Réalisé par : Silvano Agosti
Avec : Maurice Ronet, Ida Galli
Sur un scénario de : Silvano Agosti avec une musique de : Ennio Morricone
Genre : Drame
Film Italien réalisé en 1967

 

 

Synopsis du film :
Lors de sa nuit de noces, Carlo est hanté par ses souvenirs. En l'espace d'une nuit, son mariage se transforme en un tourment sans fond.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Le titre du film ainsi que certaines images font explicitement référence au tableau du même nom de Jérôme Bosch. Peint en 1503, le triptyque montre trois panneaux représentant respectivement : le jardin d'Eden, le jardin des délices et l'Enfer. Jérôme Bosch montre comment le péché s'est propagé et implanté depuis la chute d'Adam et Eve.

Le jardin des délices

Le film se concentre sur un couple qui vient de se marier. Ainsi, Carlo et Carla vont dans un hôtel pour passer leur nuit de noces. A partir de là, Carlo va entrer dans une phase de réflexion profonde sur lui, sur sa femme, sur le mariage. Bref, rien de très gai dans tout ça. Pire, dès les premières minutes du film, l'on ne sent aucun amour se dégager de ce couple récemment marié. Après d'interminables flashbacks dans l'enfance de Carlo, l'on finit par apprendre que Carla est enceinte, et qu'elle a donc cédé au péché de chair avant le mariage. Cet élément nous permet donc de mieux comprendre la situation, la raison de ce mariage est davantage la convention sociale que l'amour. Et pourtant, ils se sont aimés pendant au moins sept ans. Le problème pour Carlo réside donc dans l'institution du mariage. Et même s'il aime Carla, il préfère enlever son alliance pour coucher avec elle, comme si les liens du mariage ne les unissaient pas à tout jamais. Bref, Carlo est allergique au mariage mais l'on ne saura jamais pour quelle raison. Carlo se rappelle de souvenirs qui l'ont marqué comme son éducation religieuse, un jeu avec sa soeur et etc ... mais aucun de ses souvenirs n'éclaire vraiment la situation actuelle de Carlo. Le style contemplatif ne permet pas de comprendre pleinement ce qui se passe dans l'esprit perturbé des protagonistes.
Carlo ne supporte pas le cadre du mariage et va jusqu'à tromper sa femme enceinte. Qu'est-ce qui est le plus abject ? Ne pas supporter les liens du mariage pour des raisons sombres et inconnues ou tromper sa femme enceinte ? Il n'y pas vraiment d'hésitation à avoir. Bref, le discours de Carlo est disproportionné. La scène du mariage vue par Carlo montre Carla vêtue de noir, comme à un enterrement, comme si le mariage enterrait quelque chose. La tentation représentée par la voisine est peut-être issue de l'imagination aussi débordante que morbide de Carlo. L'on ne peut même pas être sûr que ce personnage existe vraiment.
La construction du film n'est pas linéaire, et certaines scènes comme celle des jeunes dansant sur une musique très années 1960, ne semblent sortir de nulle part. Et pourtant, on comprend la portée de cette scène pointant du doigt la liberté sexuelle déferlant sur le monde.

Le jardin des délices

Même si l'on comprend parfaitement le point de vue choisi : le mariage enferme les personnages dans un cadre social, l'on ne comprend pas pour quelle raison cette institution, certes d'origine religieuse, est à ce point dénigrée.

Erin

 
 
 

Photos du film :