Réalisé par : M. Night Shyamalan
Avec : Mark Wahlberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo, Ashlyn Sanchez, Betty Buckley, Spencer Breslin
Sur un scénario de : M. Night Shyamalan avec une musique de : James Newton Howard
Genre : Science-fiction
Film Américain réalisé en 2008

 

 

Synopsis du film :
Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ? Et comment cette menace se propage-t-elle ? Par l'air, par l'eau, ou autrement ? Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans. Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part. Il n'y a aucun moyen d'échapper à ce tueur invisible et implacable. Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Le film s'ouvre sur une scène à la fois mystérieuse et terrifiante. Au coeur du parc, deux jeunes femmes sont assisses sur un banc lorsque soudain le temps semble s'arrêter. Le phénomène étrange tourne à l'horreur lorsque l'une des deux jeunes filles se plante son pic à cheveux en pleine gorge. Un peu plus tard, l'on voit des ouvriers tomber d'un toit avec une rare violence. Cette scène porte en elle l'idée que les étranges phénomènes viennent du ciel. Bref, le réalisateur insuffle à son film une dimension quasi religieuse, comme si ces phénomènes étaient une sorte de punition divine. Il semble même y avoir une certaine forme de fatalisme. La théorie d'Einstein sur la disparition des abeilles fait dans le film office de prophétie apocalyptique.

Phénomènes

Le film se veut aussi être une réflexion sur le suicide, un phénomène typiquement humain. Les animaux n'ont normalement pas conscience de la mort. Bien qu'elle soit inévitable, ils ne peuvent normalement pas mettre fin à leurs jours sciemment.
Le réalisateur n'a peut être pas choisi le suicide pour rien. En effet, il lui permet de différencier les hommes des animaux. Cet élément permet de renforcer l'idée que l'homme ne se considère ni comme un animal ni comme faisant partie de la nature.
Notons aussi que tous les suicides sont caractérisés par la même froideur. C'est ce que montrent en particulier les scènes où l'on voit des personnes se tirer une balle l'une après l'autre. La mécanisation du suicide parmi la population n'est pas sans rappeler les films de zombies critiquant souvent la société de consommation.

La principale dimension du film est écologique. L'homme ne se considérant pas faisant partie de la nature, il se permet de la détruire sans pitié. Il a même tendance à se considérer comme le maître du monde et oublie que les forces de la nature peuvent être d'une puissance inouïe. C'est d'ailleurs ce que les catastrophes écologiques nous montrent à chaque fois qu'elles se produisent.
Phénomènes part de ce constat : l'homme ne serait certainement pas assez fort contre la nature si elle venait à se liguer contre nous.

Phénomènes

Ce qui est vraiment effrayant dans le film de Shyamalan n'est pas tellement la mort en elle-même mais plutôt la manière dont elle se manifeste. La perte de contrôle de soi et l'autodestruction apparaissent comme contre nature. Comme l'on dit généralement, "chassez le naturel et il revient au galop". Bref, la nature va reprendre ses droits.
La peur naît aussi de la menace elle même. Les personnages savent qu'ils sont attaqués mais ils ne savent ni par qui ni pourquoi. Et même lorsque le coupable est plus ou moins désigné par certains personnages, la menace est partout et invisible, prête à attaquer à chaque moment.

Phénomènes est un film post 11 Septembre. En effet, les personnages et les autorités assimilent immédiatement les phénomènes à l'attaque terroriste.
L'importance des médias montre que Phénomènes est un film actuel. La télévision, la radio et même les téléphones portables relaient les informations et la progression de la menace.

L'une des faiblesses du film réside dans les personnages. L'on comprend bien que le réalisateur n'ait pas voulu faire de ses personnages des héros. En revanche, l'on a beaucoup plus de mal à comprendre pour quelles raisons ils sont si antipathiques. Le côté mystique et mystérieux d'Alma, qui n'aboutit d'ailleurs à rien, en devient même ridicule par moments.
Le personnage d'Elliot est tout de même intéressant. Bien qu'étant un scientifique, les évènements mettent à mal sa rationalité. C'est pour cela que les phénomènes peuvent parfois prendre une dimension surnaturelle.
Bien que le film se veuille aussi être une histoire d'amour : le couple désuni va se retrouver renforcé par l'épreuve, cet élément est traité avec peu d'émotion et d'intensité. La grossesse d'Alma à la fin du film a même tendance à apparaître comme un espoir pour la perpétuation du genre humain. De plus, l'on ne voit pas de réelle évolution dans les rapports du couple. Tout semble assez soudain. Ils sont toujours séparés physiquement, exceptés lors de la scène finale.

Phénomènes

Le film tient cependant le spectateur en haleine qui se demande d'où vient le phénomène, qui va s'en sortir, et si une issue positive est possible. M Night Shyamalan a donc réalisé un film très actuel et ambitieux, riche en thèmes.

Erin

 
 
 

Photos du film :