Réalisé par : Agnès Merlet
Avec : Carice Van Houten, Jenn Murray, Gary Lewis, David Wilmot
Sur un scénario de : Juliette Sales et Agnès Merlet avec une musique de : Nathaniel Méchaly
Genre : Drame
Film Franco-Irlandais réalisé en 2008

 

 

Synopsis du film :
La psychiatre Jane Morton est envoyée au sein d'une communauté recluse dans une petite île au nord de l'Irlande. Elle doit étudier le cas de Dorothy Mills, adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Alors qu'elle vient en aide à Dorothy, la psychiatre tente d'affronter ses propres démons et d'éclaircir le secret qui hante la communauté.

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Dès les premières minutes, Agnès Merlet installe une ambiance sombre et mystérieuse.
Jane Morton, une psychiatre est appelée sur une île irlandaise très reculée. Dès son arrivée, elle est victime d'un accident de la route. En effet, afin d'éviter une bande de jeunes, la psychiatre s'écarte de la route et tombe dans l'eau.
Ces deux éléments, apparemment anodins, seront développés plus tard dans le film. Ainsi, l'on apprend que l'eau est un élément qui perturbe Jane Morton, qui vient de perdre son fils noyé. Se trouvant sur une île, l'on imagine aisément que la présence constante de l'eau est éprouvante et hante la jeune femme. L'accident, quant à lui, est des plus énigmatiques. Personne ne correspond à la description que Jane a donné. Le spectateur reliera cet accident avec un autre accident qui a eu lieu dix ans auparavant.
Bref, Agnès Merlet plante le décor. Son film Dorothy est un drame hanté par les morts.

Dorothy

Comme Jane Morton, le spectateur perce peu à peu le mystère entourant le personnage de Dorothy: la jeune fille souffre du syndrome de la personnalité multiple, c'est à dire qu'elle est possédée par des esprits défunts. Dorothy permet de faire le lien entre le monde des morts et le monde des vivants. Agnès Merlet s'est d'ailleurs inspirée du cas de Doris Fisher pour construire son histoire. En revanche, l'on ne sait pas pourquoi seuls Mary, Duncan et les autres morts réussissent à posséder Dorothy. Mais il n'y a peut être pas de réponse ...
Les personnalités qui prennent la place de Dorothy sont toutes très diverses et fascinantes.
Mais le plus extraordinaire réside dans l'interprétation de la jeune Jenn Murray, qui s'est entraînée à jouer cinq personnages radicalement différents (différences de sexe, d'âge, de personnalité). Lorsque l'un des personnages apparaît, Dorothy disparaît sous la voix et l'attitude de l'autre personnage.

Deux personnages sont assez violents. Mary, victime de viol, est un personnage atypique, jeune et moderne mais profondément blessé. Sa colère est similaire à celle d'un autre personnage : Duncan. Il a soif de justice et ne supporte pas l'idée que les responsables du viol de Mary, son amie et de l'accident qui les a tué n'aient pas payé pour leurs fautes.
Les deux autres sont plus calmes. Kurt est sensible et porte la souffrance de Dorothy afin de la soulager un peu de ce poids trop lourd à porter. Mimi, une petite fille de trois est quant à elle un personnage crée par Dorothy elle-même afin de ne pas vraiment faire ce que sa mère lui demandait : embrasser les morts.

Dorothy

Le spectateur, tout comme la psychiatre tente d'identifier la vraie Dorothy, qui est alors réduite à l'état de corps. Pire qu'un fantôme, elle n'existe pas. Personne ne connaît vraiment Dorothy.
Dorothy est un personnage complexe et difficile à saisir. Elle est à la fois complètement seule (elle n'existe quasiment qu'à travers les personnages) et multiple (les différents personnages).

Toute la question est de savoir si ce sont les fantômes qui possèdent Dorothy ou si c'est Dorothy qui pour se protéger a crée des personnages. Et pourtant, ces personnages ont bel et bien existé. Dorothy a-t-elle la capacité de communiquer avec les morts ?

Dorothy

Bref, même si les morts hantent le film d'Agnès Merlet, le métrage est avant tout l'histoire de drames humains.
Jane a récemment perdu son jeune fils mort noyé. Les scènes où Dorothy lui renvoie l'image de son fils sont très intenses dans le sens où Jane a une vision effroyable. Elle voit son fils revenir d'entre les morts, ce qui l'effraie et lui fait plaisir. En effet, elle n'aurait jamais pensé revoir son fils un jour.
Dorothy elle même est au cœur d'un drame : elle existe en tant que corps mais n'a pas de personnalité. Elle est habitée par d'autres personnes. Bref, la jeune fille, qui apparaît d'abord comme une curiosité effrayante se révèle en fait être une jeune fille désespérée et profondément seule.
Qui sont vraiment les monstres ? Est ce vraiment les morts qui ne sont pas partis en paix et qui reviennent sur terre pour se faire entendre ou ceux qui n'ont jamais été inquiétés pour leurs actes ignobles ? Bref, le film porte en lui une morale chrétienne : tout se paie dans ce monde.

Dorothy

Entre étranges phénomènes apparemment surnaturels et drame psychologique, Dorothy est construit comme un puzzle à reconstituer. Cependant, l'on ne peut pas nier que le film est parfois confus, laissant de temps en temps le spectateur sur le bas côté de la route. Bien que le film ne soit pas terrifiant en soi, il est nécessaire de préciser que la scène d'abus sexuel est assez violente et peut être difficile à regarder. De plus, ce tragique évènement est amené logiquement et il n'était donc sans doute pas utile de faire apparaître cette scène.

Erin

Critique :

La bande-annonce peut faire impression, mais c'est pas vraiment le cas du film. Oui il y a quelques passages qui le sont mais rien de méchant, ne vous inquiétez pas, âmes sensibles !

Dorothy

Le film n'est pas vraiment fabuleux, et je trouve qu'il y a des moments où la réalisatrice a pompé sur la première version de The Wicker Man. C'est flagrant même ! Il y a aussi quelques incohérences et des incompréhensions. Je n'ai également pas apprécié certaines scènes, comme la scène du viol, qui est franchement d'une indélicatesse incroyable, surtout de la part d'une réalisatrice. On comprend très vite ce qui se passe, mais c'est pas suggéré. Aussi l'intrigue du film est franchement gros comme un camion, on la devine assez rapidement.

Dorothy

Cependant, le film se laisse regarder et on ne s'ennuie pas. C'est plutôt captivant. Psychologiquement, c'est assez travaillé. Mais j'ai retenu surtout les interprétations de Carice Van Houten (vue dans Black Book), très bien dans le rôle de la psychiatre déchirée à cause de la perte de son fils, et de Jenn Murray, impressionnante.

Tinalakiller

 
 
 

Photos du film :