Réalisé par : Peter Weir
Avec : Jim Sturgess, Ed Harris, Saoirse Ronan, Colin Farrell, Mark Strong
Sur un scénario de : Peter Weir et Keith R. Clarke avec une musique de : Burkhard von Dallwitz
Genre : Aventure
Film Américain réalisé en 2010

 

 

Synopsis du film :
En 1940, une petite troupe de prisonniers décide de s'évader d'un camp de travail sibérien. Pour ces hommes venus de tous les horizons, s'échapper de cet enfer ne sera que le début de l'aventure… Ensemble, ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres, à travers la toundra sibérienne glacée, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l'Himalaya pour franchir la Grande Muraille de Chine. Certains s'arrêteront en chemin, d'autres ne survivront pas aux épreuves. L'Inde - alors sous contrôle anglais - est le but ultime. Mais la route est longue, les rencontres risquées, les conditions physiques épouvantables, et chacun a ses secrets…

 
 

Analyse de film :

Critique analytique :

Peter Weir revient enfin avec Les chemins de la liberté, un film proche du film d'aventure.
Adaptant une histoire plus ou moins vraie de manière particulièrement réaliste, le réalisateur évite tous les clichés et ne tombe jamais dans le sensationnalisme : les sentiments ne sont pas exacerbés et les personnages ne tentent pas d'être des héros. Ils se contentent de survivre.

Les Chemins de la Liberté

La scène d'ouverture (la femme forcée et contrainte de dénoncer son mari) donne le ton : Les chemins de la liberté traite du combat avant tout pour survivre.
Puis l'on se retrouve rapidement plongé au cœur d'un goulag plus vrai que nature. Le réalisateur ne se contente pas d'observer ce qui s'y passe mais décortique l'organisation sociale et économique du camp. Ainsi, ce sont les échanges qui régissent la hiérarchie sociale.
L'attitude de Khabarov, l'ancien acteur condamné pour avoir interprété un aristocrate est à la fois énigmatique, inquiétante et touchante. En effet, le spectateur a d'abord l'impression que Khabarov tente de dépouiller les nouveaux arrivants en les encourageant à s'évader et à faire des provisions pour cela. Mais lorsque le moment arrive, Khabarov n'a pas le courage de devenir un fugitif. L'on comprend alors que ses rêves d'évasion qu'il tente de mettre en scène comme au cinéma ou au théâtre sont sa façon à lui de tenir le coup. Même s'il n'a pas le courage de s'enfuir, il continue d'espérer. Une fois évadé, le rêve s'évanouirait et avec lui l'espoir.

L'on note que la scène d'évasion est particulièrement courte pour un film qui parle d'hommes qui se sont évadés. Cela permet au réalisateur de se concentrer sur les conséquences de l'évasion. En effet, il faudra survivre dans cette autre prison grandeur nature qu'est la glaciale Sibérie. Cet effet est d'ailleurs renforcé par les arbres, silhouettes verticales et immenses qui ne sont pas sans rappeler les barreaux d'une prison.

Les Chemins de la Liberté

Peter Weir filme la mort avec beaucoup de pudeur, voire de douceur. Mais cela ne l'empêche pas de la filmer avec beaucoup de réalisme. En effet, le réalisateur ne se contente pas de montrer la mort, il montre comment la mort intervient et interagit avec les humains. Ainsi, la malnutrition, le froid et la fatigue sont sources d'hallucinations et de perte de repères. L'on voit clairement qu'un soin spécial a été accordé au réalisme. Confrontés aux moustiques, les personnages parviennent à trouver la solution à leur problème grâce au contact avec les locaux. Pudique, le film suggère tout de même la question du cannibalisme dans le cadre de la survie. Le maquillage est également très réussi. L'on a par exemple, vraiment l'impression que Saoirse Ronan a les jambes gonflées et se déshydrate jusqu'à en mourir.

Le personnage interprété par la talentueuse Saoirse Ronan est assez inhabituel. Elle apparaît comme une sorte d'enfant sauvage, élevée par la nature après s'être échappée d'un camp de travail. Bien qu'elle ne soit source d'aucune tension sexuelle, elle se révèle peu à peu comme une figure féminine, conciliant les membres du groupe. Lorsqu'elle s'élance sur le lac Baïkal encore gelé afin de prouver qu'elle ne sera pas un boulet pour le groupe, elle se transforme alors en une sorte de farfadet.
Mais elle n'est pas la seule à se révéler. Tous les personnages vont jusqu'au bout d'eux mêmes et se découvrent une force insoupçonnée.

Les Chemins de la Liberté

Si Les Chemins de la liberté touche le spectateur en plein cœur, c'est principalement parce que le film traite d'un sujet universel : la résistance physique et mentale de l'être humain face aux pires conditions. L'on se demande sans cesse : mais comment font-ils pour être encore en vie ? Aurais-je survécu ? Aurais-je eu la même force qu'eux de résister à ces conditions climatiques difficiles et à cette menace politique constante ? La souffrance supportée par les évadés semble si forte que le régime totalitaire imposé par Staline apparaît d'autant plus absurde et cruel. Pourquoi donc tant de haine et de violence ?
Peter Weir évite subtilement de tomber dans du déjà-vu. Alors que dans la plupart des films l'arrivée d'une jeune fille au sein d'un groupe d'hommes est source de tension sexuelle, il n'en est rien dans Les chemins de la liberté.
Le réalisateur truffe avec intelligence son film de références historiques : la porte de la Chine de Mao dans le désert de Gobi, le temple tibétain mis à sac par les forces communistes.
Enfin, mention spéciale au sublime casting. Colin Farrell fait un parfait urki, Saoirse Ronan est touchante, Ed Harris campe un homme digne mais brisé avec beaucoup d'intensité et Jim Sturgess est un excellent leader naturel.
Une photographie époustouflante magnifie ce film déjà sublime.

Les Chemins de la Liberté

Erin

Critique :

Je trouve ça un peu honteux que ce nouveau film de Peter Weir se retrouve nominé aux Oscars que dans une seule catégorie, il méritait largement sa place dans d'autres catégories. J'ai entendu des critiques assez mitigées sur ce film et finalement, ce fut une excellente bonne surprise ! Ce long-métrage m'a beaucoup plu. On est plongé dans l'histoire dès le début et c'est très réaliste (même si apparement, le film est un peu romancé). Beaucoup lui ont reproché des longueurs. Je comprends ces avis, c'est vrai qu'il y a des scènes dans le désert qui trainent mais en premier ça ne m'a pas ennuyé, et deuxièmement, je pense que c'est un choix volontaire afin d'être mieux dans la peau des personnages. Visuellement, le film est en tout cas une vraie claque : les paysages et décors sont magnifiques, la photographie est sublime, le maquillage est une pure réussite etc.

Les Chemins de la Liberté

J'ai vu aussi pas mal de critiques qui ont trouvé que le film n'était pas réussi car ils pensent que les personnages manquent de relief et que le tout manque d'émotions. Pour ma part, le contraire s'est passé. Sans forcément tire-larmes, le film se révèle par moments assez émouvant. Les personnages ont certes chacun un trait particulier (la fille, le chef, le rebelle, le vieux, le comique) mais je ne trouve pas non plus qu'on tombe dans la caricature. Jim Sturgess (qu'on a déjà vu dans Las Vegas 21, Across the Universe et Deux soeurs pour un roi) s'en sort plutôt bien face à Ed Harris, vraiment génial et très en forme (enfin l'acteur, pas son personnage à moitié mort). On voit peu Colin Farrell mais je l'ai trouvé très bien, tout comme Saoirse Ronan ou encore les autres acteurs, plus méconnus.

Tinalakiller

 
 
 

Photos du film :