Réalisé par : Mark Albiston
Avec : Nic Sampson
Sur un scénario de : Louis Sutherland avec une musique de : Warryn Maxwell
Genre : Drame
Film Néo Zélandais réalisé en 2007

 

 

Synopsis du film :
Tom et Georgie. Adolescents vivant dans une bourgade néo-zélandaise. Frère et sœur. Leur mère n'est plus là. D'elle subsiste une photographie sous cadre de verre que Tom se plaît à observer et à manipuler, en cachette du père. Celui-ci, originaire des îles Samoa, manifeste envers eux une autorité soucieuse de la réussite de chacun dans l'étendue de ses aptitudes. Douée pour le piano, Georgie travaille assidûment ses classiques comme il se doit. Tom, lui, s'adonne au plaisir de courir en des entraînements quotidiens dans les alentours, seul ou avec Georgie. Car le père astreint la jeune fille à suivre son cadet pour maintenir sa forme, complètement indispensable, selon lui, à ses répétitions. L'épreuve est d'autant plus pénible pour Georgie qu'elle est régulièrement l'objet de moqueries du jeune livreur de lait, qui va même, alors qu'elle est au comble de l'effort, jusqu'à lui asperger le visage de lait du haut de la plate-forme de la fourgonnette au même où celle-ci la double.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Le titre " Run" qui signifie " courir" nous indique l'essence même de ce court-métrage néo-zélandais de 15 minutes.
A première vue, l'on voit Tom, le petit garçon courir et l'on se dit que la course est une sorte de force pour lui mais ce n'est pas exactement le cas car les trois protagonistes courent, que ce soit physiquement ou au sens figuré. Vers quoi courent-ils ? La vie sans doute, une vie meilleure, comme chacun d'entre nous. Mais la vraie question est : qu'est ce qui les fait courir ? C'est à ce moment-là que l'on remarque l'omniprésence par son absence d'un quatrième personnage : la mère.
Le père particulièrement autoritaire et croyant que la mère n'appartient qu'à lui seul, est celui qui court le moins physiquement parlant, et c'est lui qui a le plus de mal à s'éloigner de l'ombre de sa femme. Peut être est ce la raison pour laquelle il fait ses enfants courir, comme pour échapper à l'ombre du passé ?
Les enfants, à leur manière, parviennent à s'en détacher : Tom court et s'est crée un monde quasi imaginaire rejoignant la réalité avec ses Bds et son magnétophone; Georgie joue du piano.

Run

L'on remarque que Tom a besoin de la musique de sa sœur pour ses enregistrements, signe de leur complémentarité.
Georgie fait l'objet de moqueries de la part du livreur de lait qui lui asperge même le visage . Son jeune frère, se venge en enlevant la corde de sécurité ce qui permet de faire tomber les bouteilles de lait et de se moquer de lui. A partit de ce moment-là, un poids est enlevé. Ce n'est plus la peine de courir pour échapper aux moqueries.
A un moment, le jeune frère aide sa sœur à tricher à la course, en trichant lui-même, chose qu'elle refera plus tard seule et pour laquelle elle se fera pincer. Cette tricherie partagée ne montre t-elle pas leur complicité ? Le fait qu'ils portent le fardeau de leur père qui lui, apparemment, ne parvient pas à faire son deuil ?
Mais le plus significatif reste la fin du métrage. Georgie se retrouve devant une audience et débute mal son morceau de piano. L'on comprend à son air qu'elle n'y arrivera pas cette fois-ci . Pourquoi ? Peut être parce qu'elle sent le regard autoritaire de son père posé sur elle ? Pas vraiment puisque c'est à ce moment là que Tom s'aperçoit que la photo de leur mère est toujours à la maison. Il la prend et court comme il sait si bien le faire. Après une entrée très remarquée, Georgie peut enfin dévoiler tout son talent. Tout le monde semble alors apaisé. Elle peut jouer, grâce à l'inspiration de sa mère et pour sa mère. Ils n'ont plus à courir pour distancer l'ombre de leur mère.

Run

Erin

 
 
 

Photos du film :