Réalisé par : Nicolas Winding Refn
Avec : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Pearlman, Christina Hendricks, Albert Brooks
Sur un scénario de : Hossein Amini avec une musique de : Cliff Martinez
Genre : Thriller
Film Américain réalisé en 2011

 

 

Synopsis du film :
À Los Angeles, un jeune mécanicien taciturne effectue à l'occasion des cascades pour le cinéma et des convoyages pour la pègre. Venant d'emménager, il fait la connaissance de sa voisine Irene, dont le mari est en prison, et de son petit garçon Benicio. Son patron Shannon voudrait le voir courir des courses, et pour cela, demande l'apport de Bernie. Standard, le mari d'Irene, sort de prison en voulant racheter sa conduite, mais il est tabassé par ceux qui assuraient sa protection en prison : ils menacent de s'en prendre à Irene et Benicio s'il ne braque pas un prêteur sur gage pour rembourser les 5000 dollars qu'ils exigent. Standard demande l'aide du chauffeur, mais est tué au cours du hold-up. Le chauffeur récupère un million de dollars au lieu des 5000 et est poursuivi par une autre voiture dont il parvient à se défaire avec difficulté. Il se rend compte qu'il est engagé dans un affrontement mafieux, au milieu duquel sa vie ne vaut pas plus cher que celle d'Irene et Benicio.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Drive est sans aucun doute le film le plus surprenant de l'année. Récompensé à Cannes (prix de la mise en scène) et réalisé par le danois Nicolas Winding Refn, Drive est une bouffée d'oxygène dans la production cinématographique actuelle.

Drive

Adapté du roman de James Sallis, l'atout majeur de ce film atypique est le personnage principal interprété par un Ryan Gosling plus charismatique que jamais. Ce héros anonyme ( appelé boy "le garçon" ou le driver) semble venir d'un autre monde. Par amour pour la jolie Irene (Carey Mulligan), il est prêt à tout sacrifier y compris sa vie. Il tire principalement sa force de sa manière de communiquer. Parlant très peu, il s'exprime et s'impose grâce à sa gestuelle corporelle. Dans son jean bleu, sa veste griffée d'un scorpion doré et ses gants en cuir, il semble être deux personnes différentes le jour et la nuit. La journée, il est un cascadeur talentueux et un garagiste doué. La nuit, il semble enfin vivre lorsqu'il prend le volant pour permettre à des gangsters de prendre la fuite. Au volant, son assurance et son intelligence le rendent irrésistible. Pour aider Irene, il devient un ange exterminateur au grand cœur. Son amour et son humanité ne semblent alors n'avoir aucune limite. D'ailleurs, il n'éprouve aucune jalousie lorsque Irene retrouve son mari à sa sortie de prison. Au contraire, menacé par des gangsters, il va tout faire pour l'aider. Notons que lorsque le braquage, qui se révèle finalement être un coup monté, tourne mal, il sort finalement de sa voiture pour aider son ami à terre touché par une balle. Cet élément est intéressant parce que cela ne correspond pas au code de conduite du garçon. En effet, il répète souvent qu'il n'est là que pour cinq minutes et qu'il se contente de conduire.

La nuit, au volant de sa voiture, il brûle son énergie. Griffé d'un scorpion dans le dos, il est intéressant de s'intéresser à la symbolique de cet insecte. Dans la constellation du scorpion, le scorpion est combatif, passionné et mystérieux. Dans la mythologie égyptienne, Selkis est représentée par un scorpion. Elle a un rôle protecteur. Enfin, le symbole du scorpion est souvent utilisé dans l'armée pour symboliser des stratégies de combat. Le garçon fait cavalier seul dans son combat. Dans un sens, il rappelle Travis Bickle de Taxi Driver de Martin Scorsese de par son activité (conduire) et sa mission de sauver une femme représentant l'innocence.

Le personnage d'Irene est touchant car elle dégage beaucoup de tendresse. Elle est une sorte d'idéal. Comme l'a admis le réalisateur, il y a dans le film quelque chose relevant du conte de fées. Le personnage d'Irene incarne parfaitement la vulnérabilité de l'héroïne du conte de fées.

Drive

Il y a dans Drive une énergie incroyable qui se change parfois en violence. L'une des scènes les plus marquantes du film est sans aucun doute la scène de l'ascenseur. Tout d'abord, l'on ressent une tension entre Irene et le garçon qui s'aiment mais qui ne peuvent pas vivre cet amour. Pour détourner l'attention du tueur envoyé pour Irene, le garçon embrasse langoureusement la jeune femme avant de rouer le tueur de coups et de lui écraser la tête comme une vulgaire pastèque. Certaines scènes de violence dont l'esthétisme est à couper le souffle rappellent celle des plus grands films de Scorsese ou de certains films asiatiques tels que Old Boy de Park Chan-Wook ou encore Bittersweet life de Kim Jee-Woon.

Drive

L'autre point fort du film est la mise en scène de Nicolas Winding Refn. Comme dans Bronson ou le Guerrier silencieux, la violence est poétique et esthétisée. Les flash-forwards rejoignant la réalité permettent de raconter de manière originale le destin tout tracé du garçon qui doit faire face à des pointures de la mafia. D'une simplicité apparente et déconcertante, la musique électro-pop est incroyable. Nightcall de Kavinsky parcourt tout le film et semble définir le garçon.

I’m giving you a nightcall
to tell you how I feel.
I want to drive you through the night,
down the hills.

I’m gonna tell you something you
don’t want to hear.
I’m gonna show you where it's dark,
but have no fear.

There's something inside you,
it's hard to explain.
They’re talking about you boy,
but you still the same.
[x2]

I’m giving you a nightcall
to tell you how I feel.
I want to drive you through the night,
down the hills.

I’m gonna tell you something you
don’t want to hear.
I’m gonna show you where it's dark,
but have no fear.

There's something inside you,
it's hard to explain.
They’re talking about you boy,
but you still the same.
[x3]

Drive

Le réalisateur réussit à faire de Drive un film beau et puissant en alliant habilement images, mouvement et musique. Notons aussi que certains sont tels que le bruit du moteur ou le grincement des gants en cuir dans certaines scènes donnent de la puissance au héros et à son véhicule, seul lieu où le garçon semble exister.

Drive est peut-être bien le meilleur film de l'année. Il offre à Ryan Gosling le rôle d'une vie et révèle à un plus large public l'extraordinaire réalisateur danois sur qui il faudra désormais compter.

Erin

Critique :

Ca me fait toujours un peu peur les réalisateurs européens ou asiatiques qui tentent leur chance aux USA. Nicolas Winding Refn nous avait merveilleusement bien servi avec ses Pusher, Bronson ou encore récemment le très spécial Guerrier Silencieux. Et finalement, quelle très bonne surprise ce Drive ! On peut même dire que j'ai eu un véritable coup de coeur ! Le réalisateur a amplement mérité son prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes. En effet, sans ce petit coup de génie, ce tour de force, je ne suis pas sûre que le film aurait été aussi bon, surtout avec un sujet tout de même assez simple. Drive, adapté d'un roman de James Sallis, est un film à la fois moderne et nostalgique, en effet, il nous rappelle fortement le cinéma américain des années 1970. Le film m'a également un peu rappelé les récents thrillers coréens.

Drive

Les plans sont magnifiquement bien cadrés, le son est précis et impressionnant, la musique est superbe et bien choisie. Le film réussit habilement à mélanger scènes poétiques et scènes ultraviolentes. Ryan Gosling est fabuleux, talentueux et charismatique, et Carey Mulligan est très touchante. Les autres acteurs, comme Bryan Cranston (la star des séries tv Breaking Bad et Malcolm) ou Ron Pearlman, sont également excellents.

Tinalakiller

 
 
 

Photos du film :