Réalisé par : Robin Campillo
Avec : Géraldine Pailhas, Jonathan Zaccai, Frédéric Pierrot
Sur un scénario de : Robin Campillo et Brigitte Tijou avec une musique de : Martin Wheeler et Jocelyn Pook
Genre : Fantastique
Film Français réalisé en 2004

 

 

Synopsis du film :
Les morts sont revenus en masse. Dans le monde, des milliers de personnes décédées ont quitté les cimetières pour investir les villes. Puis le phénomène s'est arrêté, comme si les portes du monde s'étaient de nouveau refermées. On est entré maintenant dans une nouvelle phase particulièrement délicate : la réinsertion des morts dans leurs familles.

 
 

Analyse de film :

Critique :

On ne voit pas tous les jours un film fantastique français qui a beaucoup d'ambition et qui est également audacieux et original. Sur papier, ça pouvait le faire. Malheureusement, le résultat c'est autre chose, et on se dit "quel gâchis !". Tout d'abord, le récit met beaucoup trop de temps à se mettre en place. Le réalisateur installe lentement. Cette installation aurait pu être utile si on aurait eu d'avantages d'informations sur le phénomène que subissent les revenants. Là, le film est lent (et ennuyeux), certes à l'image des revenants, mais on a l'impression au bout d'un moment de perdre son temps. Parfois dans les films, les réalisateurs n'arrivent pas toujours à répondre à une ou deux questions, ce qui n'est pas gênant. Même si je comprends les réelles ambitions du réalisateur, celle de réaliser un drame sur le deuil plutôt qu'un réel film de zombie à la Romero, ça devient quand même problématique quand on a une dizaine de questions sans réponses. La fin ressemble même à du grand n'importe quoi, ça tourne même au ridicule. Il y a aussi un grand mystère autour de ce film : est-ce fait exprès que les vivants aient la même expression que les morts, ou est-ce que les acteurs jouent mal ? Hum... je crois qu'il y a des deux, surtout la deuxième option.

Tinalakiller

Critique analytique :

Le synopsis était prometteur. Traiter de l'impact de revenants sur leurs proches était ambitieux. Il est même assez rare de voir des films intimistes parler de la mort et en particulier des morts vivants.

Le film, au rythme soporifique, devient inintéressant car le réalisateur ne parvient pas à choisir entre film purement intimiste dans lequel les personnages feraient l'expérience du deuil et film englobant toute une collectivité devant faire face à un phénomène surnaturel.
L'on comprend aisément que, par le biais de la dimension collective du phénomène, le réalisateur entend traiter de la mort et du deuil comme des conditions humaines inévitables. Ici, Robin Campillo décide de traiter collectivement de ce sujet et ça ne fonctionne pas toujours. En effet, la mort d'un proche et le deuil qui s'ensuit sont des sujets intimes face auxquels les personnes peuvent réagir très différemment.
L'aspect collectif permet seulement d'aborder le thème de la réaction des institutions face à un phénomène inexplicable.

Les Revenants

Le film pose beaucoup de questions mais le réalisateur ne tente pas d'y répondre, ce qui est assez regrettable. Ainsi, lorsqu'une fille demande à sa grand-mère comment c'était de l'autre côté, elle n'obtient aucune réponse. Certes, le réalisateur ne peut pas savoir ce qui s'est passé du côté des morts, mais il aurait quand même pu avoir un peu d'imagination. Est ce que cela aurait enlevé du mystère au film ? Pas si sûr.

Le film propose tout de même une réflexion intéressante bien que cynique.
En effet, la mort permet de réguler nos sociétés. Comme le suggère le Maire de la ville, comment gérer administrativement le retour des morts ? Comment les réintégrer dans une entreprise ? Comment payer les retraites des personnes âgées décédées ?
Comment accueillir à nouveau ceux que l'on a enterré ? Comment leur expliquer par exemple que l'on a changé leur chambre en bibliothèque ?

En traitant le deuil à l'échelle de la société, l'on perd en intimité. Bien que l'on voit les personnages gérer dans leur intimité la perte d'une proche, cette dimension altère l'aspect intimiste que le réalisateur tente d'apporter à son film.
A travers une approche clinique du phénomène, tout semble être déshumanisé et tout sentiment semble avoir quitté la terre ferme. Les vivants ont d'ailleurs l'air aussi morts que les revenants eux mêmes.

Les Revenants

Malgré l'approche intimiste choisie par le réalisateur, Robin Campillo ne se détache pas totalement du film classique de zombies. Ainsi, les revenants disparaissent sous terre, dans les égouts, et cela n'est pas sans rappeler par exemple Le jour des morts-vivants de George A Romero.

Enfin, une question ultime réside : est ce que tout ce que l'on a vu à l'écran est réel ?
Lorsque les morts sont ramenés au cimetière et disparaissent comme ils sont venus, l'on a la vague impression que l'aspect fantomatique des morts était peut être un indice que tout cela n'était qu'un rêve, ou plutôt un cauchemar. Au début du film, l'on apprend que les revenants sont toutes des personnes récemment décédées, ce qui signifie donc que leur mort est encore bien présente dans la vie de leurs proches. L'expérience du deuil peut être très longue et très douloureuse. Ainsi, l'on peut en fait penser que les personnages sont en fait ni plus ni moins confrontés à cette expérience du deuil que chacun vit à sa manière. Or, cette interprétation ne fonctionne pas complètement dans le sens où tous les personnages se connaissent et vivent à l'échelle municipale un véritable phénomène surnaturel.

Le propre de l'enterrement n'est il pas la renaissance de l'être aimé et décédé dans une autre vie ?

Erin

 
 
 

Photos du film :