise en scène est relativement classique et sobre mais notons que des efforts ont été faits sur les costumes et les décors qui permettent de recréer à merveille une ambiance très années 1960. L'humour (vous ne verrez plus jamais pareil une tarte au chocolat) comme l'émotion sont au rendez-vous, ce qui permet d'aborder avec légèreté ce thème social et racial difficile. L'un des autres points forts du film est sa fluidité. Le film passe à une vitesse folle malgré ses 2h30 ! Entre humour et émotion, le film trouve un équilibre parfait.

Erin

 
 
 

Photos du film :