Réalisé par : Terrence Malick
Avec : Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, Hunter McCracken, Laramie Eppler, Tye Sheridan, Fiona Shaw
Sur un scénario de : Terrence Malick avec une musique de : Alexandre Desplat
Genre : Drame
Film Américain réalisé en 2011

 

 

Synopsis du film :
Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Introduction

Le film est une véritable expérience qui nous met face à nous mêmes, au même titre que les personnages et cette expérience peut parfois déranger quelques spectateurs.

I. L'influence de la culture chrétienne

Terrence Malick a su remarquablement reconstitué l'ambiance des années 1950 aux Etats-Unis, cette période durant laquelle est né le désormais légendaire American Way of life. En choisissant de poser sa caméra dans cette famille américaine des années 1950, Malick était obligé de traiter de la religion très présente à cette époque là. La religion chrétienne est même une constante de l'American Way of life, ce modèle à promouvoir dans le reste du monde et en particulier en URSS.

The Tree of Life

La présence divine

Ce sont les nombreux plans sur le ciel qui nous font sentir la présence de Dieu. Cet effet est renforcé par l'utilisation de la caméra en contre-plongée. De plus, le ciel désigne communément l'endroit où Dieu vit et c'est d'ailleurs ce que confirme L'apocalypse dans la Bible.

L'échelle de Jacob

Dans la Genèse, l'échelle de Jacob monte vers le ciel et lorsque Jacob arrive en haut de l'échelle et découvre un lieu, il l'appelle Béthel c'est à dire maison de Dieu. Cette échelle peut avoir plusieurs symboliques. Elle peut parfaitement incarner Jésus Christ, fils de Dieu (ciel) et fils de l'homme (terre).
L'échelle peut représenter l'élévation spirituelle vers laquelle l'homme tend. Cette échelle on la retrouve grâce aux plans sur les escaliers.

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L'arbre, l'arbre de vie et ses symboles

L'arbre est un symbole récurrent et qui peut donc avoir différentes interprétations.
L'arbre est un symbole de vie. Ses racines dans le sol cherchent de l'eau pour se nourrir, et ses branches cherchent le soleil, ce qui permet à l'arbre de grandir. Symboliquement donc, un arbre permet de relier la terre et le ciel, c'est à dire les hommes et Dieu. C'est d'ailleurs l'un des symboles de l'arbre de vie. Cette interprétation survit même sans regard théologique. Cet arbre permet aussi de relier un élément masculin (le ciel) et un élément féminin (la terre). Et cette union permet une naissance.

Dans la Bible, l'on note que Dieu a crée les arbres le troisième c'est à dire bien avant les animaux (5eme jour) et l'homme (6eme jour).

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Comme nous le verrons plus tard, le film de Malick est aussi un film sur la famille, interprétation renforcée par cet arbre qui trône fièrement dans le jardin des O'Brien. En ce sens, l'arbre devient le symbole de la famille, comme l'est aujourd'hui l'arbre généalogique dont on utilise les ramifications pour remonter dans le passé, savoir d'où l'on vient et établir des rapports familiaux. Remonter dans le passé, chercher d'où l'on vient c'est tenter, dans un certain sens, de résoudre le mystère de la vie. Plus l'on remonte loin, plus l'on se rapproche de l'origine du monde et de l'homme.

L'arbre de vie est un arbre bien particulier et qui a donc une signification bien particulière. Il ne faut pas le confondre avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Dans la Bible, l'arbre de vie est un symbole d'immortalité. C'est pour cela que c'est lui qui est à l'origine de la naissance de l'humanité.

L'arbre permet de symboliser l'aspect cyclique de la vie et du temps. Les feuilles de l'arbre tombent et entrent dans la terre ce qui permet de le nourrir et donc de refaire des fleurs et des feuilles. En ce sens, l'arbre est un symbole de la mort et de la régénération. Si l'on rapproche cette idée de l'arbre de vie, alors l'arbre est un symbole de la mort et de la renaissance, et donc de la vie. C'est d'ailleurs l'une des raisons possibles du montage éclaté de Terrence Malick. Le film commence donc sur la réception d'une lettre par la mère de famille Madame O'Brien. Cette lettre lui apprend la mort de l'un de ses fils. Ensuite, l'on revient en arrière avec la naissance des enfants. Ce montage accentue donc l'aspect cyclique de la vie, ce que n'aurait certainement pas rendu un montage chronologique mettant en scène la naissance, la vie, et la mort.

La voie de la nature et la voie de la grâce

a. La voie de la nature

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Dans le film, la voie de la nature représente sans doute les traits de la personnalité d'un être humain. Cette voie est représentée par le père de famille incarné par un Brad Pitt impeccable. Pourquoi ? Parce que justement il va à l'encontre de sa nature. L'on apprend que lorsqu'il était jeune, il était un être sensible, sensibilité qui se manifestait dans sa musique. En choisissant d'éduquer ses enfants à la dure afin qu'ils puissent être capables de lutter dans cette vie. Choisir de la voie de la nature serait de suivre notre nature la plus profonde et ne pas lutter contre elle. Et c'est exactement ce que Mr O'Brien ne fait pas. Mais peut être avait-il vu juste ? Voulant préserver ses enfants du monde hostile, il n'a pourtant pas pu imposer sa vision à Steve, ce fils qui lui ressemble, qui a sa sensibilité musicale et désormais cachée et qui dans un sens représente sa rédemption. Et c'est ce fils qui va mourir à 19 ans, sans doute à la guerre, comme si la faiblesse de Monsieur O'Brien pour ce fils avait été une erreur fatale. Ainsi, l'on peut rapprocher cette voie de la nature à la théorie de l'évolution selon laquelle seuls les plus forts survivent.

b. La voie de la grâce

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Qu'est ce que la grâce ?
Selon le Petit Larousse, la grâce est le don surnaturel accordé par Dieu en vertu du Salut. La grâce fait donc partie de la personnalité de Dieu lui-même. George Casalis, dans son article sur la grâce pour l'encyclopédie Universalis, écrit que la grâce permet d'effacer ce qui sépare le ciel de la terre. En ce sens, la grâce peut avoir le même rôle que l'arbre.
Dans The Tree of life, c'est Madame O'Brien qui représente la voie de la grâce :" Sans amour, la vie passe comme un éclair". Par association d'idées, l'on peut même dire que Madame O'Brien est gracieuse, telle une danseuse étoile, ce qui permet d'un coup d'œil de l'identifier à la voie de la grâce.

Dieu, notre père et la figure paternelle

Plusieurs éléments dans le film nous permettent de rapprocher Dieu de la figure paternelle incarnée par Monsieur O'Brien. Tout d'abord, M. O'Brien demande à l'un de ses fils de lui obéir sans réfléchir, c'est à dire de se soumettre les yeux fermés, de lui faire confiance. C'est cette attitude que l'homme croyant opte face à Dieu tout puissant. L'autorité de Dieu et l'autorité de la figure paternelle s'imposent d'elles mêmes. M. O'Brien va plus loin en demandant à ses enfants de ne pas l'appeler "papa" mais "père", terme utilisé lorsque l'on s'adresse à Dieu et tout particulièrement en anglais. En français, l'on a tendance à dire "notre père" alors qu'en anglais l'on dit "Father" (père) pour s'adresser à Dieu. Ainsi, en disant "father", les enfants O'Brien peuvent aussi bien s'adresser à Dieu qu'à leur père.
Et donc puisque Jack remet en cause la figure paternelle, il remet aussi en cause la figure divine, toutes deux emblèmes d'autorité. Monsieur O'Brien est affaibli par les changements qui se produisent dans son travail et à cause duquel il doit parfois s'absenter un certain temps. Et cette faiblesse est parfaitement perçue par ses enfants puisque l'un d'eux ose même lui répondre à table "tais toi". Enfin, Jack lutte contre lui-même pour ne pas devenir comme son père.

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L'eau comme symbole

L'eau est un élément récurrent dans le film. Que peut-elle représenter ?
L'eau a trois symboliques principales :

a. la vie

Dans le film de Malick, l'eau est utilisée pour symboliser les naissances, que l'on peut alors rapprocher du liquide amniotique.

b. la purification

Le baptême sert à purifier la personne plongée dans l'eau. Le film de Malick nous montre très justement un baptême, qui lave les péchés et qui permet à la personne de devenir une nouvelle personne.

c. la régénérescence

Se régénérer, c'est revenir à un état antérieur. Dans le film, ce serait un moyen de symboliser le retour aux origines du monde et de l'homme mais rien n'est sûr.

L'eau est aussi un symbole d'éternité, comme le montre la mythique fontaine de jouvence. Mais cette symbolique ne semble pas être présente dans le film du réalisateur américain. En effet, bien qu'il remonte très loin dans le passé, au temps même des dinosaures, il ne dit pas que le monde est éternel. Il insuffle même un doute. Les dinosaures ont disparu et le monde tel qu'ils le connaissaient à changer à jamais et à évoluer jusqu'au monde que nous connaissons aujourd'hui. Mais l'une des dernières phrases du film inquiète : " guide nous jusqu'à la fin des temps". A qui s'adresse Jack ? A Dieu sans doute. Et de qui parle-t-il lorsqu'il dit "nous" ? Il semblerait qu'il parle de l'espèce humaine. Ainsi, l'homme ne serait peut être qu'une étape comme les dinosaures l'ont été.

L'eau peut aussi être le symbole de la destruction. C'est ce que montre le déluge dans la Bible. Dans le film, l'eau est aussi une source de mort : l'enfant qui se noie.

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Le feu comme symbole

Bien que le feu ait de très nombreuses symboliques, dans le film de Malick nous avons choisi d'en retenir une seule : celle de la mort et de la renaissance, au même titre que l'eau.
Le soleil qui permet aux arbres de grandir, les flammes qui font les transitions entre les parties sont autant d'éléments représentant la renaissance alors que l'incendie destructeur qui a tué des voisins de la famille O'Brien et qui a marqué à vie l'un des amis de Jack et ses frères est synonyme de mort.

L'errance de Jack dans le désert

Le désert est un lieu stérile dans lequel la vie est limitée à cause du manque d'eau. Comme dans la Bible, le désert est un monde loin de Dieu, c'est pour cette raison que Jésus Christ est tenté dans le désert.
Bien que le désert représente l'état d'errance dans lequel se trouve Jack, l'esprit de Jack a choisi comme cadre le désert pour montrer qu'à ce moment là, il est en train d'affronter sa nature et le monde. Jack est face à sa nature, qu'il a tant questionné étant enfant (ressemble-t-il à son père ?) et à son passé (son enfance). Après avoir fait face à cette impasse désertique, le cadre change et une plage radieuse fait son apparition. Le désert stérile devient alors lieu de révélations. La plage semble alors représenter l'éternité. En effet, Jack revoit ses parents et ses frères tels qu'ils étaient dans son enfance. Ces souvenirs, ces fantômes persistent et Jack rêve d'une réconciliation que peut être seule la mort pourra lui apporter. La séquence de la plage propose une autre théorie selon laquelle il pourrait bel et bien y avoir une vie après la mort.

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Une possible relecture du livre de Job 

Job, un homme exemplaire, qui a foi en Dieu va être mis à l'épreuve par Dieu qui va lui infliger la maladie, la perte d'un enfant et etc ... Job n'accuse pas Dieu car il sait qu'il n'a commis aucun péché et que ce qui lui arrive n'est pas une punition divine, mais plutôt une mise à l'épreuve de laquelle l'on tirera enseignement (discipline et expérience).
L'on peut facilement dresser un parallèle avec la famille O'Brien, respectable et chrétienne. Dans le film, la mère de famille se demande d'abord pourquoi on lui infligé une telle souffrance. Elle se remet en question, se demande quelle faute elle a pu commettre pour mériter une telle punition afin de se rendre compte qu'elle n'y est pour rien. Dans la séquence de la plage (plus ou moins réelle), on l'entend offrir son fils à Dieu, car ce que Dieu a donné il peut le reprendre.

II. Un film sur l'humain

Une réflexion sur le deuil et la foi

Le film propose une réflexion sur le deuil, sur ses conséquences sur l'homme. Lorsqu'un deuil intervient dans la vie, et surtout prématurément, l'humain peut se remettre en cause et se sentir délaissé par les forces de la nature ou divines, selon ses convictions. Peut -on continuer à croire en Dieu lorsque celui-ci n'a pas empêché la perte d'un être cher ? C'est la question que se pose la mère de famille avant de finir par confier son fils à Dieu, comprenant que toute vie est dépendante de lui. Ne dit-on pas couramment que ce que Dieu donne, il peut le reprendre ? La perte de la foi peut donc être l'une des conséquences d'un deuil. Mais le contraire est aussi possible.
Mais la mort considérée comme la fin de la vie terrestre peut aussi être le début d'une nouvelle vie. C'est donc la question de l'au-delà qui se pose. Et comme on le voit assez régulièrement dans les films ou ailleurs, lorsqu'un personnage se retrouve face à la mort, il voit toute sa vie défiler. Mais qu'était-il avant de devenir un embryon ? La mort pose donc la question du mystère de la vie et du hasard de la création.
Si l'un des deux parents n'avait pas choisi l'autre, alors un autre embryon aurait été crée. Et même sans ce hasard là, n'y-a-t-il pas un peu de chance lors d'une fécondation ?

La famille

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La famille symbolisée par l'arbre planté dans le jardin des O'Brien est centrale dans le film. La mort de son frère amène Jack à se replonger dans ses souvenirs d'enfance. Les souvenirs sont constitués de moments simples qui peuvent nous rappeler notre propre enfance. Le film aborde un sujet sensible : les ressentiments que peuvent éprouver parfois les enfants pour leurs parents. Ce ressentiment éprouvé par Jack vient principalement de l'écart entre l'éducation prônée par le père et l'éducation prônée par la mère. Préférant la douceur et la conception de la vie de sa mère à l'éducation à la dure de son père qui pense que la naïveté et la douceur n'ont pas leur place dans ce monde, Jack se pose aussi la question de l'hérédité. Il ne veut pas ressembler à son père. Il va donc déchaîné toute sa colère pour se prouver qu'il n'est pas comme lui.

L'enfance

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The Tree of life est évidemment un film sur l'enfance. Les souvenirs de Jack semblent si réels que le spectateur a l'impression d'avoir fait partie du voisinage de la famille, et de l'avoir vu grandir avec ses frères.
Le retour à l'enfance après la mort de son frère est un moyen pour Jack de trouver des réponses à sa crise existentielle. Il a l'impression qu'il est temps pour lui de choisir une voie : la voie de la grâce ou la voie de la nature. Élevé par une mère représentant la grâce et un père représentant la voie de la nature, Jack a été influencé par ces deux conceptions et ne sait que choisir. Peut être n'y a t-il pas de choix à faire. Peut être faut-il se contenter d'accepter d'où l'on vient.

III. De l'importance de la Nature

Le style contemplatif de Malick se prête parfaitement au thème de la nature qu'il aborde régulièrement dans ses films. Ici, la Nature semble majestueuse et immense, bien plus grande que l'homme. Bien qu'elle ne le soit pas, elle semble aussi éternelle alors que le passage de l'homme sur la terre semble éphémère. Mais les arbres, les rivières et autres végétaux étaient là bien avant l'homme, tout comme les dinosaures. Ainsi, Malick nous montre un dinosaure faire preuve de compassion devant un mammifère primitif. L'homme n'arrivera que bien après.
Bien que l'homme fasse partie de la nature, il est dans The Tree of life clairement différencié d'elle. Il y a déjà bien longtemps que l'homme ne se considère plus comme faisant partie de la nature qui l'entoure, ce qui lui permet de détruire la planète sans scrupule. Mais là n'est pas le propos de Malick.
La contemplation de la Nature permet à Malick de la placer au centre de tout, comme si elle pouvait détenir la réponse du mystère de la création. Après tout, l'homme est l'une des dernières créations de l'univers. Et c'est ce que l'on retrouve dans la Bible qui affirme que Dieu a crée les hommes le sixième jour bien après avoir crée les végétaux et les animaux.
L'on voit ici que la thèse religieuse et la thèse scientifique sur la création du monde se rejoignent, comme si la nature avait cette faculté d'union entre tous les êtres qui la composent : les végétaux, les minéraux, les animaux et les hommes.
Mais le monde parviendra-t-il à rester tel que nous le connaissons aujourd'hui ? Pas si sûr. Et cette question, n'est pas sans rappeler aujourd'hui les pires craintes écologistes. Nous ne savons pas ce qu'il y avait avant le Big Bang et peut être que la vie sur terre n'est qu'une étape dans l'histoire de l'humanité. C'est ce que semble suggérer la phrase de Jack : "Guide nous jusqu'à la fin des temps" comme s'il demandait à Dieu protection pour l'espèce humaine.

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Lorsque l'on avance que l'homme fait partie de la nature, l'on peut penser à la théorie des poussières d'étoiles. Et c'est ce que semble évoquer certaines images cosmiques du film de Malick. La théorie des poussières d'étoiles avance qu'une étoile a explosé et que de ces poussières sont nées la vie, et donc tout être vivant. Ainsi, nous sommes poussières d'étoiles et nous reviendrons poussières d'étoiles. Étonnamment, cette théorie peut se rapprocher de ce la doctrine chrétienne : «Souviens-toi que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière!».

IV. Mythologie américaine

Un film transcendantaliste

Au XIXème siècle (1830-1840) aux Etats-Unis, Ralph Waldo Emerson et quelques amis donnaient naissance au mouvement transcendantaliste. Le mouvement est inspiré par la philosophie de Kant qui considérait que le transcendantal était la faculté de connaître les choses immédiatement, sans aucune influence de l'expérience. Tout ce que l'on peut apprendre est donc transcendantal et dépend donc de nous, et de notre manière de voir les choses.
Comme l'a remarqué Paul Gilbert dans son article sur le Transcendantalisme, il existe des philosophies comme celle de Karl Rahner, qui avancent que la connaissance que l'homme a de Dieu vient d'abord de sa propre connaissance. Le film de Terrence Malick semble aller dans ce sens. C'est en apprenant à se connaître que Jack va peu à peu questionner sa nature et le monde qui l'entoure afin de les comprendre. Le film de Terrence Malick semble aller dans ce sens. C'est en apprenant à se connaître que Jack va peu à peu questionner sa nature et le monde qui l'entoure afin de les comprendre. Que l'on soit croyant ou pas, là n'est pas l'intérêt, la vie spirituelle de chacun est personnelle. C'est dans notre personnalité et nos expériences qui vont nous permettre de nous former un monde spirituel à notre image.

Le transcendantalisme prône certaines valeurs :
- contre le matérialisme
Dans ce sens, la mère et sa grâce sont un parfait exemple.
-non conformisme religieux (avoir la foi et pratiquer une religion ne signifie pas la même chose, Dieu n'a pas forcément la forme que les religions veulent lui donner, Dieu est personnel)
- retour à la Nature (et donc aussi aux origines)
Pour les transcendantalistes, la mère-nature a le pouvoir de régénérer l'âme par la biais d'une renaissance à la fois spirituelle et d'ordre émotionnel.
La nature permet à l'homme de retrouver l'innocence. Emerson va encore plus loin en liant la nature avec la vérité.
- confiance en soi (et donc honnêteté, agir en fonction de ses sentiments sans tenir compte du reste)

Possible influence de la peinture de paysage américaine

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Au XIX ème siècle, les peintres de la Hudson River School peignaient la Nature car ils pensaient qu'elle était une manifestation divine. Les paysages américains étaient alors souvent comparés au jardin d'Eden.

Certains peintres de cette école créèrent leur propre mouvement : le luminisme qui consiste à capter la lumière divine de l'Amérique au moment de sa découverte.

L'on voit ici comment cette peinture a pu influencer Terrence Malick car quelque chose d'ordre spirituel semble émaner de la nature.

Conclusion

Il ne faut pas le nier, le film a une certaine longueur qui peut être à double tranchant. Elle permet d'envoûter le spectateur et de le plonger complètement dans l'univers si particulier de Malick. Mais cette longueur peut évidemment lasser les spectateurs n'ayant pas réussi à rentrer dans le film.

Nous nous sommes concentrés sur l'influence de la culture chrétienne sur The Tree of life, et même si la partie consacrée à ce point est conséquente, cela ne signifie pas que le film de Terrence Malick est pro ou anti-religieux. The Tree of life semble avant tout être un film questionnant la religion. Les personnages parlent continuellement avec Dieu, qui ne se manifeste jamais d'ailleurs, et tentent de trouver leur place dans l'univers. L'expérience de la mort (le voisin noyé, l'enfant brûlé) leur permettent de poser la question de l'existence de Dieu. Et même lorsque Jack devenu adulte s'imagine un paradis, ceci n'est qu'un espoir. Malick n'affirme jamais l'existence de Dieu ni du paradis.  Le spectateur sera libre de ressentir les effets de cette influence chrétienne en fonction de ses convictions. Et c'est justement là que le film de Malick est splendide. The Tree of life est un film sensoriel.

Là où The Tree of life devient un film particulièrement intéressant, c'est lorsque Terrence Malick ose mêler différents points de vue qui peuvent paraître, à première vue, radicalement opposés. Ici, la vie spirituelle ne s'oppose pas à la science. Les deux semblent être nécessaires pour essayer de comprendre l'origine du monde. Ainsi liées, ces théories permettent de créer une certaine harmonie, harmonie renforcée par une nature omniprésente et immense.

Enfin, un mot sur le casting du film. On aimerait voir Brad Pitt jouer comme cela plus souvent. Il joue ce rôle de père dur mais aimant à merveille. Jessica Chastain est la révélation féminine du film. Gracieuse, elle est la mère douce et proche de la nature par excellence. Hunter McCracken joue Jack jeune avec l'assurance d'un grand. Un acteur à suivre.

Erin

 
 
 

Photos du film :